‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 158 sur 206 · Madame l'rinoeteau, née Zélia Decazes · texte numérisé non relu

Madame l'rinoeteau, née Zélia Decazes

l'exil a monta rit an.

il est probable que les deux amants d'autrefois ne se retrouvèrent plus en jamais présence après cette séparation de vingt années!

Personne ne se hasardait à prononcer devant le Roi le nom de l'ancienne favorite; cependant, il fut un jour, parait-il, où le ministre Decazes se vit contraint de parler d'elle et d'avoir à son sujet une grave conférence avec Louis XVI II.

En souvenir de leur liaison d'autrefois, Mme de Balbi conservait précieusement les nombreuses lettres que jadis lui avait écrites le comte de Provence, et sans doute elle se plaisait à relire seule à seule, de temps à autre, ces billets galants où il lui avait peint en termes éloquents l'ardeur de la flamme dont il brûlait pour elle.

Peut-être Anne de Caumont n'avait-elle pas confié cette suggestive correspondance à une cachette assez sûre, toujours est -il qu'une femme de chambre infidèle en avait dérobé un paquet volumineux et qu'elle menaçait de publier les lettres royales. Mn,e de Balbi n'était pas assez riche pour acheter le silence de son indélicate suivante qui savait tout le prix du trésor qu'elle s'était approprié, il fallut donc aller jusqu'au roi qui, peu soucieux de semblables révélations et désireux avant tout d'éviter un pareil scandale, donna pleins pouvoirs à Decazes pour mener à

LA COMTESSE Dr. BAL1M.

bien la négociation. Faut-il croire qu'il en coûta soixante mille francs à Louis XVIII pour rentrer en possession de ces fameuses lettres *? Nous nous permettrons d'en douter, car aucune trace de cette mission n'a subsisté dans les papiers du duc Decazes 2 et toutes les recherches à cet égard sont restées infructueuses. Du reste il est une autre raison qui vient ajouter encore à l'invraisemblance de cette légende, c'est que les lettres du roi à Anne de Caumonl-La Force sont encore entre les mains d'un de ses nombreux petits-neveux.

Tous ces billets délicieusement tournés, empreints d'une galanterie si charmante et qui eussent éclairé d'une façon si piquante cette fin du xvinc siècle ne verront malheureusement jamais le jour et demeureront dans les archives familiales où ils sont conservés avec un soin jaloux. Toutes mes instances pour en obtenir au moins quelquesuns sont demeurées vaines, et si on ne peut que s'incliner devant cette décision irrévocable, il est tout au moins permis d'en déplorer la rigueur.

Il est probable que ces lettres sont celles dont parle Hyde de Neuville dans ses notes intimes;

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