VENTE
sieurs volumes concernant le sacre de Louis XVI •, etc., etc., et le monopole pour la vente des pièces de théiilre aux Français et aux Italiens s'ajoiilant à ses bénéfices de relieur, ses atîaires devinrent florissantes.
Il rechercha les honneurs et les obtint, puisqu'à son litre de Relieur des Menus-Plaisirs du Roi il joignait encore ceux de Conseiller du Roi, Maire-Royal et perpétuel de la ville, faiLvbourg et banlieue de Verneuil^ (dans le Perche), et Imprimeur de Monsieur, frère de Sa Majesté.
Il serait assez difficile de dire aujourd'hui si c'est la reconnaissance seule qui fit agir notre libraire-relieur quand il voulut, en 1775, célébrer avec une pompe inusitée, dans la ville qu'il administrait, un bout de l'an en l'honneur de Louis XV.
Toujours est-il, d'après un contemporain.
Qu'on ne pouvait se figurer ce qu'il en avait coûté au sieur Vente de soins, de peine et de frais pour rassembler et faire venir à 30 lieues de la capitale tous les matériaux et les ornements nécessaires pour arriver à tant de magnificence. Le catafalque, érigé dans la principale église de Verneuil, et toute la décoration intérieure et extérieure de cette église étaient admirables, et on ne vit jamais rien de plus beau à Saint-Denis ou à Notre-Dame de Paris. Le clergé était augmenté de tous les prêtres des environs, et il n'3' eut jamais un tel concours de noblesse et de peuple à Verneuil. Le sieur Vente, du reste, ne perd aucune occasion de se rendre utile à ses concitoyens, etc., etc.
La formule « par grâce et sans tirer
avons faite de ces 11 volumes: IT.'îO et 1760, 1767 à 1778. Vente, comme on l'a cru. ne fut pas l'auteur, mai>: seulement l'éditeur de cette publication composée d'articles empruntés à divers écrivains.
1. Le mémoire de ses fournitures pour le sacre de Louis XVI se montait à 1227 liv. ■1 sols, et fut réduit à it52 liv. (Arch. nat. O' 3703).
2. Les peaux de veau d'alun fabriquées à Verneuil étaient reconnues les meilleures par les relieurs dos xvip et xviii" siècles. Il nous semble avoir vu quelque part que Vente était natif de Verneuil, mais nous n'en avons pas retrouvé la preuve.
à conséquence » trouva donc ici sa récompense !
Les reliures faites chez Vente n'ont rien de très remarquable ; elles sont dun travail courant, mais généralement traitées avec soin. Les dorures sont quelquefois assez riches, et il affectionnait, pour les armoiries, les écussons allongés, contournés et penchés, élégamment ornés de Heurs ou d'attributs d'un très joli effet. Le style de ces armoiries qui semble avoir été respecté par ses confrères, puisqu'aucun ne l'imita, suffit à reconnaître les reliures sortant de chez lui, et forme, pour ainsi dire, la marque de sa maison.
Armoiries du Duc de Richelieu, dorées par Vente.
Vente demeura au bas de la Montagne-Sainte-Geneviève, au bâtiment des Carmes de la place Maubert, puis rue du Plàtre-Saint-Jacques, rue Montagno-Sainte-(jeneviève et enfin rue des Anglais, où VAlmanach Royal de 1702 donne encore son adresse.