DE SAINT-AUBIN. — DESCHAMPS
Trois Derome figurent, sans prénoms, dans VAImanach du Commerce de 1801 ; l'un d'eux, appelé le Jeune, reste seul à partir de cette date.
Mais le volume de 1821 mentionne encore trois relieurs de ce nom demeurant rue des Amandiers, rue des Sept-Voies et rue Pavée-Saint- André-des- Arcs. L'un d'eux avait du talent, et Lesné en fait l'éloge, en le citant à côté de trois de ses confrères qui n'étaient pas sans réputation à cette époque :
Les Derome, Bradel. les ChanmontjDeboisseau, Ajustent aisément trente nerfs au niveau. Leur méthode est toujours celle de leurs an-
[cêtres,
Et dans le genre ancien ils sont tous de
[grands maîtres.
Du reste il y avait encore, nous at-on dit, sous Louis-Philippe, plusieurs relieurs du nom de Derome, et Jal raconte qu'il avait connu uu vieux praticien de ce nom au Mont- Saint-Hilaire « qui ne faisait pas de beaux ouvrages, mais dont la reliure était solide et généralement appliquée aux livres destinés aux étudiants. »
En 1879, on vendit à Bruxelles la bibliothèque de L. Weydt, dont le catalogue, rédigé par le libraire Oliivier, annonçait, sous le n" 2414-, un exemplaire in-8°, à tranche dorée, relié par Derome, des Opuscules philosophiques et littéraires de Suard etBourlet de Vauxcelles, avec la description suivante : k Exemplaire curieux, relié en peau humaine, comme l'affirme une note manuscrite collée contre la garde; cette note porte encore la mention de la provenance, du prix de cette reliure et le nom du reliexir.
« Vingt francs (( Deromme (sic) « 1796.
«Provenant de la Bibliothèque de M. de Musset... Acheté le 13 septembre 1832. »
Quel est le Derome qui ne craignit pas, pour vingt francs! d'étendre, de coller et de rabattre philosophiquement la peau de son semblable ?
C'est à chercher; mais, sans rire, l'anecdote est-elle vraie?
DEREU (Nicolas-François), reçu en 1773, demeurait Montagne Sainte- Geneviève et ne paya pas le droit de réunion.
DE SAINT- AUBIN (Antoine), reçu en 1662.
David Delatte engagea comme apprentif, en 1664, un nommé Denis de Saint-Aubin âgé de 17 ans dont le père avait été sergent royal à Nantes.
DES BILLETTES, membre de l'Académie des Sciences. Il y a lu, en 1706, une description de VArt du Doreur de Livres qui dut être insérée dans le Traité de la Reliure de Jaugeon dont une copie manuscrite existe à la Bibliothèque Nationale, MS. Fr. 91b7 et 9138. (Voy. Jaugeon.)
DESCHAMPS (Guillaume), fut
relieur de la Chambre des Comptes du roi Charles VI. M. Gruel a reproduit dans son Manuel de l'Amateur de reliures le fac-similé et la traduction d'un de ses comptes, allant de juin à décembre 1387, et dont le total, quoique le détail ne tienne pas moins de trois pages grand in-4°, se monte à 7 livres 14 sols 4 deniers tournois. Il ne s'agit du reste que de Vatlachc de registres divers de comptabilité.
Le catalogue Joursanvault annonçait pour la vente sous le numéro 837 : u Quatre pièces : Travaux faits pour le duc d'Orléans par Guillaume
DESFOSSÉS. — DESLOUVIERS.
Deschamps, libraire et relieur de livres. — Miroir historial, en 4 vol., fait par ordre du duc d'Orléans. — Guillaume Doschamps vend au duc les Chroniques de France historiées et toutes complètes. 1395. » Le Roux de Lincy, dans la Bibliothèque de Charles d'Orléans à son château deBlois, donne sur ces chroniques le détail suivant :
Loys. fils de roy de France, duc d'Orléans, comte de Valois et de Beaumont, à nostre ami ei féal trésorier, Jehan Poulain, salut et dileccion. Nous vous mandons et enjoingnons expressément que tantost et sans delay verres ces présentes, vous baillez et délivrez à Guillaume Deschamps, libraire, la somme de deux cens trente-cinq francs d'or, en quojnous lui sommes tenuz pour unes croniques de France ys^oHees et toutes complètes, que nous avons achetées de lui... Donné à Paris, le XXI" jour d'octobre, l'an mil CGC IIIIxx et quinze.
Sous le numéro 3i6, le catalogue Joursanvault citait encore :
Deu.K pièces : ce sont les parties que je Guillaume Deschamps, libraire et relieur de livres, ai faites en la Chambre des comptes de monseigneur d'Orléans, depuis le IG aoiit 1399. (2 pages signées Descbamps.) — Ce sont les parties d'Anque, papier et plumes, etc., livrées par G. Desch, libraire, depuis le •21 août 1399 jusqu'au 17 janvier 1400.
Enfin M. Léopold Delisle signale dans le Catalogue des Actes de Philippe-Auguste un mémoire de reliures pour la Chambre des Comptes de G. Deschamps, acquitté le 13 mai 1415, et qui se trouve à la Bibliothèque Nationale.
(Guillaume Deschamps, en compagnie de trois écrivains, d'un libraire et de deux de ses confrères relieurs, Simonet Miloii et Jacques Richier, (jui exerça aussi l'enluminure, obtint, par une charte de Charles VI du 1'"' juin 1401, l'autorisation de fonder une Confrérie à Saint-Andrédes-Arcs sous l'invocation de saint Jean lÉvangéliste (voy. p. 6). Cette confrérie continua pendant plus de trois siècles à être la Confrérie des Libraires, Imprimeurs et Relieurs. Ce
n'est qu'à partir de 1730 que les relieurs se séparèrent des libraires et imprimeurs, mais en conservant toujours pour patron saint Jean l'Évangéliste.
DESFOSSÉS (Nicolas), relieur qui dut occuper une des premières places dans la corporation à la fin du xvi" siècle. Lors du transfert, en 1382, de la Confrérie « de Saint- André-des-Arcs en l'église et ministrerie des Malhurins, comme estant plus propre et plus commode que ne l'estoit la dite église Saint- André-des-Arcs », il fut un des trois procurateurs qui signèrent les actes notariés échangés â cet effet. Il représentait spécialement les relieurs, et était désigné comme maître relieur de livres, bourgeois de Paris, tandis que Michel De Roignyreprésentaitles libraires et papetiers, et Pierre Bessant les écrivains.
En 1615, Desfossés engagea Antoine Decay comme apprentif relieur. On le nommait parfois Dufossé.
DES JARDINS (Julien). Voyez dans le Manuel de M. Gruel la dc-^cription et la reproduction d'une reliure de ce maître, qui recouvre un manuscrit grec du xvi'= siècle appartenant à la Bibliothèque Nationale.
DESLOUVIERS (Charles), apprentif de Martin Michel et gendre de Laurent Mérieux. Il fut reçu en 1644. Il paracheva l'apprentissage de Jacques Delaize, et donna sa fille en mariage à Laurent Saintc-Maiùe.
— (Simon), doreur, s'engagea comme apprentif chez Sébastien Eschard en 1634 et obtint sa maîtrise en 1658. Il mourut en 1679.
— (Jean), dit l'Aîné, reçu en 1691, demeurait rut' Fronientel.
— (Robert), dit le Jeune, fi ère de
DESLOUVIERS. — DESVIG^'ES.
Jean, reçu en même temps que lui, habitait cour des Bœufs.
Une veuve Deslouviers recevait de la Communauté un secours de losols en 1684.
DESLOUVIERS (Jean-Jacques),
reçuen 1708 exerçaitencore enl725.
— (Nicolas), reçu en 1711.
— (Nicolas-René), reçu en 1740, fut élu Garde en 1762. Il demeurait rue Chartière et mourut en 1776.
— (Georges-Nicolas) , reçu en 1763, demeura rue des Sept-Voies, puis rue Saint-Jacques. Il paya les droits de réunion en 1779.
DE SOMMA VILLE (Simon), figure comme relieur dans le contrat de 1582 transférant la Confrérie chez les Pères Mnthurins. Il laissa à son fils Antoine une maison de librairie importante.
Le registre de la Confrérie signale un service mortuaire pour Sommaville le père pendant l'exercice de 1634 càl637.
Deux Antoine de Sommaville, ses lîlset petit-fils, furent reçus libraires en 1600 et 1620, mais nous ne sa- A'ons s'ils pratiquèrent la reliure.
DESPENCIER (Mathurin), reçu en 1621.
DES PERETS (François), commis à relier les livres de la Chambre des Comptes sous François I". Il figure dans la liste des officiers de ce prince qui assistèrent à ses obsèques et reçurent quelques aunes de drap noir à cette occasion. {Bibliothèque natio- ?ia/e,manuscrits,fonds français, 21 430 et fonds Clairambaut, 833.) Il avait épousé Catherine Longis, fille d'un libraire, peut-être relieur aussi; il acheta, le 29 janvier 1336, une maison rue du Colombier, et mourut peu
de temps après, car sa veuve, par contrat du 29 janvier 1357, racheta à ses deux filles, dames Bonfils et Brojard, la part qui leur revenait dans cette maison comme héritières de leur père. Elle se remaria peu après.
DESPILLY (Jean-Baptiste-Renè), succéda, le 1 1 août 1784, àLouis- Balthasar De la Chevardière comme l'un des quatre marchands papetiers, cartiers et relieurs, suivant la Cour.
DESPREZ. Voy. Des Perets.
DESSARDLNE (Jean), reçu en 1707 ou 1708.
— (Antoine), reçu en 1737, demeurait rue Saint-Jacques en 1739.
DESVIGNES (Pierre), qui n'avait pas fait son apprentissage à Paris, comme il en convenait, du reste, prétendait y exercer son état parce qu'il avait épousé une veuve de relieur de Paris. Une sentence du prévôt de Paris, de mars 1614, le lui défendit; maisilpersistanéanmoins, et une nouvelle sentence du même magistrat, en date du 24 avril suivant, en confisquant les livres et outils qui avaient été saisis chez l^ui au profit des gardes de la communauté, ne lui permettait de travailler chez les maîtres qu'en qualité de compagnon. Le Prévôt de Paris revint cependant sur cette décision et rendit une sentence, le 14 mars 1618, par laquelle il était défendu à Desvignes d'avoir des compagnons chez lui, de faite des apprentifs, et que môme ses enfants, s'il en naissait de son mariage, ne pourraient arriveï à la maîtrise qu'à la condition d'avoir fait leur apprentissage chez des maîtres de la corporation; on le condamnait encore à payer aux gardes 20 livres tournois et aux dépens,
detu.m:. — DONCŒua.
mais sesoulils lui étaient rendus^et il pouvait désormais exercer son état de relieur.
DETINE (Charles I"), apprentif, en 1641, de Claude Leroy, fut reçu maître en 16oi, sous la condition expresse que, si son mariage projeté avec Antoinette, fille de Jean Guillain, n'avait pas lieu sa réception serait nnlle; mais il eut lieu. Il prit eu apprentissage, en IG60, Isambert Detune, son neveu de Normandie, lequel ne parvint pas à la maîtrise.
Charles demeurait, en 1684, rue Chartière. (É/«i et partition de la Ville de Paris : Bibliothèque Nationale, manuscrit.)
— (Jean), apprentif de François De Hansy eu 1646, épousa la veuve de Jacques Quétier et se fit recevoir en 1634. Il eut pour apprentif Guillaume Hammerville en 1664, et demeura rue Saint-Jacc[ues.
Une liste de 1690 porte deux Detune cousins, sans prénoms, comme ayant qualité pour être reçus maîtres, mais nous n'avons trouvé la nomination que d'un seul, celle de :
— (Guillaumel"),reçuvers 1691, qui demeura rue des Sept-Voies, et qui, dans une liste de 1716, est appelé (iuillauuie Detune père.
— (Guillaume II), son tils. reçu avant 1713.
— (François), reçu en 1714.
— (Charles II), reçu en 1743, demeura rue des Sept-Voies.
— (Guillaume-François), reçu en 174'J, élu (iarde rn 1761, demeura rue des Sept-Voies, puis rue des Mathurins. Il ne paya pas de droit de réunion.
Ce dernier membre de la famille Detune s'était formé une bibliothè-
que dont les reliures avaient été faites par lui en grande partie, et qui fut vendue après sa mort : Calaloijne des livres rares et précieux de la Bibliothèque de feu M. D... dont la vente se fera le jeudi 17 avril 1806 et jours suivants, etc., Paris, A. -A. Renouard, 1806, in-8. Cette collection, sans caractère spécial, se composait de 1 807 numéros. Nous avons vu à la vente Behague, sous le n° 1368, un« petit volume in-12 relié en maroquin vert, ex-n° 808, vente baron Pichon et ex-n" 1226, vente Detune; la reliure en était assez ordinaire.
DEVARE.XN'ES. Une liste de relieurs de 1690 porte ce nom donné à un compagnon ayant qualité pour être reçu; nous n'avons cependant pas trouvé trace de sa nomination.
Peut-être appartenait-il à la famille des Devarennes, libraires, dont le premier, reçu en 1394, nous paraît avoir été relieur en même temps que libraire-éditeur?
DEVAUX (Guillaume), apprentif de Geoffroy Cordier, fut reçu en 1 634.
DIDIER (Robert), reçu en 1692, demeurait rue des Sept-Voies.
DIJO.N (N.), reçu en 1720.
— (Louis), reçu en 1747, élu Garde en 1769 et marguillier de Saint-Hilaire en 1770. 11 demeui'a d'abord rue du Mont-Saint-Hilaire, puis rue (^hartière. En 1779, il était syndic de la Communauté des Relieurs et Papetiers, formée en 1776, et vivait encore en 1790.
— (Jacques-François), reçu en 1748, demeurait rue du Mont-Saint- Hilaire et alla habiter la rue des Sept-Voies; il mourut avant 1773.
DO.NCŒUR (Maurice De). Un
mauvais plaisant lit insérer dans le
DONY. — DOUCEUR.
Journal de Verdun d'avril 1747, les titres de quelques ouvrages soi-disant récemment parus à Abbeville chez le libraire Artous; les deux derniers volumes cités étaient L'Art de cultiver les Renoncules et VHistoire de la Reliure des Livres, depuis son origine jusqu'à présent, par M. Maurice de Doncœur.
Montlienault d'Egly, rédacteur du journal, ne s'aperçut de la plaisanterie que plus tard et s'en excusa dans le numéro de juin en disant :
Je suis informé que cette liste a été faite à plaisir par quelque homme désœuvré, et que tous ces livres sont autant d'êtres imaginaires. Si je suis fâché de cette supercherie, ce n'est que parce qu'on s'est servi de moi pour en imposer au public. Pour ce qui me regarde personnellement, celui qui en est l'auteur peut être assuré que je n'en suis nullement offensé.
Car j'ai cela de bon, avec bien du mauvais. Que les gens sans raison, ne m'offensent jamais.
DONY (Jean), reçu en 1626.
DORANGE (Jean), apprentif de Geoffroy P' Cordier, fut reçu avant 1627. Il eut pour apprentifs Adrien Delachasse, René Dorange , Jean Fleury, Claude Lottin et Jean Rivière ; ce dernier seul parvint à la maîtrise.
11 s'engagea, vers 1630, à prendre les prix d'un tarif commun pour la reliure des livres dits Usages et à ne pas empiéter sur la clientèle ordinaire de ses confrères. Dorange travaillait pour les libraires Dauplft, Delon et Ferrier.
ÇfJ^>na4i^
DORE (Nicolas), reçu vers 1692, demeura rue des Carmes. 11 fut nommé Garde le 17 octobre 1715. Sa fille Claude-Elisabeth épousa Louis II
Derome et une autre de ses filles, Jeanne, devint la femme de Denis 1'='^ Trouvain.
DOU (Nicolas) , qualifié relieur en 1382, lors du changement d'église de la Confrérie.
DOUBLE (le baron L...). On a de cet amateur : Cabinet d\m curieux.
Besciiption de quelques livres rares. Se donne chez l'auteur. A Paris, 1890, grand in-8 . La première partie est consacrée aux livres de provenance historique, rois, reines et famille royale, amateurs célèbres, grands personnages, favorites, etc. ; il s'y trouve des fac-similés de reliures du plus grand intérêt. En décrivant un de ces volumes, aux armes d'Henri VIII d'Angleterre, portant sur la tranche le nom de Fignolet, M. Double est amené à croire que c'était là le nom du premier relieur de François P'".
Nous donnons quelques explications à cet égard dans notre article sur Pignolct. (Voy. ce nom.)
DOUCEUR. Ce nom apparaît pour la première fois sur les actes de la corporation, porté en 1380 par David; puis vinrent Denis, Jacques !''■■ et Etienne I", qui, libraires-éditeurs, exercèrent vraisemblablement la reliure, quoique nous n'ayons pas de certitude à cet égard.
— (Pierre), fils de Jacques I", fut bien relieur, et habitait, en 1600, rue de la Boucherie, paroisse Saint- Étienne. Il se disait, en 1620, « libraire suivant la Cour ».
DOUCEUR (Mathieu), doreur, entra comme apprentif chez Jean Picart en 1 646 et fut reçu maître en 1 663. Comme marguillier de Saint-Hilaire et administrateur de la Confrérie de Notre-Dame érigée en ladite église, il signa, avec Picart, François Lhermitte, Thomas et J, Musier, autres
DOUCEUR. — DROBET.
relieurs, le marché passé le 4 septembre 1672 (( avec Germain Pilon, maistre menuisier, pour la construction d'un autel fait de lion bois de chesne et sujet à Visitation, etc., moyennant 270 livres. » (Catalogue Voisin, mars 1880.)
DOUCEUR (Jacques II), petit-fils de Pierre, mourut vers 1710.
— (François), fils de Matliieu, commença son apprentissage chez Jean Lebouc et le termina chez Claude Tonnelier. Reçu en 1691, sa nomination fut contestée, pour vice de forme dans son brevet d'apprentissage et quoiqu'il eût épousé une fille de maître; mais le lieutenant de police lui maintint son grade en 1698. Il fut élu Garde en 1720 et prit le titre de doyen vers 1748.
— (Louis), fils de François probablement, fut reçu maître le 14 octobre 1721 et remplit les fonctions de Garde du 11 septembre 1737 au 10 juin 1739. Il habila rue d'Ecosse et rue du Mont-Saint-Hilaire. Administrateur de la Confrérie du Saint- Sacrement, il fut nommé marguillier de Saint-Hilaire le 16 juin 1743.
Nous ne savons au juste quand il put prendre le titre de Relieur du Roi; dans tous les cas, il n'était pas relieur du cabinet du Roi, comme le furent Royet, Duseuil, Padeloup, Dubuisson et Anguerrand, mais simplement Relieur pour le service du dépôt des affaires étrangères. Le 18 mars 1766, son gendre, Nicolas Le Tellier, fils d'un relieur qui avait été mis à la Rastille plusieurs fois pour avoir relié des livres erotiques, obtint la survivance de la charge de son beau-père, par un brevet contresigné du duc de Choiseul-Praslin.
M. Gruel a reproduit dans son Mumiel les fac-similés d'une reliure et
d'un buvard au.v armes de Mme Je Pompadour de la façon de Douceur.
Il est assez sévère pour ce maître, d'après les reliures portant son étiquette, qu'il dit avoir vues, tout en reconnaissant cependant que le buvard de la marquise leur est très supérieur.N'é tant peut-être pas doreur, notre relieur employait, sans doute, des artistes de mérites différents?
Louis Douceur mourut le 17 février 1769; la sépulture se fit dans Saint-Hilaire et la cérémonie coûta 38 liv. 5 sols. Sa veuve vivait encore en 1790.
DOUCEUR (Etienne II), reçu en 1733,' demeurait cour d'Albret.
— (Franoois-Étienne) , reçu en l7o9, demeurait alors cour d'Albret, ainsi qu'Etienne II, qui était peut-être son père. Il mourut en 1 775.
DOYNARD (Artus), désigné dans une liste de 1605 comme ayant droit à être reçu à la maîtrise.
DREUX-DU-RADIER. Cet auteur a publié dans le Journal de Verdun un petit article historique sur la Reliure dans lequel il ne cite, en fait de relieurs de son temps que Duseuil et Laferté, sans malheureusement fournir de renseignements sur eux.
(1763, décembre, p. 445.) (Voy. Laferté, Pierre-Antoine.)
DROBET (George), libraire à Tours en 1592, s'intitulait relieur du Roy, comme le faisait, en 1615, Claude Le Villain de Rouen. (Voy.
ce nom.) Nous remercions ici M. Claudin, qui a eu l'amabilité de nous réserver le document d'après lequel s'établit celte particularité, soit un petit volume in-12 dont voici l'intitulé : Pancharis la. Bonefonii Arueni/.CaesaroduniTvronym. Apud Georgium Diobetium, Regium librorum compactorem. 1592.
DROU. — DUBOIS.
M. Gruel cite dans son Manuel deux autres ouvi'ages édités à Tours, également en 1392, par le même Drobet, toujours avec le titre de relieur du Roy, et donne le fac-similé d'une reliure qu'il croit de lui.
Cette reliure couvre une traduction de la Comédie du Dante de Grangier, dont le titre, gravé par Thomas de Leu, montre que Drobet serait venu habiter Paris. On y lit en efîet :
« Pour George Drobet libraire et relieur du Roy, rue Saint-Jacques, au Soleil d'or et en sa boutique au Palais, en la galerie des Prisonniers. »
DROU (François I"), doreur, entra en apprentissage, en 1630, chez Jean Guillain. Devenu gendre d'Eustache Delatte et quoique un arrêt du Parlement du 7 septembre 1650, ordonnait qu'il serait reçu maître, lui et d'autres doreurs, à la condition de n'exercer ni la librairie ni l'imprimerie, ce n'est qu'en février 1634 qu'il eut enfin sa maîtrise.
— (François II), qui était compagnon relieur, eut ses outils saisis parce qu'il travaillait en chambre pour son compte (arrêt du 27 février 1671). Il pétitionna en 1674 pour être reçu maître ; il le fut plus tard, après l'édit de 168G, et exerçait encore en 1700. Sa veuve vivait en 1720.
DROUIN (Nicolas), reçu en 1767, demeurait rue des Amandiers.
DUBOIS (Gilles), fit son apprentissage chez Simon Roland, relieur et bedeau de la Confrérie, qui signa l'acte de sa réception de maître le 10 février 1628. Deux de ses nombreux apprentifs, Claude Tonnelier et Nicolas Bailly, parvinrent à la maîtrise ; le premier était son beau-
frère et celui de Nicolas Pillon. .Administrateur de la Confrérie de 1641 à 1644, il lui fit cadeau, à la sortie de ses fonctions, d'un livre manuscrit sur vélin pour l'Epitre et l'Evangile et d'un Missel in-folio reliés en maroquin incarnat, « sur lesquels, outre la dorure, étoient escrits ces mots : Ce missel (ou ce livre) a esté donné par G. Dubois en Van 164.T pour participer aux prières et suffragers qui se disent en la Confrairie. »
D'après Chevillier {Origine de l'Imprimerie, p. 299), le Cardinal de Richelieu aurait fait relier par Dubois, en maroquin du Levant et à ses armes, cent dix manuscrits en langues syriaque, persane et arabe, provenant d'une saisie opérée par un commissaire assisté d'un serrurier, en présence du procureur du Roi et de deux sergents du Chàtelet, au domicile du maronite Gabriel Sionita, qui venait d'être emprisonné à Vincennes en janvier 1640. Ces volumes sont aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale, où, dans le but de nous faire une idée du talent de Gilles Dubois, nous avons demandé plusieurs fois à en voir quelquesuns, mais sans y réussir.
Si, comme la chose est supposable, notre relieur dut être employé par Richelieu pour d'autres volumes que les manuscrits orientaux dont nous venons de parler, il est certain qu'il travailla pour la Bibliothèque Royale. Nommé relieur du Roi en 1648, son nom se voit souvent dans les comptes de la maison royale.
Nous savons par exemple, d'après ces comptes, qu'il reçut 37 livres 10 sols pour avoir relié un livre de Devises des tapisseries du Roy et 77 livres pour la reliure en maroquin du Levant de 6 livres de Devises.
Il mourut le 6 mai 1671, et ses