DUBUISSON
lieur du Roi, il est vrai depuis 1717.
Nous avons trouvé d'autres relieurs du nom de Dubois, mais ils restèrent compagnons : Michel Dubois d'abord, apprenti! en 1639 chez François de Hansy ; puis Denis Dubois, apprentif de Pierre Guenon et de Jean Lemonnier en 1663. En 1684, la Communauté donna 1 livre au pauvre relieur Dubois le boiteux.
DUBOIS (Marin), reçu le 31 janvier 1777, demeurait rue des Amandiers, où il habitait encore en 1804.
Un autre Dubois habitait à la même époque rue de la Liberté.
DUBOURG (Henry), fut contraint de fermer boutique, n'ayant ses lettres de maîtrise que de la Confrérie de 1608 à 1610, non du syndic et des adjoints. Sentence du Chàtelet, 15 juillet 1619.
— (Charles), apprentif de Barthélémy Garoche et de Pierre Guénon ; gendre de Jean Péqueux ; reçu maître le 18 mars 16o5.
DUBREUIL (Claude), libraire-relieur, était mort en 1618. Il eut plusieurs enfants : Martin et Jacques, qui furent relieurs et dont les noms suivent ; puis Jean, qui, après avoir exercé la librairie pendant quelques années, se fit jésuite et publia divers ouvrages sur la Perspective, les Fortifications, etc.
— (Martin), libraire -relieur, reçu vers 1620.
— (Jacques I"), libraire-relieur, reçu le 6 septembre 163o.Nous croyons que c'est lui qui fut l'un des relieurs de Mazarin. Sa fille épousa Jean I" Baillet.
— (Jacques II), reçu maître le 15 septembre 1661, habita rue St-
Hilaire puis rue Saint-Jacques. Il s'opposa vivement à l'édit de 1683, et vendit le 24 août 1692 à Jean Baillet tous ses outils pour 80 livres, payables 3 livres par mois.
DUBREUIL (Robert), maître relieur entra, à la Bastille le 14 septembre 1723 et en sortit le 29 novembre suivant. Il fut déchargé de l'accusation, et son écrou rayé et biffé par jugement du 14 janvier 1724.
— (Louis), reçu maître le 2 décembre 1748, demeura rue des Amandiers et ne paya pas le droit de réunion.
DUBUISSON. Nous avons trouvé au xvn<= siècle un compagnon imprimeur, Laurent Dubuisson, qui plaça comme apprentif, en novembre 1677, son neveu Charles Dubuisson, âgé de dix-huit ans, chez Charles Coignard, imprimeur. Il serait possible que les relieurs du nom de Dubuis'^on appartinssent à la même famille.
— (Pierre), se fît recevoir maître le 19 septembre 1707, et fut élu Garde le 12 mars 1726 ; fonctions qu'il remplit jusqu'au 30 décembre 1730. Le tableau des relieurs de 1759 le cite comme habitant alors Etrepagny, près de Gisors.
— (René), frère de Pierre vraisemblablement, fut maître le 6 octobre 1710 et Garde de mars 1718 à octobre 1720. En 1739, il demeurait rue St-Jacques et avait déjà le titre de doyen des gardes ; en 1769, VAlmanarJi des Adresses donnait sa demeure rue de l'Estrapade, tandis qu'en 1770 il habitait à Etrepagny, d'après le tableau des relieurs. A partir du 12 décembre 1773 il prenait le titre de Doyen de la Communauté et des Gardes et le portait
I)L BUISSO.N.
encore en 1770, sinon même plus tard. A celte dernière date il ne devait pas avoir loin de 90 ans.
Un nommé Jean-Baptiste Boismare, qui avait travaillé chez René Dubuisson pendant vingt-cinq ans en qualité d'alloué, fit copier des fers de son maître, qui le congédia pour celte raison le 29 octobre 17o4. Boismare, s'étant fait recevoir maître dans la Communauté des miroitiersdoreurs sur cuir, etc., s'établit doreur et se mit à exécuter des reliures de difTérents genres; mais les gardes des relieurs le firent saisir et poursuivre. Le procès dura près de six ans et ne fut jugé que le 27 août 1760, en donnant à peu près gain de cause aux relieurs. {Voy.
Il est dit dans un mémoire imprimé à propos de ce procès que René Dubuisson ne s'appliquait qu'à la dorure et était un des relieurs « qui tenoit le plus des Colombats, Alinanachs, etc. ».
Pour cette raison et parce qu'il entreprenait pour le compte de ses confrères certains travaux qu'ils n'auraient pu faire chez eux, il était admirablement outillé. On doit croire qu'Antoine-Michel Padeloup, n'ayant pas les presses ou balanciers suffisants, s'adressait à lui pour l'exécution de ces grandes publications somptuaires dont la reliure porte son étiquette, car, à sa mort, il redevait à René Dubuisson 3519 liv. 13 sols, à la suite d'une sentence prononcée contre lui par les juges-consuls statuant commercialement en 1752.
DUBUISSON (Pierre-Paul), fils de René, fut nommé maître le 2 mai i 746, puis Garde en 1706. A la mort de Michel-Antoine Padeloup il lui suc-
céda comme relimir du Roi. Voici le brevet de sa nomination :
Au.jourd'huy 12 octobre 17ô8, le Roy étant à Versailles, a3'ant égard aux témoignages avantageux qui luy ont été rendus de la probité et capacité de Pierre-Paul Dubuisson, maître relieur à Paris, et voulant en cette considération le traiter favorablement. Sa Majesté l'a retenu et le retient en la charge de l'un de ses relieurs ordinaires, vacante par le décès du nommé Padelou, dernier possesseur dicolle, pour par luy l'avoir et exercer, en jouir et user aux honneurs, autorités, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, fruits, profits, revenus et émoluments accoutumés et y appartenans, tels et semblables qu'en a joui et dû jouir le sieur Padelou, et ce tant qu'ilplaira à Sa Majesté, laquelle, pour assurance de sa volonté, m'a commandé d'expédier le présent brevet, qu'elle a signé, etc. (Arch. Nat. 0<, 102.)
Pierre-Paul Dubuisson était plutôt doreur que relieur, car, s'il avait un atelier de reliure chez lui, son travail personnel consistait si bien à exécuter la dorure des livres reliés sous sa direction, que certaines de ses étiquettes portent seulement :
Bore par Dubimson, rue St. -Jacques.
'Se et élevé chez son père, au milieu des Almanachs pour ainsi dire, la reliure de ces sortes de livres semble avoir été une des spécialités de sa maison ; il les fai.sait très riches, très éclatants, avec des' armoiries ou des sujets peints sur les plats, recouverts de talc et entourés de dorures exécutées souvent au moyen de plaques. Ce genre clinquant par excellence plaisait, il faut croire, puisqu'on le pratiqua beaucoup ; mais il n'était pas toujours d'un goût parfait : aussi ne saurait-on considérer les spécimens qui nous en restent que comme des curiosités bizarres, des bibelots d'un autre âge. Peut-être Dubuisson, dont, nous devons le dire, les travaux en ce genre sont très supérieurs à ceux de ses confrères, ne lit-il que sacrifier à l'engouement du moment, car il en agissait,tout