‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 157 sur 206 · L'EXIL A MONTAI! HAN · texte numérisé non relu

L'EXIL A MONTAI! HAN

trois premiers jours, il m'en coûte trente louis de frais. M. d'Avons demanda à s'arranger. Je lui donnai cent louis sur-le-champ et on fit un écrit par lequel je ne serais obligée de payer le reste que quand je serais rentrée dans la possession de tous mes biens en France.

Assurément je ne suis pas dans le cas de le payer car seulement en rente viagère il m'est dû plus de cent mille écus. Ce fut M. de Lasales qui rédigea l'arrangement, et plusieurs fois avant sa mort il m'a dit d'être fort tranquille. »

Et presque jusqu'à son dernier jour, on la verra en proie aux mêmes ennuis, car Louis XVIII en reprenant possession de son trône ne rendra pas sa faveur à Anne de Cau mont-La Force

Le temps avait passé sur la douleur causée au prince par la calomnie de Vérone, mais sans en effacer le souvenir. On croira aussi sans peine que les années avaient apporté un peu d'oubli, tant de graves préoccupa lion s avaient depuis lors sollicité Louis XVIII!

Pourtant l'ancienne favorite essaya, dit-on, d'arriver jusqu'au [Roi pour plaider sa propre cause; elle voulait sans doule lui présenter ellemême sa défense ou solliciter son pardon pour les torts qu'elle avait eus jadis envers lui. Mais

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si d'Avaray était mort, il avait été remplacé par le duc de Blacas, qui suivait rigoureusement les traces de son prédécesseur et peut-être son influence ne fut-elle pas étrangère au refus formel par lequel fut accueillie la demande d'audience de l'ancienne favorite. Peut-être aussi le Roi luimême redoutait-il l'émotion qu'allait réveiller chez lui trop d'anciens souvenirs et la porte du château resta hermétiquement close.

Quelques historiens1 se sont plu à raconter qu'après les Cent-Jours, M""' de Balbi avait réussi par surprise à pénétrer auprès de Louis XVIII et ii obtenir l'audience tant souhaitée.

Le Dictionnaire de la conversation rapporte qu'une intrigue de cour avait été montée à cette occasion. On avait espéré que cette entrevue évoquerait chez Louis XVIII l'image d'un passé lointain et disparu, qu'il serait peut-être possible de faire renaître; et en portant un coup à la toute-puissance de Decazes, on avait cru détruire en même temps l'influence naissante de sa sœur qui semplait s'élever peu à peu au rang de favorite2. Mais le fait n'est appuyé par aucun témoignage certain, celte fameuse entrevue est une pure légende, et

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