‹ Les Religieuses FranciscainesChapitre 44 sur 105 · AT · texte numérisé non relu

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La miraculée revint à Angers, raconta au R. P. Pacifique saguérison et sa promesse, et lui demanda Tautorisation de porter ostensiblement l'habit du Tiers-Ordre de Saint- François. Le Père lui répondit : < Travaillez aux œuvres de miséricorde, mais avec votrie habit du monde, ce sera votre noviciat. Bientôt vous ne serez plus seule ; d'autres personnes se joindront à vous pour faire l'œuvre de Dieu. » Ce noviciat dura trois ans. Car ce fut seulement le 1 5 novembre 1875, qu'elle reçut à Rome, comme il a été dit plus haut, le saint habit franciscain.

Dès le principe, la fondation des nouvelles Franciscaines avait eu comme directeur et inspirateur un religieux ca* pucin ; aussi bien voulut-elle s'appuyer sur la famille du séraphique François, afin de se donner au ciel une famille de saints, et, sur la terre, cette sève monastique qui garantit les œuvres nouvelles en lui donnant une plus large part à la stabilité et à l'esprit évangélique des Ordres anciens.

La Mère Marie-Thérèse de la Croix resta à Rome jusqu'à la fin du mois de décembre de cette même année. Reçue en audience privée par Pie IX, elle lui parla de l'œuvre qu'elle voulait fonder, et qui devait avoir pour but « la réparation des outrages faits au Cœur de Jésus dans le sacrement de son amour, par l'adoration perpétuelle et toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles, en particulier le soin des malades et l'adoption des orphelins » .

Le Souverain Pontife bénit la fondatrice, les personnes qui se joindraient à elle et l'œuvre qu'elle désirait entreprendre.

Fortifiée par cette bénédiction du Vicaire de Jésus- Christ, la Sœur franciscaine revint en France. A son retour, quelques bonnes personnes vinrent se joindre à elle, et la nouvelle communauté s'établit à la Gaubretière, en Vendée, où les Sœurs restèrent environ dix-huit mois.

Là, elles s'adonnèrent à toutes les œuvres de charité, visitant les pauvres et les malades, ensevelissant les morts, consolant les affligés.

En 1877, nos Franciscaines quittèrent leur premier berceau et s'établirent à Nantes, à la rue des Orphelins, puis en 1878, à la rue Malherbes.

Révérende Mère Marie-Thérèse de LA Croix.

Elles trouvaient, dans cette ville, un champ plus vaste pour s'adonner à leurs œuvres de miséricorde.

Un autre motif du changement, c'était la nomination de Mgr Le Coq à l'évêché de Nantes. Il avait recueilli la petite famille à la Gaubretière, il la soutiendrait dans sa ville épiscopale. Enfin, la principale raison, était l'affilia-

tion des religieuses à TOrdre des Capucins; or, à Nantes, elles pourraient recevoir leur direction, et sous leur impulsion, acquérir Tesprit de saint François et son ardeur séraphique. Le Père Gardien dû couvent de Nantes s'empressa de s'occuper des Sœurs avec un grand dévouement.

Le Patriarche des pauvres a béni ses filles Oblates. Le nombre des sujets a considérablement augmenté (i), et aujourd'hui, le noviciat et la maison-mère sont définitivement établis dans un nouveau monastère, à Chantenaysur-Loire, près Nantes.

Il est dédié à Marie, patronne de tout l'Ordre séraphique, sous le vocable de Notre-Dame du Chêne, en souvenir de la guérison de la Mère fondatrice. Le site du couvent est admirable : à ses pieds, la Loire au cours majestueux ; à l'horizon, une ondulation de collines parsemées de clochers ; autour du monastère, des tilleuls et de superbes cèdres aux grands ombrages. C'est là^ dans la solitude et la paix, que viendront méditer les filles de saint François, avant d'aller porter au dehow la bonne odeur des vertus de leur séraphique Père.

Comme nous l'avons dit, le but de la congrégation des Franciscaines Oblates du Sacré-Cœur est la réparation des outrages faits à Notre-Seigneur ; aussi le Saint Sacrement est toujours exposé dans la chapelle de Chantenay.

Leurs diverses œuvres de charité sont : les orphelinats, où les enfants abandonnées sont recueillies ; les hôpitaux; le soin des malades pauvres et riches à domicile ; les congrégations d'Enfants de Marie ; le soin des dames pensionnaires et des personnes qui veulent faire des retraites particulières.

I. On compte actuellement 'environ deux cents Franciscaines Oblates du Sacré-Cœur.

244 LES RELIGIEUSES FRAKCISCAINES

On déjeune à 7 heures et demie, oa dîne à 1 1 heures et demie, et on soupe à 7 heures. La récréation de midi dure

1 I ir, à8 heureset demie, commence le grand

nd à la chapelle pour la prière et la lecaison ; à 9 heures, chaque religieuse rentre y prendre son repos, les paroles du Coutumier recommandant Din des malades : » Non contentes de se ice des malades en temps ordinaire, les i^'rançois, les Sœurs Oblates du Sacrémt à se distinguer par leur zèle en temps es trouvera partout où îl y aura da danger, iennes traditions, les Franciscaines d'aut ne pas craindre d'affronter les plus re- [. Jusqu'à présent leur dévouement ne rer, c'est là un héritage de notre séraphi- Frauçois, qui aimait tant à soigner les te Elisabeth, de saint Louis et d'un grand qui ont partagé la même sainte ardeur, partout où il y aura des malades, rassumrage et leur tranquillité ceux que la DU éloigne du chevet de leurs parents, par leur attitude, le courage à ceux qui peut-être les sauveront ainsi, car la peur rictimes.

:eront à bien mourir ceux que Dieu va Iles leur suggéreront des pensées chré- DOseront aux sacrements. D'ailleurs, elles ce moment pour être les apôtres de la lilleront toujours avec prudence au bien j malades. Elles enseveliront les corps Dnsoleront les familles affligées. Aucun ssus de leur zèle, aussi elles seront heuque la charité leur imposera de fatigues malades, sans aucune distinction, peurs soins, mais les pauvres, qui en ont le in, doivent être l'objet de leurs préfé-

tuelle, confrérie de Notre-Dame d'Espéisionnaires malades, opérations chinirgt-

■ttr-Dives (Calvados), Cette maison, foula demande de Mgr Le Coq et de M. le isse, est devenue la providence de celle pays environnants ; les Sœurs prodiguent isà l'indigence.

)s). Celte communauté, fondée en 1883, lombreuses et prospères : une clinique es maux d'yeux ; une pension à priï

malades ; dos Sœurs pour le soin des :ile ; six religieuses, sur la demande de

s'occupent uniquement des pauvres de

t démontre que les Sœurs iranciscaines la sympathie de la population, voire même icipal : € Séance du Conseil municipal de ; le maire donne lecture au Conseil d'une iupérieure des Dames Oblates du Sacréobtenir une concession de terrain, à titre n des cimetières de la ville : le Conseil, lération les services que rendent aux ma- ;s Dames Oblates, autorise M. le maire à ion à cette demande. »

Sèvres, /j 7 .■ soin des malades, pauvres cile ; dames pensionnaires. Cette maison iSy, sur les instances du R. P. Ubald, icins de Paris, unies à celles de MmeMa-

Sèvre (Deux -Sèvres). Depuis 1S90, les t du soin des malades pauvres.

irente-Inféricure). Cette maison a été à la prière du curé-doyen de l'endroit : les malades, dont les religieuses deviens intelligentes et attentives, faisant tout au besoin leurs chambres et leur cui^ne, IX, s'il le faut, deux et même trois mois

L'Œuvre des Franciscaines Oblales du Sacré-Cœur a sa place au milieu de lant d'autres si nécessaires au soulagement des innombrables misères que la civilisation raffinée de notre fin de siècle ne peut supprimer ni même soulager ; la religion chrétienne peut seule y pourvoir.

i: la chandelle de résine, fichée dans des morceaux de pom-

mes de terre trouées en guise de bougeoirs. i^C* Maltjré leur détresse, et au lieu de sons^er d'abord à se

l"' procurer le nécessaire, s'abandonnant à la Providence,

i elles parcouraient le bourg et la campagne, du matin au

soir, visitant les pauvres, soignant les malades, et jusqu'à des opileptiques qu'elles firent quelquefois emmener chez elles, pour les soustraire à des dangers continuels, s'expo- ■ saut à en devenir elles-mêmes les victimes. Lors d'une épi-

démie, une famille de fermiers fut atteinte dans tous ses membres de la fièvre typhoïde, à l'exception d'un enfant de quelques mois ; elles recueillirent le pauvre petit et exposèrent leur santé et leur vie tout le temps que dura le fléau, soignant les malades, faisant leur ouvrage, et allant même dans les champs parer leur grain. Mais elles furent victimes de leur charité; toutes les quatre durent payer leur tribut à la fièvre ; deux surtout la subirent dans toute sa rigueur, et ne se remirent qu'au bout de plusieurs mois, après avoir été aux portes du tombeau. Cela ne les empêcha pas d'ailleurs de recueillir peu de temps après un enfant de trois jours, dont le père et la mère avaient succombé à la contagion.

Il serait trop long d'énumérer ici tous les traits analogues qui se sont reproduits depuis. Les Sœurs de Saint-Philbert ont toujours continué et continuent encore à se dévouer au soulagement des malheureux et des souffrants de tout état et de toute condition, et n'ont jamais reculé devant le pansement des plaies les plus hideuses, ni des ulcères les plus dégoûtants.

La maison de Saint-Philbert, qui avait plus d'un trait de ressemblance avec la cabane de Rivo-Torto> habitée par les premiers disciples de saint François, eut d'abord bien de la peine à s'asseoir sur des bases solides, mais elle devait bientôt acquérir la fécondité et la prospérité que Dieu accorde toujours aux institutions religieuses qui prennent pour base la pauvreté évangélique. Les Sœurs ne tardèrent pas à voir de nouvelles compagnes s'adjoindre à elles et solliciter le bonheur de partager leur vie de dévouement

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