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En 1778, le nom île la marquise de Simiane viendra s'ajouter à celui des dames en exercice et, parmi elles, figurera pour la première fois, en 1779, comme la dernière venue, mais non plus comme surnuméraire, la comtesse de Balbi. Madame, pour rapprocher de sa personne sa favorite d'une façon plus étroite, a obtenu la création de ces deux nouvelles charges de dames pour accompagner. Leur nombre, qui s'élève à douze, devient égal à celui des «lames du palais de la Reine. Comme on peut en juger, les titulaires de ces fonctions enviées appartiennent toutes, sans exception, à la plus haute aristocratie, mais, nous l'avons vu, Mmc de Balbi est assez bien née pour marcher de pair avec elles.
Durant ces premières années, elle semble vivre en paix avec tout le monde; cependant, ce n'est sans doute qu'un calme factice et qu'une trompeuse apparence; sa faveur qui grandit auprès de la princesse et qui commence auprès du comte de Provence excite déjà bien des secrètes jalousies et fait gronder bien des sourdes colères.
On en verra la preuve au moment de sa nomination de dame d'atours.
En attendant, elle charme la princesse par sa gaieté et son entrain ; inépuisable en traits, en saillies, en éclairs, elle anime tout par sa seule
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présence et vient donner à la maison un peu triste et morose de Joséphine-Louise de Savoie, le mouvement et la vie qui lui ont jusque-là fait défaut.
M. de Balbi partage l'engouement général, il est amoureux de sa femme pour laquelle il professe une admiration passionnée et c'est une joie sans mélange lorsque, au bout de dix-huit mois, apparaissent des symptômes de grossesse.
Faut-il ajouter qu'il est douteux que, pour Anne de Caumont, la lune de miel ait été d'aussi longue durée. Hien ne fait supposer qu'elle ait à aucun moment nourri pour son époux des sentiments bien lendres et qu'elle ait jamais vu dans cette union autre chose qu'un mariage de convenance où la naissance et la fortune se trouvent également réunies. Sans doute, le comte de Balbi avait fort bon air dans son uniforme blanc à parements rouges et à boutons d'argent, mais, éprise de toutes les élégances et surtout des élégances de l'esprit, elle avait dù, au bout de peu de temps, éprouver quelque dédain pour ce mari qui lui était inférieur également au physique et au moral. Elle dut comprendre vite que ce soldat, bel homme, de moyenne intelligence, n'était fait ni pour la comprendre, ni pour l'aider dans ses visées ambitieuses. Sa nature volontaire et opiniâtre ne dut jamais tom-