‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 51 sur 206 · Lettre de M. Lenoir de Mézières · texte numérisé non relu

Lettre de M. Lenoir de Mézières

C'est en proie à la même hallucination que chez M. de Leulze, que Balbi s'était précipité sur sa femme l'épée à la main un an auparavant. Ce n'était pas pour venger son honneur et frapper son épouse infidèle dans les bras mômes de son amant, c'était tout simplement pour tuer la bête fantastique, qui de temps à autre apparaissait à ses yeux troublés. Pour tout homme de bonne foi c'est là la seule vraie explication plausible de cette scène de violence si étrangement travestie par Bachaumont et Kagemeck, et ce qui nous le prouvera mieux encore, ce seront les termes presque affectueux dont M. de Balbi parlera de sa femme devant les juges enquêteurs chargés de l'interroger avant de prononcer la sentence d'interdiction.

Il déclare qu'il Vaime infiniment et que n'ayant jamais eu avec elle aucun sujet de querelle, quil aurait grand désir de la voir.

Est-ce là le langage d'un mari outragé qui a voulu venger son honneur en tuant de sa main la coupable et son complice?...

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