‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 154 sur 206 · Mémoires de Méneval, tome II, page · texte numérisé non relu

Mémoires de Méneval, tome II, page

l'exil a montauban. 391

saient à tout rompre certains passages bien connus, que d'autres n'approuvaient pas. Il y eut des bagarres et le résultat de la soirée fut un redoublement de surveillance.

On sait combien la police de Fouché était soupçonneuse et bien que la plupart des parents de M,ne de Balbi rentrés en France ne fissent pas d'opposition au régime impérial, on voit par les rapports des préfets que cet homme appelé si judicieusement par Mm< de Chastenay 1 « le monarque de l'opinion » était sans cesse en défiance contre elle.

Le ministre de la police n'ignorait pas en eHet que l'ancienne dispensatrice des grâces du comte de Provence était encore redoutable. A Montauban les haines religieuses s'ajoutaient aux haines politiques, et le Gouvernement avait à lutter non seulement contre les royalistes mais aussi contre les libéraux, or Mm° de Balbi exerçait un réel ascendant sur la noblesse de la province peu fortunée, il est vrai, mais toujours nombreuse et encore iniluente.

Môme disgraciée par Louis XVIII, même exilée par Napoléon, Mmo de Balbi était restée une puissance et les plus hauts fonctionnaires comptaient avec elle. Nous en trouvons la preuve dans les

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