Forneron. Histoire îles Émigrés
Mesdames de France elles-mêmes, qui arrivent un peu ahuries et troublées, tremblantes encore des dangers auxquels elles ont échappé en traversant la France, ne trouvent pas grâce devant ses veux et il fait un portrait peu flatté des fil les de Louis XV.
La cour de Turin est triste et morose, Victor - Amédée 1 a soixante-six ans et mène la vie la plus simple, ainsi que le prince de Piémont2. Quant a la princesse de Piémont, sœur de Louis XVI, « le Gros Madame » comme on l'appelait plaisamment à Versailles, elle est plongée dans la plus haute dévotion Les jeunes princes ont re<;u une éducation sévère et sont tenus éloignés de tous plaisirs; quant à la comtesse d'Artois, qui n'a jamais été bien mondaine, elle s'est trouvée bouleversée à te] point par les événements qu'elle s'enferme seule chez elle, avec sa douleur, se dérobant à toute société.
Cette existence austère, où les distractions sont rares et où la vie s'écoule monotone, n'est pas le fait de M,he de Balbi; une ville où elle ne trouve