‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 144 sur 206 · CHAPITRE XI Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI Y

L'EXIl A MONTA UBAN

■L'arrivée. — Les parents de M"' de Balbi. — Louis-Joseph de Caumont-La Force. — Ses états de service. — Sa rentrée en France. — Il reprend du service. — Sa bravoure. — Dangers qu'il court en 1S15. — Crudité de langage. — Les fenêtres ouvertes. — L'Hôtel Caumont et l'Hôtel Balbi. — Le château de Bram. — Les Lordat. — Lordat-messe. — Excès de dévotion.

— ZéBobie de Mesnard. — Une bonne tante. — Un beau parti.

— Mariage rie raison. — Le contrat. — Donation de M-« de Balbi. — La bonne harmonie du ménage. — Fin d'exil. — AI"" de Lordat suit sa tante. — Mort de SI"" de Lordat née Cauraont. — Solitude du marquis de Lordat. — Bizarrerie croissante.

— Les méfaits des Albigeois. — Interdiction de M. de Lordat.

— Sa mort. — La vie à Montauban. — La maison de jeu. — Pamela. — Divertissements mythologiques. — Milady. — La fille adoptive de \lm* de (Jenlis. — Lord FLtz-Giraîd. — Seconde union. — Un enlèvement. — Décret de Louis-Philippe. — Une fin misérable. — Napoléon à Montauban. — Hichard-Comr-dc- Lion. — Influence de M— de Balbi à Montauban. — Le comte de Rambuteau préfet du département. — Sa visite a M~H de Balbi. — Echange de conditions. — Témoignages de gratitude.

— Dettes oubliées. — Le banquier Perregaux — Une note de Lingerie de la comtesse de Provence. — Un débiteur menaçant.

— Blacas et d'Avaray. — Intrigues de cour. — M"* de Balbi aux Tuileries. — Inflexibilité de Louis XYUl. — Les lettres du roi.

— Les indélicatesse d'une femme de chambre. — Une décision irrévocable. — Hvde de Neu>ille elles lettres de la favorite. — Les pensions de Louis XVIII.

(le n'était pas un nouveau caprice qui avait poussé Fex-favorite de Louis XVIH à choisir Mon-

LA COMTKSSK DK IIALRI.

tauban pour y établir sa résidence, elle y venait avec le désir de s'y rapprocher de sa famille. Sa s<rur en effet la marquise de Lordat habitait dans la même région le château de Bram; son autre sœur, la comtesse de Mesnard, possédait près de Toulouse le château de Montbeton et laine de ses frères rentré en France presque en môme temps qu'elle en 1802 s'était récemment fixé dans la ville après une existence des plus agitées.

Né à Paris le 12 avril 1768, Louis-Joseph de Caumont n'avait pas encore cinq ans lorsqu'il avait perdu son père et avait eu pour tutrice sa mère Adélaïde de Galard Béarn, veuve de Bertrand, marquis de La Force, qui administra ses nombreuses seigneuries.

Jusqu'en 1787, il porte le titre de marquis de Caumont-La Force. En 1780 il est sous- lieutenant dans le régiment de Royal-Vaisseau; en 1787, il est créé duc par brevet. Marié en 1784àMUed'Ossunl qui pritle tabouret chez laReine, le 15janvier 1788, et qui passait à juste titre pour une des plus jolies femmes de Paris, il hérite de son beau-père, le comte d'Ossun, de la grandesse d'Espagne.

1. Pauline d'Ossun, fille deCharh's-Pierre-iïyacinthe, comte d'Ossun, seigneur de Touy-lc -Châtel, grand d'Espagne de lr* classe, et de Geneviève de Gramont, dame d'atours et fidèle amie de Marie- Antoinette; morte à Paris le 1tr janvier I84C. Le contrat avait été signé par le roi le 2 mars 1784.

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Major en deuxième des carabiniers, it émigré, en 1791, avec son frère Franrois-Philibert-Bertrand de Caumont et se rend à Coblentz 1 où il est nommé aide de camp de Monsieur. Il fait toute la campagne de 1792 à 1794 avec le corps de Condé et se distingue à l'affaire de Mons, où il prend aux républicains trois pièces de canon appartenant au régiment de Barce. A la suite de celle action d'éclat il reçoit une lettre flatteuse de l'empereur d'Autriche. Il sert encore quelque temps à la tête d'un escadron du corps de Biron, puis passe au service de la Hollande et à celui de l'Angleterre.

Rentré en France en 1802, le duc de Caumont- LaForce s'efforcede recueillir, dans l'intérêt de ses enfants, les débris de sa fortune. Installé au château de Sainte-Marthe, près de Caumont, chez M. Séré de Lanauze, il ne tarde pas à acquérir la triste certitude que tous ses biens ont été vendus nationalement et qu'il ne peut conserver aucun espoir de rentrer en leur possession 2.

C'est à ce moment qu'il vient se fixer à Montau-

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