I. Pèlerinage de Notre-Dame-sous-Terre
Les Sœurs franciscaines de Sainte-Marie des Anges ont foadé à l'Évière un pensionnat pour subvenir aux besoins
Révérende Mère Marie de la Croix.
des orphelines. L'adoration perpétuelle du Saint Sacrement exposé dans leur chapelle et les missions étrangères complètent le but de leur institut, que Pie IX daigna honorer d'an bref d'éloge dès le 22 février 1875. Voici ce décret : « Charles-Emile Freppel, présentement évêque d'Angers, désirant pourvoir aux b«oins des jeunes orphelines,
filles de soldats morts pendant la cruelle guerre de 1870 entre la France et TAllemagne, rassembla un certain nombre de femmes pieuses auxquelles il confia Téducation chrétienne et civile de ces enfants. Ces pieuses femmes ayant parfaitement répondu au zèle pastoral de leur évêque, celui-ci les érigea en congrégation sous le titre de Sainte- Marie des Anges ^ du Tiers-Ordre de Saint-François d'As^ sise, et leur assigna pour demeure une ancienne maison religieuse, située près d'un sanctuaire dédié à la sainte Vierge et vulgairement appelé Notre-Dame-sous- Terre, Outre le soin qu'elles donnent à leur propre sanctification, les Sœurs s'appliquent à élever des jeunes filles, surtout les orphelines, dans la foi catholique et dans les ouvrages qui conviennent à leur sexe. Elles font d'ailleurs des vœux simples de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, et sont soumises à la direction d'une Supérieure générale. — Lors de son récent voyage à Rome, Mgr l'évéque d'Angers a instamment prié notre T. S. P. le pape Pie IX de daigner recommander la dite congrégation et de lui accorder des éloges ; en même temps, il a présenté un exemplaire des Constitutions qu'il a proposées comme Règles aux dites Sœurs. Dans Taudience accordée au secrétaire soussigné de la Sacrée Congrégation préposée aux affaires et consultations des évêques et réguliers, le 19 février 1875, Sa Sainteté, accueillant favorablement la prière de l'évéque d'Angers, a recommandé la congrégation susnommée, en lui donnant les plus grands éloges... « Donné à Rome, le 22 février 1875.
€ Card. BizzARRi, Préf. >
Dès l'année précédente, le nouvel institut' avait envoyé un essaim fonder le deuxième couvent à Saint-Etienne où les attendaient les mêmes tribulations, mais aussi la même prospérité. Depuis, se sont fondées encore les maisons de : Saint- Servan (i) (Ille-et- Vilaine), en 1877; Sion- Valais
I. Le couvent de Saint-Servan a été fondé, dans sa maison paternelle, par Mme veuve de Kersauson, née de Gouyon Matig-non de Beaufort, devenue Franciscaine après la mort de son mari et de son fils.
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site et du soin des malades à domicile. Les religieuses de chœur récitent Toffice divin et font la classe aux orphelines ou pensionnaires. Elles portent sur leur habit blanc une pèlerine et la corde de couleur rouge, et sur la poitrine une belle croix d'argent suspendue à une chaîne de même métal (i).
Quand elles sont en adoration devant le Saint Sacrement exposé, elles mettent un grand manteau rouge, en mémoire sans doute du manteau écarlate dont fut revêtu le divin Maître pendant sa douloureuse Passion, et aussi peut-être pour se rappeler que leur institut est né au milieu des ruines et du sang dont fut couverte la France pendant l'invasion prussienne, en 187 1.
Il était fixé dans les Constitutions du nouvel institut que les Sœurs, outre Tadoration du Saint Sacrement et le soin des orphelines et des malades, devaient se consacrer aux missions étrangères et à toutes les œuvres nécessaires en pays infidèle : écoles, dispensaires, hospices, orphelinats, etc., œuvres auxquelles elles avaient à s'appliquer par avance dans les monastères de France. Le moment de réaliser ce dernier but arriva enfin en 1889.
Le Saint-Siège venait d'établir la hiérarchie épiscopale dans les Indes orientales; les diocèses d'Agra, d'AUahabad et Lahore, tous trois réunis dans une même province ecclésiastique, étaient confiés aux PP. Capucins, ainsi que la nouvelle préfecture apostolique du Radjpoutana peuplée de plus de quatorze millions d'infidèles.
Mgr Freppel demanda à ces religieux de vouloir bien accepter les Franciscaines de Notre-Dame des Anges dans le Radjpoutana, Les Pères firent le meilleur accueil à une pareille proposition et préparèrent à Mhow, un local pour recevoir leurs Sœurs en saint François.
t. C'est le plus beau de tous les costumes portés par les Franciscaines de France.
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LES RELIGIEUSES FRANCI^f
Cqiendant la déltmitatioa du vicari en longueur et ce ne fut qu'en 1S92, mort de Mgr Freppel, que les relijriei
Le 12 septembre, sept religieuses < bord de l'Amasone, amarrée au poi dirigeaient vers leur nouvelle destina raie, debout sur le quai, leur avait adieu, tandis qu'elles entonnaient 1'^ demandaient à l'Étoile de la mer de I et des dangers.
Le voyage fut heureux. Au comi d'octobre, elles montaient dans le tra.
duire à Mhow, où elles arrivèrent le ;
Plusieurs Pères missionnaires et u habitants les attendaient à la gare. A stoppé qu'un tressaillement de joie cœurs à la vue de ces religieuses au et au visage rayonnant de bonheur. I lions échangées, les Sœurs montera dirigèrent vers l'église qui déjà les sa carillons. L'excellente musique du s< glo-indien jouait une marche pleine d entrèrent dans la chapelle, vraiment pureté et la beauté de son style et i pour la circonstance, de lauriers, de fi et de plantes de toute espèce. On ch; le Te Deum et la bénédiction du S donnée eu action de grâces de l'heure gieuses. Après cette cérémonie, le cle blée se rendirent à la grande salle di entendre la lecture d'une adresse etof aux auxiliaires des missionnaires. I présentés aux religieuses, qui s'attirer tous par leur bienveillante affabilité ensuite vers le couvent, en ce mo illuminé par des lanternes chinoises et avec des couronnes, des guirlandes diverses couleurs.
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La maison des Sœurs est une grande habitation qui servait précédemment au général commandant la division. C*estlà, dans ce beau pays de Mhow, au climat salubre, au site ravissant, que les religieuses de Sainte- Marie des Anges ont établi une école et leurs œuvres sont actuellement très prospères.
Une autre maison a été établie à Ajmere (Indes) , en iSçô,
L'institut compte actuellement neuf maisons et environ deux cents religieuses.
Voici quelles sont les œuvres établies dans chaque maison :
Angers : monastère généralice, noviciat, orphelinat, pensionnat, soin des malades, dispensaire pour les pauvres, adoration du Saint Sacrement le jour et la nuit.
Saint' Etienne : soin des malades pauvres, adoration.
Saint'Servan : pensionnat, soin des malades, dispensaire pour les pauvres, adoration.
Lyon .• soin des malades pauvres, adoration.
Hyères : maison pour les prêtres retirés ou malades, adoration; sanatorium pour les Sœurs missionnaires malades ou convalescentes.
Southampton (Angleterre) : maison pour les prêtres retirés ou malades.
Sion (Suisse) : pensionnat, soin des malades, adoration.
Mhow (Indes) : pensionnat, orphelinat, écoles, dispensaire, soin des malades, adoration.
Ajmere (Indes) : pensionnat, orphelinat, écoles, dispensaire, soin des malades.
Malgré les difficultés de Theure présente, la congrégation, loin de s'affaiblir, développe sans cesse ses œuvres. En face de la persécution fiscale, elle conserve l'attitude passive, confiante dans le secours de Dieu, qui n'abandonne jamais les siens.
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