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LES PETITES SŒURS DE SAINT-FRANÇOIS

Congrégarion pour g-ardes-malades.

Maison-mère à Angers, rue Chèvre.

I. Premiers essais; la foodatrice, ses vertus. — II. Esprit de la

congrégation ; ses maisons.

Dieu qui se sert des sujets les plus faibles pour confondre les forts et qui fait ordinairement éclater sa puissance sur les petits et les pauvres, choisit deux simples servantes pour fonder la congrégation des Petites Sœurs de Saint-François : Marie Baranger et Louise Renaud.

La première, née en 1807, d'une pieuse famille vendéenne, conserva toujours la foi vive de son pays d'origine. D'une piété solide et des plus édifiantes, elle ne pouvait manquer de chercher tous les moyens propres à nourrir sa charité ; en conséquence, ayant connu le Tiers-Ordre franciscain, elle l'embrassa avec ardeur. Outre les moyens de sanctification personnelle que lui offrait la Règle séraphique, elle y voyait encore celui de gagner des âmes à Dieu. Elle se livra dès lors tout entière au service des infirmes et se fit garde-malade pendant plusieurs années auprès des pauvres de son quartier, n'acceptant qu'une modique rétribution, indispensable à son existence. Mais cela ne suffisait pas à son zèle ; ne pouvant accomplir seule tout le bien qu'elle eût désiré, elle pressa quelques personnes, tertiaires comme elle, de s'associer à son œuvre de cha-

rite. Trois répondirent successive la petite communauté se trouva organisation sérieuse, dut bientôt l'heure de la Providence. Ceci se ]

Six ans s'écoulèrent et les pi( nombre de six, nourrissant toujou ne se rencontraient jamais sans mais aussi leurs espérances. Or, d'entre elles moururent et une t cette œuvre. Les trois autres, se bienveillants du R. P. Louis, g PP. Capucins d'Angers, tentèren réunir en mettant à leur tète Mlle devait être, en effet, l'instrumen dation de la congrégation.

Qu'était cette pieuse personne ?

Louise Renaud, était née à Mo de pauvres cultivateurs, mais sa pi à Brissarthe, où ses parents aval' retirer. « Dieu, qui dispose tout a prépara doucement, dès son enfs avait sur elle. Il mit au cœur de d angélique, l'amour de !a pénitenci se consacrer au soin des malades jour de grand matin, elle se rend; le chemin de la croix et y enten< suite, la pauvre couturière, oblige sa vie et venir en aide à ses parent chez ceux qui voulaient bien l'eni la fatigue, elle visitait les malades les pauvres. Souvent même, tout Dieu, elle passait une partie de la iroid grenier qui lui servait de chi

Sa charité était grande. Un jocontre une pauvre femme à moit l'emmène chez elle, la couche dan nuit à son côté, assise sur une ch; auprès d'un malade hostile aux ser

exerce son zèle. Par sa charité et ses prières, elle touche le cœur de rimpie et le gagne à Dieu. En un mot, telle fut la vie de Louise Renaud, qu'on rappelait communément à Brissarthe « la petite sainte ».

Les nombreux travaux, joints aux mordfîcations qu'elle s'imposait et à la mauvaise nourriture qu'elle prenait, déterminèrent une infirmité qui la conduisit à l'hôpital d'Ajigers. Au bout de trois mois, les médecins déclarèrent son mal incurable et voulurent la congédier. Mais les Sœurs de Saint- Vincent de Paul, qui avaient été les témoins de sa patience dans la maladie et qui avaient remarqué en elle une rare habileté pour les travaux manuels, la retinrent comme servante à gages et lui confièrent les enfants de l'Hôtel-Dieu. Elle resta de longues années dans cette charge. Bientôt on la nomma sous-maîtresse à l'ouvroir Saint- Vincent, puis, un peu plus tard, elle fut élue présidente du Tiers-Ordre séculier de Saint-François, établi récemment à Angers. Cependant, son désir de se donner à Dieu, aux malades et aux pauvres allait toujours grandissant. Pour obtenir cette grâce insigpe et toucher le Cœur de Jésus, elle redoublait de ferveur dans la prière, elle pratiquait les mortifications les plus dures au corps.

C'est à cette époque, qu'un jour elle vit venir, joyeuses et empressées, les trois tertiaires dont nous avons parlé, qui la supplièrent de se joindre à elles en qualité de directrice. Mais Sœur Joséphine — c'était son nom de tertiaire — effrayée tout d'abord des difficultés de l'entreprise, et n'écoutant que la voix timide de la raison, se disait que t quatre pauvres filles sans fortune, sans instruction, âgées déjà — la plus jeune avait quarante-quatre ans ! — ne pourraient, sinon par un miracle, rien faire qui fut capable de procurer la gloire de Dieu et le salut du prochain. > Elle hésita donc quelque temps, ce que plus tard elle se reprochait ; puis sur l'avis de son directeur et les conseils du P. Louis, elle accepta.

La petite communauté s'installa d'abord, aussi pauvrement que possible, dans quelques chambres étroites de la rue du Voilier. En 1869, les Sœurs, pleines de confiance

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dans la divine Providence, achetèrent une d vaste rue Saint- Aignan, où elles se sont dél fixées.

Pendant ce laps de temps et les quelques ann virent, si elles eurent la consolation de voir li s'accroître, si elles purent sans relâche donner à leur charité et se dévouer jour et nuit au chc lades, que de privations elles eurent à endurer crifices à faire ! que de croix souvent bien U eurent à porter! Toutefois, malgré leurs i épreuves, malgré leur complet isolement, loin d r£^er, elles sentaient grandir de plus en pli cceurs l'amour de la vie religieuse. Une voix sans cesse que Notre-Seigneur exaucerait ei cher de leurs voeux.

Leur espoir ne fut point déçu. Peu après Angers de MgrFreppel, les Sœurs s'adressèn nent prélat pour obtenir l'-établissement régul communauté, la faveur de faire des vœux, d'a\ et des Constitutions. Sa Grandeur accueillit cet avec une bonté toute paternelle, mais elle ' ajourner sa décision, et ce ne fut qu'après de bien longues pour les Sœurs, qu'elle accé désirs.

Il y eut grande joie à l'humble maison de la Aignan, lorsque, le 8 décembre 1873, Mgr l'év gers autorisa, par mandement, la petite conj vivre en communauté sous la Règle du sérap saint François, dite de la Pénitence, et à prei de Petites Saurs de Saint- François. Le manc tait également approbation des Constitutions ai besoins de l'œuvre et du Directoire relatif au exercices religieux, aux emplois des Sœurs dt munauté et près des malades. M. le chanoine ] chiprêtre de la cathédrale, était nommé Supérj nouvelle congrégation. Le même jour, 8 déi Grandeur recevait dans l'humble chapelle de nauté la profession de douze Sœurs, entoun

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sept OU huit novices. Comment dépeindre là joie de toutes les Sœurs !

Depuis quelques années, deux autres maisons de Tertiaires, également gardes-malades, existaient à Cholet et Saumur ; elles avaient été fondées parle vénérable M. Hortode, curé de Saint-Pierre de Cholet. Considérant les avantages qui devaient résulter de la réunion en une seule congrégation, sous une direction unique, de ces maisons fondées dans le même but, et d'après le désir exprimé par toutes les Sœurs, Mgr Freppel déclara, par ordonnance du 8 mai 1874, les communautés de Cholet et de Saumur agrégées à celle d'Angers, avec les mêmes Règles et sous la direction de la même Supérieure. Le nombre des Petites Sœurs de Saint-François se trouva doublé : elles étaient trente.

T-r'année suivante, 15 juillet 1875, un décret du Gouvernement reconnaissait la congrégation ainsi établie (i).

Dès lors elle s'accrut et prospéra rapidement; elle a compté jusqu'à cent cinquante-six religieuses, parmi lesquelles plusieurs, mortes avant la fondatrice. Marie Baranger, en religion Sœur Angèle, mourut le 5 février 1887, à l'âge de soixante-dix-neuf ans, après quatorze ans de profession.

En 1878, M. Bodaire mourut. Ce fut une grande perte pour l'institut qu'il dirigeait avec beaucoup de sollicitude. Mgr Freppel lui donna pour successeur M. l'abbé Goupil, vicaire général, qui continua son œuvre avec le même zèle et le même dévouement (2).

La Révérende Mère Joséphine dépensa le reste de sa vie pour le soulagement des pauvres et le bien de ses chères filles en saint François. Elle fut surtout pour elles le modèle de toutes les vertus.

L'esprit de foi, qui fait tout voir à la lumière divine et donne à l'âme la pureté d'intention, paraît avoir été sa qualité dominante, c Nous ne croyons pas, disaient ses filles,

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