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SCEURS DE SAINT-FRANÇOIS, DITES DES RÉCOLLETS

Communauté hospitalière indépendante.

A Doué' Fontaine (Maine-et-Loire)»

Cette communauté a été fondée, en 1838, par Mlle Célestine Besson, d'une honorable famille de Doué, sous l'inspiration et la direction de M. Tabbé Charles-Joseph Guépin, curé de cette paroisse et frère du célèbre oculiste de Nantes.

C'est lui qui acheta l'ancien couvent des PP. Franciscains Récollets, bâti en 1 621, et d'où ils avaient été chassés par la Révolution de 1793. La Mère Célestine en prit possession avec quatre jeunes personnes et y ouvrit une école et un asile pour les infirmes.

M. Guépin qui s'était retiré à la maison des Récollets, depuis sa retraite, y mourut en odeur de sainteté en 1844, et son corps fut inhumé dans l'enclos de la communauté. Mais par suite de dispositions imprévues, le couvent devint la propriété de la famille du défunt, et la Mère fondatrice, femme decaractère et d'énergie, dut le racheter après mille difficultés, alors qu'il ne restait 'plus en caisse que la somme de 6 francs au moment du décès du Père ! Abandonnée de la plus grande partie de ses premières compagnes, elle ne se découragea pas, mais allant tendre la main, de porte en porte, elle recueillit assez de fonds pour réussir dans son projet. Sous son habile direction, la maison redevint prospère. En 1854, elle acheta au centre de la ville

au loin sur de riches campagnes : le panorama est magnifique.

Tout près du village se trouve le monastère des Franciscaines de rimmaculée-Conception, dont la fondation remonte à Tannée 1836, et qui est actuellement très florissant, et surtout très régulier et très austère. Les constructions respirent la plus grande simplicité. Elles furent complètement réparées en 1879, à la suite d'un orage chargé de grêlons énormes qui avaient littéralement broyé le couvent.

Les religieuses ont eu pour fondateur M. Tabbé Fouché, prêtre du diocèse du Mans, et pour fondatrice Mme la marquise de Perrochel. Elles sont habillées de bure èrum comme les Clarisses, mais portent des chaussures; elles sont cloîtrées et récitent en chœur le grand office ; elles s'occupent de Téducation des enfants. Elles ont été approuvées en 1869 et autorisées par le Gouvernement en 1868.

Toute une phalange d'orphelines sont élevées au monastère par ces ferventes religieuses qui sont au nombre d'environ quarante (i)*

De plus, depuis 1850, un pensionnat a été adjoint à l'orphelinat. Le t)ut des Franciscaines est de former des jeunes filles utiles à la famille et à la société, des chrétiennes modestes, sérieuses, douées des vertus solides et des talents pratiques qui font le charme de la vie intime. Elles s'appliquent à faire contracter de bonne heure aux enfants, des habitudes de simplicité, de travail et d'ordre, et s'efforcent de ne rien laisser désirer à la sage sollicitude des parents. Le prix de la pension est de 350 francs par an.

I . Signalons ici la fondation dVne petite communauté de Sœurs tertiaires à Boisguillaunte, près Rouen, où elles dirigent un petit orphelinat placé sous le vocable de Notre-Dame de Lourdes. Elles ont aussi fondé une petite succursale à Paris. La fondatrice a été guérie miraculeusement à Notre-Dame de Lourdes.

Donnons encore ici un pieux souvenir à Mlle Aimée Royer, tertiaire franciscaine, morte en 1894 à Brest où elle avait fondé Tasile des Petites filles de Marie. Elle avait obtenu en 1865 le premier prix Montyon. A sa mort, son œuvre a été dissoute.

Ordonné prêtre par le cardinal de Bonald, le 6 juin 1846, il fut nommé vicaire d'abord à Saint-Didier, où il ne fit guère que passer, puis à Saint-Laurent -d'Agny, où il resta près de neuf ans. Sa bonté, sa piété, son dévouement sans bornes lui eurent bientôt conquis Testime et la confiance de toute la population et surtout des jeunes gens dont il s'occupait tout particulièrement.

Bientôt une laryngite et une fatigue d'yeux l'obligèrent à quitter le ministère ; il se retira pendant trois ans dans la famille Jordan de Chassagny, demandant à Dieu de lui faire connaître sa volonté. Cette grâce ne lui fut pas refusée. Peu à peu, il comprit où tendait l'attrait qu'il avait ressenti, dès sa première communion, envers les déshérités de la terre. Il éprouvait toujours une grande émotion en considérant la triste condition de tant de pauvres enfants abandonnés, victimes de toutes les misères de l'âme et du corps ; il les voyait lui tendant les bras et lui demandant un père, une mère... Son parti était pris : ne pouvant exercer le ministère ordinaire, il se consacrerait aux œuvres de charité, il se dévouerait au soulagement et à l'éducation des pauvres orphelins. La Providence l'y avait préparé par la souffrance et les épreuves ; elle lui offrait maintenant l'occasion de commencer.

Une pieuse fille avait entendu la même voix au fond de son cœur et, depuis quelque temps déjà, elle avait ouvert, avec l'aide de plusieurs compagnes, un asile de jeunes orphelines. L'abbé Griffon prit la direction de l'œuvre qui s'installa définitivement à Saint- Sor lin ^ près Lyon.

Les débuts furent modestes et laborieux, mais le cœur était si rempli d'ardeur et de charité qu'il ne comptait pas avec les sacrifices. Bientôt un homme de foi, M. Alfred de la Bâtie, guéri comme par miracle, offrit ses services pécuniaires pour la création d'une grande œuvre d'orphelinats agricoles.

On consulta sur ce projet le vénérable curé d'Ars, qui répondit : « Vous plantez une racine qui portera des fruits. >

En conséquence, on acheta, aux portes de Bourg-en-

Bresse, une propriété dont les vastes bâtira rains assez considérables permettaient d'insl tement un orphelinat agricole etd'yappliqut enfants à tous les travaux de la grande et d ture. C'était l'ancienne Chartreuse de Se% l'époque de la Révolution, mais dont l'hôte conservée avec deux clos assez vastes, et ce ferme d'une contenance de 40 hectares envin vait mieux choisir.

Au mois d'octobre 1859, M. GriÉfoo, au archevêque, vint se fixer à Seillon pour y lallation d'un orphelinat. Hélas ! tout étaî bien difficile à ceux qui visitent aujourd'ht ment de se figurer l'état de délabrement, d malpropreté dans lequel était la maison, il Mais le nouveau directeur entendait la voi: ments ^des malheureux enfants que le boa amener, et comme une mère qui prépare un comptait ni ses veilles, ni ses peines, ni Aussi, dès le 1" mars 1860, la providence ( de SeilioD pouvait- elle ouvrir ses portes et i phelins, bientôt au nombre de quarante.

Cette première fondation était à peine ti en établit successivement d'autres, à Vern^ à Vilietie, à Marsonnas et à Beauponi.

Par un prodige d'activité et de dévoueme père des orphelins suffisait à tant de travauj servant son air de paix et de calme inaltéra dant, le travail matériel, la fatigue physiqu la moindre partie de sa peine. Les préoccu causaient les difficultés du présent et l'incer uir étaient autrement accablantes. Aussi épi soin, comme ceux qui veulent fonder que durable dans l'Église, d'aller chercher lui auprès du Vicaire de Jésus-Christ. Au mois le P. Griffon partir, pour Rome.

La visite des principaux sanctuaires di nelle et la prière aux tombeaux des saints

nédiction de Pic IX et le décret d* éloge qu'il en obtint pour son œuvre remplirent de joie le cœur du pieux pèlerin : il revint en France animé d'un nouveau courage et d'une confiance sans bornes. Il allait en avoir besoin.

Pendant son voyage de Rome, le directeur des orphelinats agricoles avait mûri l'idée première de cette œuvre, et de plus en plus il se sentait pressé de s'y attacher exclusivement. Cette idée se résume ainsi : t Recueillir les jeunes orphelins abandonnés ou privés de parents ; les élever dans des établissements ruraux où ils recevront une éducation chrétienne, et où ils seront exclusivement appliqués aux travaux de l'agriculture ; les placer ensuite à la campagne, non pas de suite après leur première communion, à Tâge où ils ne sont encore ni assez instruits, ni assez formés pour résister à l'influence délétère du milieu où ils seront envoyés, mais les garder jusqu'à dix-huit ou vingt ans, afin qu'ils puissent donner à la société des travailleurs et des chrétiens fidèles. »

Or, à Saint-Sorlin, on s'occupait surtout des jeunes orphelines, et on ne les gardait que jusqu'à Tâge de douze ans. Le P. Griffon, voulant conserver le cachet de son œuvre, donna sa démission de directeur de Saint-Sorlin et des maisons qui en dépendaient immédiatement, et se réserva uniquement l'établissement de Seillon, pour s'y consacrer librement à la réalisation du programme qu'il s'était tracé (1865). Dieu, sans doute, permettait cette séparation, afin qu'on eut deux œuvres au lieu d'une. En 1867 s'ouvrait le noviciat de la nouvelle congrégation, qui prenait le titre de Sœurs franciscaines Servantes de Jésus,

Dieu vint en aide au zélé fondateur, soit en lui envoyant des sujets de choix pour jeter les bases de la communauté, soit en lui donnant, par Mgr de Langalerie, les plus sages conseils et les plus puissants encouragements. Il y ajouta même quelques-unes de ces grâces insignes, de ces faveurs spirituelles qui paient en un moment des années de pénibles sacrifices, et remplissent l'âme d'une nouvelle ardeur pour en accomplir d'autres plus grands encore.

Aussi l'œuvre grandissait, et la maison de Seillon pre-

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nait chaqne jour les allures d'un établissement modèle. En même temps que les coastructions se complétaient, des auxiliaires intelligents et dévoués venaient se ranger autour du directeur ; les vocations religieuses se multipliaient ;

Le bon P. Griffon.

les orphelins surtout affluaient en grand nombre, d'autant plus que le charitable Père ne savait pas refuser. C'était merveille de voir comme on était joyeux dans cet asile de la charité, comme les petits orphelins avaient la figure épanouie et l'air bien portant, et comme leurs mères adoptives remplissaient allègrement leur pénible devoir.

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Plusieurs demandes de fondation leur furent adressées, et bientôt elles se trouvèrent en état de répondre à ces appels.

L'orphelinat de Crabïtey, près Bordeaux, fut établi en 1878, de Lacépède d'Agen, en 1878, d'-^z'^rw^j-, près Moulins, et de Teya, près Barcelone (Espagne), en 1886. Cette dernière fondation, pour laquelle des terrains considérables furent cédés ou achetés, offre de grands avantages à la société, car les ressources matérielles permettent d*y élever de nombreux orphelins, et les religieuses populations de ces contrées fournissent à la communauté d'excellentes vocations.

Cependant, ce qui fait la vie d'une œuvre, ce qui assure son avenir et la conservation de son esprit et de sa ferveur, c'est une bonne Règle, rédigée après une expérience suffisante, et consacrée par l'approbation d'une autorité légitime. Or, à Seillon, il n'y avait pas encore de Règle écrite. L'exemple du Père, le respect qu'on avait pour ses moindres désirs en tenait lieu, et lui présent, nul ne sentait le besoin d'en avoir une autre. Lui-même ne semblait pas pressé d'en donner une, et, suivant sa grande maxime, il attendait l'heure du bon Dieu. Au commencement de Tannée 1889, il jugea que ce moment était arrivé.

La Providence venait d'envoyer à son œuvre, dans la personne de Mgr Luçon, évêque de Belley, un protecteur aussi bienveillant que sage et expérimenté ; il fallait se hâter de profiter de cette grâce, et il se mit à l'ouvrage. Du reste, depuis longtemps déjà, il avait étudié la question avec son jeune et intelligent collaborateur, confident intime de sa pensée et son bras droit dans les fondations des dernières années. Les Constitutions des Servantes de Jésus, du Tiers-Ordre régulier de Saint-François, furent bientôt rédigées, puis soumises à l'examen et à la revision de plusieurs religieux ou théologiens, et enfin approuvées par Mgr l'évêque de Belley, le 3 septembre 1889.

Suivant la promesse du vénérable curé d*Ars, la racine plantée a poussé peu à peu, Tarbre a porté des fruits. La famille religieuse, formée à Técole du sacrifice et du dévouement, a crû en nombre et en dévouement. Les Sœurs sont au nombre de deux cents.

Elles portent un vêtement noir avec cordon blanc et guimpe blanche.

La congrégation possède actuellement onze maisons :

Seilloni par Bourg (Ain), i6o orphelins ;

Crabitey^ à Portets (Gironde), 80 orphelins ;

Lacépède^ à Colayrac (Lot-et-Garonne), 50 orphelins ;

AvermeSy par Moulins (Allier), 70 orphelins ;

Meix'Tiercelin^ par Sompuis (Marne), 45 orphelins;

SédièreSi par Clergoux (Corrèze), 60 orphelins;

Au Fleix (Dordogne), 60 orphelins ;

Au Fraysscy à Vergt (Dordogne) , 40 orphelins ;

Teyay près Barcelone (Espagne), 60 orphelins ;

Saint'Jeah'de^Niost (Ain), 30 orphelines;

Paris y rue Grange-Batelière, 16.

La congrégation des Franciscaines de Seillon élève donc plus de 650 orphelins.

Comme les novices sont en ce moment très nombreuses, le R. P. Rampon espère fonder bientôt deux ou trois établissements nouveaux.

N^ 26 bis.

Nommons ici Torphelinat Saint-Louis de Saint-Jean éfe Basiilacy au diocèse d'Auch, dirigé par des Sœurs franciscaines. La communauté est actuellement indépendante et sans prospérité...

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