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CHAPITRE XU

LES SŒURS FRANCISCAINES DE NOTRE-DAUB DITKS DES RBCOLLBTS

Congrégation hospitalière.

Maison-mirf à Perrou {Orne).

I. Un étonné; Notre-Dame de Pitié. — II. Les Sœurs et les Sœurs de la Rob« brune 1 leurs œuvres : orpt pices. — m. La Dame blanche ; maisoi^s de l'iustitu clscaines de Deauville.

Quand le voyageur se reod de Domfront à l'Orne, il ne tarde pas à découvrir une gracieu nom de vallée Sainte-Marie, dont la fertilité c gulièreraent avec l'aspect triste et sévère du pi domine. Située entre la magniiîque forêt d'A versant de la côte qui longe la route départ Saint-Malo, elle est le centre d'une nombreus< pleine de foi. C'est là qu'est située la chapell Dame de Pitié, au milieu de la petite commum L'étranger qui passe en ces lieux n'est pas pt voir des bonnes Sœurs franciscaines débouche tous les chemins du village. Son étonnemer bientôt en admiration, quand il sait que les re rendent, les unes à l'hospice des vieillards, l refuge des pauvres vieilles infirmes, paralysa

ques, aveugles, celles-ci à Técole des petits garçons, celleslà à l'orphelinat des filles, etc. Il ne manque pas alors d'interroger une personne du pays et de demander des explications sur l'origine des œuvres qui ont trouvé leur berceau à l'ombre d'un bois et au sein d'un pauvre hameau. Après avoir parlé du pèlerinage de Notre-Dame de Pitié, nous allons répondre ici brièvement aux questions que Ton fait habituellement (i).

Les anciens de la paroisse racontent que jadis leurs aïeux ayant aperçu au milieu d'une épine d'une dimension extraordinaire, sur l'emplacement de la chapelle, une statue en bois de la sainte Vierge, ils s'empressèrent de la transporter dans l'église de Lucé, dont Perron n'était alors qu'une section. Le lendemain, dès l'aurore, les pieux fidèles se précipitent dans l'église pour offrir leurs hommages à la chère Madone. Elle a disparu : elle est à Perrou, sous l'épine fleurie où on l'avait trouvée. Comprenant que Marie préfère l'ombre modeste de ces buissons à l'éclat du temple, le peuple laisse la sainte image dans sa solitude de prédilection, au milieu de la douce exhalaison des fleurs des champs... Ego flos campi et lilium convallium.

On croit communément que saint Front, l'apôtre du pays, mit cette statue dans la vallée Sainte-Marie, en souvenir de son passage et pour établir cette bonne Mère « comme une lumière destinée à préparer les peuples à contempler le Soleil de justice qui allait s'élever sur la région de l'ombre de la mort ». (Isaïe, IIL)

Quoi qu'il en soit, les habitants du Maine et de la Normandie vinrent nombreux, en tout temps, vénérer la sainte |/ Madone; tous les seigneurs du pays prirent son nom pour

S^: cri de guerre, et quand ils partaient pour les Lieux saints,

1^ ils avaient grand soin de donner cinquante bons sois tour-

I nois à Madame Sainte Marie. Depuis le xvi° siècle, de

vieilles chroniques nous retracent l'histoire des pèlerinages

I. Nous nous servons pour ce récit de Tintéressante brochure intitulée : Notre-Dame de Perrou, écrite par M. l'abbé Lemoine, fondateur des Franciscaines de Notre-Dame de Pitié. — Paris, chez Gaume. — Deuxième édition, au monastère de Perrou.

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LBS RELIGIEUSES FRANCISCAINES

qui se sont dirigés vers Notre-Dame de Pitié et i coDnaitre les noms des chapelains en titre qui ont le sanctuaire jusqu'à la Révolution française. Peu mauvais jours, plusieurs prêtres purent se cacher ê sous le manteau de la douce Protectrice de la coni chose étonnante, la chapelle ne fut alors ni fermée fanée. De tout temps aussi, Noire-Dame de Pitié pensé la foi de ses pieux serviteurs par de nom] d'éclatants miracles. Nous n'en rapporterons qu'i

II y a des siècles, un habitant de Champsecre Louvel, passait la forêt d'Audaine à une heure av la nuit, l'eau tombait à torrents. Depuis loagtemp avait perdu l'unique sentier tortueux qui devait duire à sa demeure. Cependant il marche encore ; n comble de malheur, il s'enfonce dans un fourré qu'il ne peut plus s'y frayer un passage. Le froid e luiôtent toute énergie ; ses forces l'abandonnent, se refusent de le porter; il se sent si malade et si di qu'il croit qu'il va mourir seul au milieu de la foré Louvel pense alors à Noire-Dame de Perron, il genoux : « Sainte Vierge Marie, s'écrie-t-il, ne donnez pas ! Je vous promets d'entretenir pour toi toit de votre chapelle, si je revois ma demeure, i un tuilier. Le courage renaît dans son cœur, il se marche à l'aveniure, mais plein de confiauce en Madone. Au bout de quelques minutes, Pierre an porte de sa maison sans mente savoir par quel chf passé. Il raconte à sa famille le danger qu'il a c vœu qu'il a fait et la protection visible de Notre-I Pitié. Depuis cette époque éloignée jusqu'à nos je arrière-petits- fil s tiennent encore à réparer le to chapelle. Pendant quelque temps, il est vrai, le mis en oubli par la famille Louvel, mais il y eut chez eux des malades, jusqu'au moment où ils red âdèles à leur promesse.

Actuellement, le miracle évident, le prodige pa lence de Notre-Dame de Pitié, celui que tout le peut constater de ses yeux, c'est la reconstructi<

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