‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 140 sur 206 · Mémoires de Mènerai, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Mènerai, t. II, p

LA RKM'RKK EN FRANCK. 363

Elle écrivait à sa sœur à ce sujet le curieux billet suivant dans lequel percent la causticité de son esprit et la franchise de sa nature :

« Mon frère a gardé trois semaines la lettre que vous m'aviez écrite, voilà pourquoi, ma petite sœur, mon compliment a tardé autant de vous arriver. Je suis établie, depuis deux mois, à la campagne parce qu'il a plu à Sa Majesté l'Empereur de m'exiller à quarante lieues de Paris; j,'ignore combien de temps j'y resterai. Si j'avais de l'argent, j'aurais porté mon exil à Toulouse et je me serais fort bien Irouvée de cette fantaisie,, car je mets un grand prix, ma chère petite, à me. retrouver avec vous, mais de n'avoir pas le sol entraine plus d'un inconvénient. Dites à Joséphine que je lui désire tout le bonheur possible, je conçois la peine que vous avez eu à vous séparer d'elle, on la dit charmante. Croyez-moi, ma chère, et faites lui bien entendre qu'un de mes grands désirs est d'aller renouveller connaissance avec elle. Zénobie1 lui fait tous ses compliments et vous offre mille hommages. Nous embrassons tous vos enfants, donnez-mot quelquefois de vos nouvelles, notre séparation a besoin de cet adoucissement.

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