Souvenirs du comte de NtUilhj, p
-2. Horace Walpole, 1717-1797, troisième fils du célèbre ministre Robert Walpole, homme du monde et homme de lettres, quia laissé unenombreuse correspondance presqueenlièrement publiée. II était l'ami de Mmr du Deffand et connaissait parfaitementla société française d'avant la Révolution. 11 touchait, comme fils de ministre, une pension de 150,000 livres et, après avoir affiché des idées avancées, il se montra adversaire résolu de la Révolution française qu'il avait approuvée à son début. (Communication du major Hall.) • 3. Letter of Horace Walpole, edited by Peter Cunningham, London R. Bentley, 1891.
LA RENTRKE EN FRANCE. 3 il
Tout ce monde intrigue, s'agite et complote jusqu'au moment où le décret du avril 1802 va autoriser la rentrée des émigrés non exclus nominativement.
A ce moment, les fureurs révolutionnaires, en effet, paraissaient s'être apaisées et le Directoire semblait avoir rétabli une tranquillité relative; beaucoup d'émigrés songèrent aussitôt à profiter de la liberté qui leur était offerte, et Mmc de Balbi, qui avait de gros intérêts en France, s'occupa immédiatement des moyens d'y rentrer. Depuis longtemps, la mise sous séquestre de ses biens, en la privant de ses revenus, lui faisait une situalion peu brillante, mais depuis que la pénurie du trésor royal avait forcé Louis XVIII à supprimer le paiement de la pension qui lui avait été longtemps conservée, la situation était devenue des plus critiques. Elle s'occupa donc aussitôt de faire sa soumission aux autorités compétentes dans les formes exigées pour profiter du bénéfice de l'amnistie.
Voici la reproduction de la déclaration remise par elle, aux termes du décret, à M. Otto, ambassadeur de la République auprès de Sa Majesté Britannique :
Anne-Jacobé de Ciumont-La Force, femme de François- Marie Balbi, ex-noble, sortie de France au mois de juin 1791 pour aller à l'étranger, ayant habité les Pays-Bas, la Hol-
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liinde, l'Italie et l'Angleterre, n'ayant jamais porte d'autres noms que ceux sous lesquels je me présente, Déclare rentrer en France pour profiter de l'amnistie du
10 floréal an X (30 avril 1802) de la République, au gouvernement et à la constitution de laquelle je fais serment d'être lidèlo, m 'engageant à n'entretenir ni directement ni indirectement aucune liaison ni correspondance avec les ennemis de L'État, mais au contraire de dénoncer et faire arrêter ceux que je connaîtrais pour tels.
Je déclare en outre n'avoir jamais ret,u aucun secours des puissances étrangères, pas même ceux que le gouvernement britannique allouait aux émigrés.
Fait entre les mains du commissaire général le 10 vendémiaire de l'an XI de la République (2 octobre 1808).
Le commissaire yé itérai.
Mkxj.U'D.
Tout le serment de fidélité contenu dans cette pièce est une formule imprimée.
Mais faire une demande ne suffisait pas pour obtenir une radiation : en effet, le ministre de la Justice, Abrial, favorisait les demandes de radiation, tandis que Fouché s'efforçait de les faire rejeter. Sur 8,081 demandes formulées en 1802, il parvint à en faire écarter 1,757. Bien plus
11 envoyait au dépôt de police ceux qui, n'obtenant pas leur radiation, étaient venus en France sans l'attendre, et cela malgré les jugements favorables rendus par les consulats. Le 9 mai 18051, on i — . — i