‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 146 sur 206 · Communication du comle de Vesins · texte numérisé non relu

Communication du comle de Vesins

2. Jacquelto-Renée <le Caumont-La Force, née en 1766, morte le 3 novembre 1830.

Gironde1. De plus elle avait, nous l'avons dit, sa seconde sœur qui, dans le même dépari emenl habitait le château de Bram, entre Monlauban et Toulouse.

Marie de Caumont-I^a Force avait épousé, en effet, le 25 février 1781, à l'église Saint-Su Ipice, à Paris, François- An ne-Louis marquis de Lordat, baron de Bram, mestre de camp de cavalerie, issu d'une des plus illustres maisons du comlé de Foix, où elle était connue dès le xn* siècle, et qui n'avait cessé depuis lors d'occuper des charges importantes -. Le marquis était mort le l 'f mai 1 787 en laissant quatre enfants 3, une fille mariée comme

1. L'hôtel de Gironde existe encore à Montauban et est situé rue Bessiëres.

2. Eu 1154 on trouve un Guillaume de Lordat, chevalier, duquel sont descendus le seigneur de Castagnac, de Prunet et de Bram. Cette illustre maison a donné des gentilshommes ordinaires de la chambre du Roi, des officiers de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, des maréchaux de camp et des brigadiers des armées dont Pun se signala dans diverses affairas difficiles en Hollande. Les Lordat ont joui des honneurs delà cour de 175ôà 1781 et possédaient le titre de baron en vertu de la possession de la barounie de Clerinont-Lodève qui donnait entrée à ses possesseurs aux États de Languedoc. I/almanach de Gotha de 1905 indique que cette baronnie appartint longtemps à une branche de la maison de Gastelnau. à la suite du mariage de Pons II, de Caste! nau avec Catherine de Clermont-Lodève, li lie et unique héritière de Dieudonné-Guillaume de Clermont. Voy. Un paye de hmis AT, Lettres de Marie- Joseph de Lordat, publiées par le marquis de Lordat. Paris, Pion, in-8%1908.

3. Us avaient pour tuteur le général marquis d'Kstourmel, leur grand-oncle.

l'exil a montai han. 375

nous lavons vu précédemment au comte d'Hautpoul et trois fils dont l'aîné était, eu I80N, âgé de 24 ans 1 .

Si Hilarion-Gabriel-Amédée-Louis de Lordat, héritier de son père, se trouvait richement pourvu du côté de la fortune, il était moins heureusement partagé du côté de l'intelligence Appelé par la conscription quatre ans auparavant lorsqu'il avait atteint sa vingtième année, il s'était vu exempté du service militaire en raison de la faiblesse «le ses facultés intellectuelles causée, dit un document de l'époque, « par une déperdition de substances, suite de cautères ». Élevé par une sainte mère dans les pratiques les plus rigoureuses de la religion catholique, il en avait outré les prescriptions au point de tomber dans une dévotion presque maladive. Ses matinées se passaient régulièrement à l'église, et le surnom de « Lordat-messe » lui avait été donné dans le public en raison du nombre invraisemblable d'offices auxquels il se faisait une obligation d'assister chaque jour. Vivant constamment près de sa mère qui s'occupait de ses intérêts et prenait soin de lui épargner le moindre

1 . Les doux autres lilsôtaifnt Louis- PliilikHTl-Vii'tor, et Alexandn- Anne-Louis-Augusle. La fille Adt'laïde-Madeleint'-Ji'anne-Marie- Joséphine de Lordat, mariée à Mario-François comte d'Hautpoul.

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souci en agissant pour lui en toutes circonstances, il semblait à cette époque n'être qu'un original inoffensif dont l'esprit un peu simple n'avait qu'un horizon limité; son éducation n'avait eu d'autre résultat que de lui permettre de lire et d'écrire à peu près correctement, mais loin de prévoir qu'il arriverait plus tard à une folie presque complète, on pouvait espérer que son intelligence si tardivement ouverte acquerrait avec le temps un développement progressif.

Tel furent, sans doute, les espoirs et les illusions de M"11" de Balbi lorsqu'elle songea à lui faire épouser sa nièce. Depuis sa rentrée en France, en effet, Mmi de Balbi avait auprès d'elle sa jeune nièce Zénobie, fille de sa sœur, la comtesse de Mesnard. Nous avons vu par quels liens celle-ci était retenue à Londres et comment après la mort tragique de son mari elle avait fini par céder à l'entraînement qu'elle éprouvait pour le roi George IV. Un fils, nous le savons déjà, était même venu resserrer les liens de cette passion réciproque. Aussi les difficultés que lui créai une situation si difficile vis-à-vis de sa fille, l'avaient sans doute décidée à se séparer d'elle et à la confier à sa sœur aînée qui désirait une compagne et témoignait à sa nièce une très vive affection.

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