La Colonie germanique de Bordeaux, p
3. Montesquieu, Voyages, II (1896), p. 170, édités par la Société des Bibliophiles de Guienne. — Montesquieu fait une autre remarque qui, malgré sa forme générale, paraît bien ne s'appliquer qu'aux pays germaniques : « La politique de Rome est à présent admirable : c'est de débaucher les cadets des maisons protestantes, et si elle s'en étoit avisée plus tôt, le parti protestant seroit bient bas» {Jbid., I (1896), p. 206).
Que deriirrc le «nouveau ('aLholi(|ue » le protestant, ])ersévérait l)i(;ji souveni, ik'u de gens S(^ faisaient illusion à cet égai'd. Dès 1{>93, à ])i()|)os d'un certain Couialet récemment décédé, l'intendant de la (Généralité écrivait au Contrôleur général : « 11 était nouveau converti, ayant aussi peu les sentiments de catholique (ju'ont les négociants de cette ville (de Bordeaux) ([ui se sont convertis.»^ L'aveu est instructif par l'extension qui lui est donnée.
On ne saurait apprécier l'importance que prit aux yeux de la communauté renaissante l'établissement d'un cimetière à elle^ si l'on ignore que les Réformés -hollandais de la colonie de Bordeaux avaient, les premiers, réussi à obtenir un champ de repos en propre, situé rue Pomme-d'Or aux Chartrons (1752) ^, — puis les Luthériens allemands et Scandinaves le leur, non loin du précédent, le long «du chemin du roi» (1769). Mais Hollandais, Allemands, Scandinaves avaient une existence légale. Les Protestants français n'en avaient plus. D'où la difficulté qu'ils eurent à faire prévaloir leurs réclamations, qui commencées en 1762 n'aboutirent qu'en 1779 par la concession d'un cimetière à l'autre extrémité de Bordeaux, au delà de la porte d'Aquitaine, dans le faubourg du Sablonat. Un règlement en 12 articles lui fut aussitôt donné par le Consistoire*.
Des registres provenant de ce Cimetière, il résulte qu'on y enterra 686 protestants, du 14 septembre 1779 jusqu'à la fm
1. Lettre du 21 juillet 1693, citée par le BuH. Soc. hist. prol. franc., 1903, p. 407; cf. ibid, 1895, p. 525.