‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 47 sur 206 · Kagenœck, 22 juillet 1780, page · texte numérisé non relu

Kagenœck, 22 juillet 1780, page

Nous dirons plus loin oe qu'il faut penser de ces insinuations.

On voit jusqu'où pouvait aller le déchaînement des colères et des calomnies; cependant, soit qu'elle les ignorât, soit qu'elle fût décidée à les dédaigner, ces venimeuses allusions ne détachèrent pas la princesse de sa favorite, et celle-ci, assurée de la protection de Madame et du puissant appui de Monsieur ne se laissa ni effrayer par cette redoutable cabale ni abattre par ces attaques furibondes. Forte aussi, sans doute, de son innocence et confiante dans ses propres forces, elle n'abandonna pas la lutte et continua tête hauteà faire face à l'ennemi. L'interdiction de son mari et la constatation officielle d'un état de folie capable de l'amener aux plus dangereuses violences allait du reste assurer son triomphe définitif en réduisant à néant la cause initiale de tous ces fallacieux récits et de ces calomnies par trop noires.

Les détails de l'action judiciaire engagée à ce sujet sont trop curieux pour que nous n'en étudions pas ici les différentes phases en rapportant les principaux interrogatoires et les plus importantes dépositions, qui éclairent d'un jour tout spécial ce procès peu connu quoique sensationnel1.

Page 1