‹ Les relieurs françaisChapitre 106 sur 171 · LAFERTÉ · texte numérisé non relu

LAFERTÉ

C'est évidemment lui qui fut le relieur du duc de La Force, ainsi que l'indique un reçu de 1721, dont W. Gruel a donné le fac-similé.

LAFERTÉ (Pierre- Antoine), son

fils, se lit recevoir le 7 juin 1734. Administrateur de la Confrérie du Saint- Sacrement de Saint-Hilaire en 1743, il fut élu marguillier de cette paroisse en 1752. La même année, le 18 mai, on le nomma Garde de la communauté avec André Leraonnier.

11 demeurait rue des Carmes.

Pierre-Antoine était considéré comme un des bons relieurs de son temps, et voici comment Dreux du Radier en parle dans son article sur la reliure du Journal de Verdun de décembre 1763 :

J'aurais joint ici les noms des célèbres relieurs, si je les avais connus; mais, à l'exception de Desenil, dont les reliui-es ^ont encore recherchées dans les ventes, et du sieur Laferté, qui ne lui cède ni pour la commodité de l'ouverture, ni pour la propreté et la conservation des marges, ni pour l'élégance, je n'en connais pas qui mérite place dans la Bibliologie.

Il faut noter qu'il n'est ici question ni de Boyet, mort en 1633, ni d'Antoine-Michel Padeloup et de Pierre- Paul Dubuisson, le premier, mort de[)uis cinq ans, et le second, depuis un peu plus d'un an seulement.

Môme silence à l'égard de Pierre Anguerrand, de Louis Douceur, de Nicolas Derome le jeune et des Lemonnier, qui vivaient alors et étaient dans toute leur vogue.

Il est très croyable que P. -A. Laferté travailla, comme on l'a dit, pour .M""^ de Pompadoui'; toujours est-il qu'à la mort de P. -P. Dubuis-

son, arrivée le lo juin 1702, ce fut notre artiste qui fut choisi pour le remplacer comme relieur du Roi*.

Le tableau de la communauté de 1763 lui donne même le titre de « relieur et doreur du Roi «. Cela donnerait à penser qu'il dorait les livres qu'il reliait, ce qui, on le sait, n'était pas le fait de tous ses confrères.

Il n'exerça pas longtemps cette charge à la cour, car il mourut en 1769. L' Almanach Dauphin pour 1769 le nomme encore, mais sa veuve figure comme telle dans le tableau des relieurs de 1770.

LAFERTÉ (Pierre-Louis II), fils aîné de Pierre-Antoine, eut sa maîtrise le6 juilletl761 et demeurait rue des Carmes. Il fut élu administrateur de laConfrériede la Vierge de Saint- Hilaire en 1767. Se souciant peu d'assister aux assemblées et de participer aux élections de sa corporation, il ne paya pas le droit de réunion imposé par le nouvel édit de 1776 et sans le paiement duquel les maîtres de l'ancienne Communauté n'avaient pas voix délibérative. Il alla habiter rue d'Ecosse avant 1779, et exerçait encore en 1790.

Xous possédons un exemplaire du Dictionnaire de Musique de J.-J. Rousseau, édition in-4'' de 1768, portant une très petite étiquette gravée et placée au bas du titre : Relié 2)ar Laferté, le fils aîné, rue des Carmes, Paris. Cette reliure est en veau marbré avec filets, dos à nerfs orné, tranche marbrée bleue : ce n'est donc pas une reliure de luxe; mais la façon

1. Les registres de la Cour des Aides, souvent fautifs malheureusement, ont donui' ce titre à Pierre-Louis Laferté, fils de Pierre-Antoine; mais le tableau des relieurs de 1765 porte bien que c'est co dernier qui fut relieur ordinaire du Roi.

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