FONDERIE D’ACIER ALFRED KRUPP
Essen, le 29 Avril 1868.
À SA MAJESTÉ NaAPOLÉON IIL Empereur des Français.
« Encouragé par l'intérêt que Votre Illustre Majesté a daigné porter à un simple industriel et aux heureux résultats de ses efforts et sacrifices inouis, j'ose à nouveau m'adresser à Votre Altesse, la priant, très humblement, de vouloir bien accepter lalbum cijoint. Il contient une collection de. dessins reproduisant divers objets fabriqués dans mon usine. J’ose espérer que, principalement, les quatre dernières pages, représentant les canons que j'ai fabriqués pour divers grands Etats d'Europe, retiendront pendant quelques
instants votre attention et me feront pardon- SE
ner ma hardiesse.
Avec le plus profond respect et la plus ce
grande admiration, Alfred KruPP.
La réponse est savoureuse : |
« L’Empereur s’est beaucoup intéressé à votre album, et Sa Majesté a donné ordre de vous remercier de cet envoi et de vous faire savoir que Sa Majesté souhaïte vivement le
succès et le développement d’une industrie :
appelée à rendre à l’humanité de signalés services. »
Il n’a pas tenu au Prussien KruPP que les deux armées, française et allemande, fussent munies des mêmes canons pour la guerre de 1870-1871. L
Alfred KruP? meurt le 14 juillet 1887. Mais :
la firme célèbre, qui passe pour avoir parmi ses commanditaires l’empereur d'Allemagne
lui-même et qui, en tous cas, peut compter sur l'appui ostensible de GUILLAUME, n’en poursuit pas moins sa carrière de fournisseur in-
ternational d’armements. Jusqu’à la mort d'A
fred KrupPPr, on a fabriqué à Essen 24576 ca-
nons, dont 10.666 sont restés dans le pays et