L'EXIL A .MONTAI" BAN
Ce mariage dont elle avait été l'instigatrice, elle tenait sans doute à assurer sa durée le plus longtemps possible, et elle dut mettre en œuvre toute sa diplomatie pour maintenir les deux époux en bonne intelligence. Son affection réconfortait Mmc de Lordat dans ses heures de tristesse et de découragement et sa gaîté et son entrain savaient venir rompre à propos la tristesse du téte-à-tête avec ce mari demeuré presque enfant au physique et au moral. Organisées par elle, de nombreuses et fréquentes réceptions venaient égayer la vaste solitude de Bramât faire oublier à la jeune femme l'insuffisance du marquis de Lordat.
Mais lorsque vint la Restauration, l'ancienne favorite de Louis XVIII qui voyait non sans joie cesser son exil, se hâta de rentrer à Paris qui lui était interdit depuis tant d'années et de se rapprocher de la nouvelle cour.
M"* de Lordat ne se sentit pas le courage de rester seule près de ce mari qui n'en était pas un et elle se mit en route avec sa tante, laissant le marquis à Bram avec sa mère. Il est probable
1. Le château de Bram dont la construction date de la fin du règne de Louis XIV appartient aujourd'hui encore au marquis de Lordat. C'est un vaste quadrilatère à trois étages de quatorze fenêtres de façade qu'on aperçoit au milieu d'un grand pare, à peu de distance de la ligne du chemin de fer.
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'qu'à partir de cette époque ses séjours auprès de lui furent peu fréquents et qu'ils n'eurent en outre qu'une durée très brève: sans doute de vives instances auxquelles elle restait sourde le plus souvent lui étaient faites pour réintégrer le domicile conjugal, car c'est par-devant notaire qu'en 1 SIS fut établie la situation respective des deux époux.
Par une convention signée à Toulouse le juin entre le marquis de Lordat et sa femme, celui-ci l'autorisait à prolonger quelque temps encore son séjour à Paris. 11 lui assurait une rente de M, 000 francs pendant son absence et lui remettait en outre une somme de 1,000 francs « destinée à subvenir à ses Irais du voyage pour rentrer à Toulouse à la première invitation qu'il pourrait lui en faire ».
Le I décembre 1820, la marquise de Lordat, née de Caumont-La Force, sœur de Mme de Balbi, mourut au château de Bram;son fils allait désormais rester seul. Sa faiblesse d'esprit s'était grandement accentuée durant ces dernières années et sa femme s'était senlie assez longtemps sacrifiée pour juger qu'elle avait « le droit de ne pas venir reprendre une pareille chaîne auprès de lui1 ».