‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 148 sur 206 · I..V r.O.MTKSSE 1»E IIAI.BI · texte numérisé non relu

I..V r.O.MTKSSE 1»E IIAI.BI

mieux. Un titre de marquis et d'illustres alliances assuraient dans toute la province une situation prépondérante, que venait étager une fortune importante, héritage de M. de Lordat le père, décédé •depuis près de vingt ans.

Seule la personne du fiancé laissait quelque peu à désirer, mais Mmo de Balbi estima que la splendeur du nom et le chiffre «le la fortune compenseraient largement la médiocrité du mari. Il n'était pas invraisemblable de supposer du reste que le*; joies du mariage amèneraient chez M. de Lordat quelques heureux changements et que la société d'une jeune femme intelligente et jolie ne pourrait que l'influencer d'une façon avantageuse. Telles furent les perspectives que M"" de Balbi fit luire aux yeux de sa nièce et grâce auxquelles elle obtint son consentement.

Le pauvre marquis dépourvu de toute volonté, incapable de la moindre initiative, ne mit nul obstacle au projet qui, du reste, ne pouvait que lui sourire. Quant à Mm" de Lordat. sa mère, Mmc de Balbi n'eut pas de peine à obtenir son adhésion. Préoccupée de l'avenir de son fils qu'elle voyait après elle livré peut-être à des mains mercenaires et dominé par des inférieurs, elle fut heureuse de pouvoir assurer son sort et garantir sa sécurité. Elle consentit donc avec joie lorsque sa sœur

lY.xil a montai ban.

lui eût promis quelle serait pour son fils une gardienne aussi dévouée qu'elle-même.

Le mariage fut célébré à Montauban en l'église Notre-Dame, au mois de septembre 1808, Le 12 septembre on avail signé le contrat 1 en présence de nombreux parents. Le duc Louis-Joseph de La Force représentait sa mère, aïeule de la liancée.

Ne jkmvant apporter le consentement légal de sa mère, était-il dit dans le contrat, à cause de son absence constatée par un acte déposé au gretVe de la Justice de paix du II' arrondissement de Paris. Alexandrine-Adélaïde-Joséphino-Zénobie dcMcsnard, mineure de ~1\ ans. apporto|>our son mariage avec Hilarion-tiabriel-Amédée- Louis, marquis de Lordat, majeur de ±"> ans, le consentement de son aïeule maternelle, seule ascendante dans ce degré, Adélaïde Luce-Madcleini' do (ialard de Brassac de lîéarn, veuve de Hertrand Xompar de Caumont-La Force, demeurant à Taris, hôtel Lamoignon, nie de (jrenelle-Sainl Germain -.

Le marié était assisté de sa mère, de sa sœur la vicomtesse d'Hautpoul et de ses deux frères3.

1. Le contrat fut passe de\ant M" Solon et Derc\, notaires publics à Montauban.

2. La procuration fut reçue par BeviUe et Bataniy, notaires à Paris.

3. M°" de Lordat habitait avec son fils une partie de l'année à Toulouse, rue Saiute-Ç.laire, 6e section, paroiss»- de la Dalbade.

La jeune mariée qui n'apportait rien que son trousseau (Hait dotée par sa tante qui lui faisait donation de 100.000 francs, mais cette somme ne devait être prise que sur sa succession, et, sa vie durant, Mme de Balbi s'en réservait la jouissance.

Le marié apportait lui, une fortune plus réelle, et, par une mesure de prudence où Ton reconnaissait la main de Mme de Balbi, un article spécial établissait qu'en cas de décès, sa veuve aurait la jouissance d'un douaire de 7.000 francs.

Cette dernière, on le voit, avait pensé à tout, et grâce à ses soins l'existence de cette nièce dépourvue de fortune se trouvait désormais assurée pour le présent comme pour l'avenir. Mais si la jeune mariée devait trouver dans cette union le bienêtre matériel, il est peu vraisemblable en revanche qu'elle y ait à aucun moment rencontré le bonheur. « S'il est difficile de préciser, comme le dit un acte officiel quels rapports s'étaient établis entre les époux » il est bien cetain cependant que durant six années le mari et la femme vécurent tant bien que mal l'un près de l'autre, en tiers avec M,ne de Balbi qui les recevait chez elle à Montauban et les suivait à Bram et à Toulouse où ils se retrouvaient avec M",e de Lordat douairière.

1. Arrêt de la cour impériale de Toulouse du 11 juillet 1855.

Page 1