M. S.-W. ARMSTRONG-NOBLE
M. H. WHITEHEAD, administrateur d’Armstrong, Whitworth a. Co Ltd;
M. Basil ZAHAROFEF.
(Petites Affiches, 23 mars 1913.)
The HARVEY UNITED STEEL Co LTD, société anglaise, enregistrée le 16 juillet 1901,
ir
groupait en 1913, à la veille de la guerre, les ù
firmes suivantes :
Allemagne : Krupp, 4.731 actions; représenté par L. KLUPFEL;
Dillingen A.-G., de Bavière, 2.731 dc représentée par F SAEFTEL ;
Angleterre : Vickers Sons and Maxim, 2.697 actions; représenté par A. VICKERs;
Armstrong, Whitworth, représenté par J.- M. FALKNER;
Wm. Bear Fe a. Co, représenté par Wm.
BEARDMORE;:
John Brown a. Co;
Coventry Ordnance Co;
Thos. Firth a. Co;
Ces trois ensemble 7.438 actions, et représentés par C.-E. E£LLIS;
Carmel, Laird a. Co, représenté par J.-A; CLARK ;
Etats-Unis : Bethiehem Steel Co, Pennsylvauie, filiale de la Bethlehem Steel Crpn; 4301 actions;
France : Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt, 2.150 actions ; représenté par M. HOUDAILIE;
Forges de Châtillon, Commentry et Neuves- Maisons, 2000 actions; représenté par M.
LÉON-LÉvy, vice-président du Comité des Forges;
Schneider et Cie, Le Creusot;
italie: Vickers-Ferni, 8.000 actions; repré- |
senté par KR. BETTINI;
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Armstrong-Pozzuli;
Ansaldo-Armstrong.
M. H.-R. Murray a très bien exposé cet exemple dans son ouvrage : Krupp's and the International Armaments Ring. Il est aisé de vérifier dans The Burdett's Intelligence.
Il n’en pouvait être autrement alors que la banque même du Comité des Forges était la
- première à affecter un caractère cosmopolite.
Rien n’est plus significatif, car on sait que l'opinion s’est toujours, en matière financière, montrée infiniment plus susceptible à l’égard des banques et des établissements de crédit que de toute autre firme.
La BANQUE DE L'UNION PARI- SIENNE, qui est devenue de plus en plus la banque d’affaires de la haute métallurgie, a été constituée avec le concours de la Société Générale de Belgique, en 1904. L'influence de la Société Générale de Belgique y fût dès l’origine considérable, puisqu'elle avait souscrit à elle seule la moitié du capital. (Centenaire de la Société Générale de Belgique, 1822-1922). Elle était représentée au Conseil en 1914 par M. Jean JADOT, l’un de ses administrateurs. Il est à noter que si, à la veille de la guerre, la Société Générale de Belgique ne possédait pas en portefeuille de rente française, elle possédait par contre 1 million de marks de rente allemande 3 %, 1 million de marks de rente allemande 4 % 1908, et 1 million de marks de
bons du Trésor prussien 4 %; sans parler des
fonds autrichiens (Recueil Financier). On est, après cela, moins surpris d'apprendre que lun des directeurs de la Banque de l’Union Parisienne, M. Oscar LUSTGARTEN, était né à Vienne (Autriche), le 4 mars 1866, et par conséquent Autrichien aux termes du Code civil autrichien (J.-E. FAvRE, La Banque de l'Union Parisienne). I] suffira d’un fait pour situer l’activité de la Banque de l’Union Parisienne : en 1907, elle fonde la Banque Balkanique, à Sofia, et la Banque Commerciale Roumaine, avec le concours du Wiener Bankverein (banque autrichienne) et du Crédit Anversois (correspondant attitré de la Bank für Handel und Industrie, ou Darmstädter Bank, représentée au Conseil d'administration par son directeur, M. Carl Parcus. —— Recueil Financier, cit.) : on se souvient peut-être encore que c’est des Balkans qu’a jaiïlli l’étincelle en 1914. Au surplus, la Banque de Neuflize et Cie, l’une des fondatrices de la Banque de l'Union Parisienne, et représentée en 1914 au Conseil d'administration de celle-ci par M. André de NEUFLIZE, était, à la même date, intéressée à la Schlesische A.-G. für Bergbau und Zinkhütten-Betrieb, société allemande, et représentée au Conseil d'administration par M. le baron de NEUFLIZE, à côté de personnalités telles que : le prince von DONNERSMARCK, président; le prince Henri SCHÔNAICH-CAROLATH ; Louis DELBRUCK; le prince von HOHENLOHE- OERINGEN:; le comte von SCHWERIN-LOWwITZ; le
D'.MuLLer, directeur de la Dresdner Bank;
le comte von BRoCKDORFF (Recueil Financier et Saling's Bürsen-Jarbuch).
On pourrait en ajouter ainsi autant qu’on voudrait.
Il est aisé de comprendre que, de temps à autre, malgré le soigneux camouflage de patriotisme dont la presse, au service de l’oligarchie, saupoudrait la cuisine qu’on faisait avaler au public, quelque scandale éclatait et présentait la plaie à vif.
L'affaire des USINES POUTILOFF est un de ces scandales.
Schneider et Cie, Le Creusot, avait pris, après la guerre russo-japonaise, le contrôle des Usines Poutiloff, la plus grosse firme d’armements en Russie, en lui consentant des crédits et en s’assurant 25 millions de francs de nouvelles actions (1910). Quelques années plus tard en 1913, les Usines Skoda, la puissante firme d’armements d’Autriche-Hongrie, achète, d'accord avec Schneider et Cie, un paquet d'actions des Usines Poutiloff. En même temps, Blohm und Voss, les grands chantiers de constructions navales de Hambourg, collaborent à la réorganisation des chantiers de la Néva, que les Usines Poutiloff viennent de reprendre, avec l’appui de Schneider et Cie. Soudain, tout paraît se gàter au sein d’une entente aussi parfaite : en janvier 1914, le correspondant de l’Echo de Paris à Saint-Pétersbourg, télégraphie que Krupp, soutenu par la Reichsbank, est sur le point de conquérir le contrôle des Usines Pou-
tiloff, à l’occasion d’une augmentation à Ca pital. RE ion pour qui sait l’étroit union des fournisseurs de guerre, le fait n’est E pas tragique; mais pour l’opinion française, l'opinion des petits bourgeois et épargnants. qui ont souscrit aux emprunts de la Russie, amie et alliée, c’est grave. Heureusement, Krupp dément la nouvelle, et de Russie vient une autre dépêche, déclarant que les Usines Poutiloff ont bien besoïin de 50 millions, mais qu’elles sont disposées à les recevoir de … Schneider et Cie, ce qui est Foccasion de placer un nouvel emprunt russe en France. (R.
LEWINSOHN, Zaharoff). Un procès fort désagréable auquel la firme Krupp fût mêlée en Allemagne, apprît à la candide opinion que le roman de la maïn-mise allemande sur Poutiloff avait été monté de toutes pièces, d’accord entre Krupp et Schneider, pour inciter l'opinion française au geste financier nécessaire. (G. RAPHAEL, Krupp et Thyssen.) En réalité, les Usines Poutiloff, liées au Creusot, | partageaient fraternellement leurs commandes et contrats avec Krupp, qui n’avait donc pas lieu d'essayer de substituer son contrôle au contrôle patriotique de Schneïder et Cie.
(R. LEWINSOHN, À la conquête de la Richesse.) L'affaire de lOUENZA n’est pas moins se d’admiration, quoique d’un genre différent.
On avait découvert des mines de fer, si-.
tuées dans le département de Constantine, à 200 kilomètres de la côte et à une vingtaine de kilomètres à l’est des lignes Bône-Guelma.
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La Société de l'Ouenza, constituée le 26 dé- cembre 1913, tenait sa première assemblée générale le 23 janvier 1914. Les actionnaires étaient notamment :
Forges de Commentry-Fourchambault et Neuves-Maisons (655 actions);
Société Métallurgique de Pont-à-Vendin (655 actions) ;
Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt (645 actions); .
M. Théodore LAURENT, directeur général des Forges et Aciéries de la Marine et d’'Homé- court (10 actions);
Aciéries de France (645 actions);
M. Louis MERCIER, président des Aciéries de France, membre du Comité des Forges (665 actions); |
Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-à- Mousson (655 actions);
Aciéries de Micheville (645 actions);
M. Paul Nicou, administrateur-délégué des Aciéries de Micheville (10 actions);
Forges et Aciéries du Nord et de l'Est (655 actions) ;
Hauts-Fourneaux et Fonderies de Givors (120 actions);
M. Jean-Baptiste HERSENT (333 actions);
M. Georges HERSENT (322 actions);
Usines Métallurgiques de la Basse-Loire (645 actions);
M. Jules BERNARD, président et administrateur-délégué des Usines Métallurgiques de la Basse-Loire (40 actions);
RE
Mines d’Aguilas (645 actions); “ | M. Théodore BÉNAZET, ancien sénateur (0 actions) ; | Société anonyme des Travaux de Dyle et Bacalan (655 actions); Mines de Malfidano (655 actions); 7 MM. PÉRiER et Cie, banquiers (1.180 ac tions) ; .
M. Charles MARCHAL, banquier (10 actions); M. Henry BAUER, banquier (10 actions); MM. Cyprien FABRE et Cie (565 actions); Compagnie Algérienne (400 actions) ; Crédit Algérien (400 actions);
M. le comte BAGUENAULT de PUCHESSE, pré- :
sident des Mines, Fonderies et Forges d’Alais. (10 actions);
M. KROLLER, à Amsterdam (10 actions);
Société concessionnaire des Mines de l'Ouenza (6.570 actions).
(Echo des Mines, 2 février 1914.)
On peut juger, au nombre de firmes métallurgiques intéressées, de l’importance des nou velles mines. Or, la Société concessionnaire
des Mines de l’Ouenza avait donné lieu à de retentissants débats au Parlement, depuis.
1908. L’interpellation à la Chambre des Dé putés, le 28 juin 1908, établissait que, M. Cé- -
lestin JONNART étant gouverneur de l'Algérie, la Société concessionnaire réunissait : | SCHNEIDER; (France) ; KrupPP; (Allemagne); Gelsenkirchen (Allemagne) ; John CocKkERiLzL (Belgique) ;
Châtillon-Commentry; (France).
L’interpellation venue à la Chambre des Députés le 3 février 1910 donnait comme membres du consortium :
SCHNEIDER et Cie (France);
M. Eugène SCHNEIDER (France);
Gelsenkirchen (Allemagne);
KrupP (Allemagne);
John CocKkeEriLzz (Belgique);
Châtillon-Commentry (France);
GUEST, KEEN a. Co (Angleterre);
Charles CAMMEL (Angleterre);
Consett Iron (Angleterre);
Deutscher Kaiser (Allemagne) ;
M. Maurice GÉNY (France) ;
Law (Angleterre);
M. le comte ARMAND (France);
M. Antoine-Louis SAINT-GIRONS (France) ;
M. Abel CARBONEL (France).
A la suite des débats parlementaires, les . fabricants d’armements furent obligés, non de renoncer à leurs relations amicales, maïs d’y mettre plus de formes et d’user de prêtenoms : d’où l’apparence moins cosmopolite de la Société de l’Ouenza.
Il est évident que les fournisseurs de guerre ne pratiquent pas le cosmopolitisme par pure malignité, pour le simple désir de placer leurs actes en contradiction avec leurs affirmations de patriotisme. Ils s’unissent, dans chaque pays et au-dessus des frontières, soit par des filiales ou participations communes, soit par des trusts, cartels ou ententes, pour éviter le plus
. prix. : pe
les trusts disparaissent; on cherche à s’élimi-
à ñ + \ery
presque toujours assez vite à rec un ac-
Join : 11 n'y a pas à nier que les puissantes
ses une atmosphère de compromission, d'a chats de consciences, de vénalité, qu 'ignorait
parlant à la Société d'Economie Politique, - évaluait à plus de 300 les trusts allemands. On n’a pas lieu de s'étonner que la métallur-
culier, aient participé au mouvement. Il
On aurait tort de s’imaginer que les m ges d’intérêts financiers sont idylliques et & faits. Il y a dans leur sein des luttes de pP
tentes se rompent, les cartels se dissoivent à ner des participations et des filiales. Mais dans l’ensemble, les fournisseurs arrivent
cord sur le dos des budgets.
Les trusts ont été étudiés de facon. remarquable par Francis LAUR dans son ouvrage De l'Accaparement, qui est devenu rare. ll dit : Fe
Quand un accaparement devient interne =.
tional, les lois nationales demeurent impuissantes, parce qu’elles sont fatalement dispa rates et hétérogènes, Et il ajoute un peu p
entités financières, industrielles, commerciæ les, créent autour d'elles par la force des cl
le petit commerce solitaire. (Op. cit. t. 1). Lés cartels allemands étaient nombreu avant-guerre : dès 1899, M. A. RAFFALOVITC