‹ Les relieurs françaisChapitre 94 sur 171 · Gauffecourt s'était lié avec eux assez intimement · texte numérisé non relu

Gauffecourt s'était lié avec eux assez intimement

2. Instrument dont les maçons se servent pour porter le mortier sur leurs épaules.

toutes les opérations du relieur, on n'en peut tirer que peu de profit. Il a seulement du prix par son extrême rareté et l'originalité de son auteur.

C'est une simple curiosité.

Maintenant, malgré les soi-disant notes remontant à vingt-cinq ans, GaufTecourt n'exerça réellement la reliure qu'une fois retiré à La Motte.

En tant que praticien quel fut donc son genre de travail? Adamoli de Lyon raconte qu'il acheta à la vente après décès de notre amateur un exemplaire des Lettres à mon Fils de Mme d'Epinay. « Cet exemplaire, dit-il, faisait partie de sa bibliothèque, qui ne contenait qu'environ 400 volumes, romans et petites brochures de fantaisie. Il.couvrait de papier bleu tous les livres qu'il reliait, de sorte qu'on pouvait à juste titre appeler sa bibliothèque la Bibliothèque bleue. » Nous voilà fixés.

Gaufl'ecourt reculait devant la couvrure en peau et le travail préparatoire qu'elle nécessite; la dorure aussi lui faisait peur, et le papier plus ou moins bien collé suffisait à son ambition.

On peut donc être sûr, d'après ce qui précède, que les Réflexions sur les sentiments agréables qu'il imprima en 1743 ne furent pas reliées par lui, sauf les exemplaires qui seraient couverts en papier bleu. J'ai eu entre les mains un de ces volumes relié en veau, mais dont la façon étaitcerlainement d'unhomme du métier. La reliure de mon exemplaire, assez maladroitement exécutée, donnerait à penser qu'elle est l'œuvre de notre amateur, mais M. Claudin, très au courant du travail des relieurs genevois de l'époque, en attribue la paternité à ceux-ci. Gabriel Peignot, beaucoup moins rêveur que Nodier, déclare

GAULCHEH.

GII' b'AllI).

aussi, de son côté, que les diverses reliures en veau ou en maroquin qu'on lui a présentées comme des productions de notre relieur improvisé ne pouvaient être de lui, à en juger par l'assurance de l'exécution, révélant une main habile et exercée.

La fin de la vie de Gauirecourt ne ressembla pas à son existence passée. Lui qui avait toujours vécu dans un monde distingué, qui avait recherché la société des gens d'esprit ou des artistes, et s'était encore entouré dans sa retraite de meubles élégants et d'objets d'art lui rappelant ses beaux jours, ne se complaisait plus que dans la fréquentation de gens vulgaires et sans éducation. Au dire d'Adamoli, « la compagnie qu'il recevait à La Motte était fort mêlée : il admettait à sa table des ouvriers et autres gens du plus bas étage ».

Gauffecourt mourut dans sa soixante -quatorzième année, en mars 1766. Ses meubles ei effets, vendus aux enchères, c'est-à-dire avec une dépréciation assez grande de leur valeur réelle, produisirent encore un total de vingt mille livres environ.

Qu'est devenu son portrait à sa vente? Exposée au Salon de i7o3, cette peinture, à en juger par l'excellente gravure de Daullé, d'une exécution vraiment supérieure, devait être un des meilleurs portraits que peignit Nonnotte. Espérons que ce tableau n'est pas perdu et qu'on le conserve, comme il le mérite, dans quelque collection particulière, sinon même dans un musée ? L'abbé Laugier le vantai t agréablement dans son Jugement d'un Amateur sur l'Exposition des tableaux. (Paris, 1753.)

Il y a un petit tableau do M. Xonnotto, écrivait-il, qui rcpr(5sontc M*** eu robo do

chambre assis dans son cabinet auprès d'une taljlc. On }' voit du soin, do la recherche, beaucoup d'intoUigcnco, de la perspective, du naturel, de l'expression, de la vie, et un pinceau plein de b'^gèreté et de grâce.

La gravure que Gauffecourt destinait à ses amis ne porte pas son nom; tirée à petit nombre, elle est devenue très rare '.

GAULCHER (Antoine), relieur à Troyes, travailla pour la cathédrale, en 1495. (Bérard, Dict. des

Artistes.)

GAVET (Jacob), relieur, exerçant à la fin du xv= et au commencement du xvi^ siècle. M. Germain Bapst possède une reliure de lui portant à froid, au milieu d'estampage pareil, l'inscription : Jacobus Gavet me ligavit. M. Gruel en a donné le fac-similé dans son Manuel.

GENETEAU (Pierre), reçu de

GEiNUIT (François), reçu le 23 avril 1726, demeura rue des Sept-Voies, puis au collège des Cholets. Il ne paya pas le droit de réunion en 1779.

GÉRARD (Claude), est qualifié marchand libraire-relieur dans l'acte de son mariage du 12 septembre 1689 avec Marie, fille de Claude Derome. Il était âgé de 25 ans et sa femme de 22 ans. {Voyez Jal, p.

GIFFARD ou GIFFART. — II y eut beaucoup de GifTard dans la Com-

1. Le vohimo placé sous la table dans ce portrait, ayant [)0ur titre : l'Art d'aimer, fait qu'on se demande si le petit portrait de Gentil-Bernard, gravé parK. Delvaux, soi-disant d'après Nattier, et qui n'est qu'une mauvaise copie de la gravure de Daullé, est le résultat d'une naïveté ou d'uno supercherie '? Dans tous les cas, ce portrait qui représente fort l)eu celui do Gauifocouri, n'est pas du tout celui do Gentil-Bernard.

GIFFARD. — GINAIN.

munauté des Libraires, Imprimeurs et Relieurs; nous donnerons seulement ici les noms de ceux qui, à notre connaissance, exercèrent la reliure.

GIFFARD (Guide), pratiquait en 159o, et fut administrateur de la Confrérie de 1498 à 1500.

— (George) , reçu maître le 6 mai 1020; il était doreur.

— (François), reçu en 1691, demeurait rue Saint-Jacques.

— (Lambert I^""), reçu avant 1713, exerça les fonctions de Garde du 17 mars 172o au 2 avril 1727.

— (Lambert II), reçu le 12 féfrier 1731, demeurait Montagne Sainte-Geneviève; il était mort en 1770. Il avait été mis à la Bastille, en 1747, pour libelles politiques; mais il fut mis en liberté peu de

ours après.

— (Nicolas), reçu le 25 février 1742, alla s'établir <à Lyon.

Pierre Giffart, libraire et graveur du Roy, qui, entre parenthèses, grava Vex-libris de la maison royale de Saint-Cyr, était Ois de George, d'après La Caille. Les membres de cette famille signaient indifféremment Giffart ou Gifl'ard.

GILBERT (Sébastien), apprenti f de Louis Frémiot, se fit inscrire pour obtenir la maîlrise en 1638; son nom, rayé par mégarde, fut inscrit de nouveau, sur sa réclamation, en août 1663. Cependant nous n'avons pas trouvé mention de sa réception, qui fut peut-être empêchée par les arrêts de 1666 et 1667 défendant de faire de nouveaux maîtres.

GILLEDE (Jean), reçu maître en 1614 ou 1615. 11 fut le beau-père de Florimond Badier. Lottin le nomme

Gillerde par erreur et La Caille n'en parle pas. {Voy. Le Gascon, adflnem.)

GILLES (Gilles), est qualifié libraire-relieur dans le contrat de transfert de la Confrérie chez les Pères Mathurins en 1382. Il publia en 1574 une édition des Odes d'Anacréon, traduites par Rémy Belleau.

Avant ,lui il y avait eu plusieurs autres Gilles dans la corporation des libraires, mais nous ignorons s'ils exercèrent la reliure.

— (David), reçu en 1610. Mauvais ouvrier, il préférait vendre des livres sur le Pont-Neuf et fut décrété de prise de corps le 5 juillet 1617 pour s'être révolté contre les gardes de la Communauté, qui voulaient l'en empêcher. Il subit encore deux condamnations pour le même fait, le 17 avril 1627 et le 18 juin 1629.

Un autre David Gilles fut reçu maître libraire en 1634 sans que nous ayons pu savoir s'il pratiqua la reliure.

GINAIN (Sulpice), était en 1790, bedeau des confréries de la Vierge et du Saint-Sacrement de Saint-Hilaire depuis 1763. Il n'était que compagnon relieur. Un de ses descendants eut quelque réputation sous la Restauration et sous Louis-Philippe; il est cité dans les Almanachs de cette époque comme relieur et doreur, demeurant rue d'Argenleuil.

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