Yoy. ci-dessus p. 96-97, et ci-dessous nos Additions
3. C'est à tort que, dans notre notice sur le cimetière du Sablonat (dit de la rue Laville ou encore de la rue Lafontaine), nous avons cru pouvoir affirmer que le cimetière de la rue Pomme-d'Or avait été commun à tous les protestants de Bordeaux.
4. Pour plus de détails et pour les preuves, voir la notice que nous avons consacrée à ce cimetière dans la Revue historique de Bordeaux, 1916, p. 80 et ss. — Dans ses Notes générales manuscrites, conservées aux Arch. munie, de Bordeaux, l'archiviste Gaullieur cite {verbo Cimetière) une lettre adressée par les jurats à M. Buhan, procureur syndic, en juillet 1783 (? date suspecte), de laquelle résulte que, pour répondre aux plaintes qui se sont élevées concernant l'inhumation des protestants sur les terrains de l'archevêché, on se décide à leur attribuer un terrain en propre, tout au voisinage du Palais-Gallien. Cette indication est intéressante, mais la date donnée par Gaullieur est certainement erronée. Il faut sans doute corriger 1783 par 1773 ou peutêtre 1763, en admettant qu'il ne fiU pas donné >\n\v à ce premier piojct.
de 1802, et qu'on y dépensa, de juillet 1782 à mai 1790, 309 livres, couvertes par des recettes normales qui laissèrent un excédent de 216 livres.
Malgré l'existence de ce cimetière confessionnel, les Jurats continuèrent de faire enfouir dans les fossés et les marais de la ville nombre de protestants. C'étaient sojt des matelots étrangers, soit des passants inconnus, soit de très pauvres gens qu'aucun coreligionnaire, aucun parent, aucun ami ne réclamait directement. Le cas se présenta bien deux cents fois de la fin de 1779 au milieu de 1791, comme il ressort des Registres G. G. 812 et 815 des Archives municipales. La misère sociale de ce temps apparaît à la lumière de ces simples faits.
Sur le fonctionnement de la Maison de charité, ouverte seule- >ment aux malades curables et aux vieillards, sur l'étendue des 5. services qu'elle a pu rendre, le Registre consistorial n'apprend pas grand'chose. Ce modeste établissement, à la fois hôpital et hospice, était situé au « courroir Beaujau » et contigu à la Maison d'oraison^. Fondé une douzaine d'années auparavant 2, il reçut en avril 1781 un règlement en forme^ qui est pour nous sa date de naissance ^. Son importance proportionnée aux besoins résulte exactement des registres de son administration. Il comptait cinq + quatre grands lits, pour lesquels on disposait de vingt-six paires de draps.
Du 13 février 1781 au 3 floréal 1794, il abrita 410 pensionnaires, parmi lesquels 110 étrangers, soit une quarantaine d'Allemands,
1. Dans un registre de sépultures de 1792, il est dit que la Maison de charité des protestants se trouve rue Notre-Dame, n° 100. Auparavant elle était au courroir de Beaujau et primitivement dans la maison du sieur Menyard, située nous ne savons où.
2. La première mention que l'on en trouve au Registre consistorial, est du 28 mars 1776; la seconde du 5 août 1779. Il en est parlé comme d'u-n établissement existant depuis quelque temps déjà, probablement depuis 1768, car à cette dernière date, il est question d'un traitement fixe de 50 écus par an, servi par le Consistoire au sieur Massy, chirurgien protestant, qui « s'est engagé à visitter et donner ses soins aux {)auvres, malades et infirmes de cette église». Cf. ibid., 11 novembre 1773. — Le sieur Massy fut remplacé par le sieur Carrié en avril 1781. Cf. ibid., 2 août et 6 septembre 1781. A cette dernière date il est aussi question d'un médecin nommé Fitz Gibon.
3. Cf. le Registre consistorial, 11 janvier 1781. — Ce rèttJenient en 37 articles sera publié dans les Arch. hisi. de la Gironde, LIU.
d'Anglais, dn Scandinaves, d'Américains, aiixcjiicls il faiil ajoulcr soixant(^-d()uzc Suisses se disaid ]>res(|ue Ions j>àlisslers ou <j:aic()ns pîUissiers ^
Le (-onsistoii-e accoi'dait chacjue année nne subvention dv, 500 livres-; le surj)lus nécessaire était iouini ])ar' des collectes (|ui,d(; levriei- 17cSl à j^jillet 1787, produisirent 23.100 livres. J^itre les mêmes dates, les dépenses atteignirent 26.928 livn^s, c(; ((ui révèhî un léger déficit. A partir de 1787 les comptes deviennent quehjue peu confus; les totaux de fm d'exercice ne se font plus. Il y a présomption que l'administration de la Maison de charité (;st passée en des mains moins expertes.
On n'y était admis que sur présentation d'un méreau délivré par un Ancien du consistoire et sur lequel la maison était sbmmairement figurée avec cette devise que nous avons déjà citée : Ilospilales invicem sine murmuraiione {\ Pierre, iv, 10). Deux dames de charité, une gouvernante, une dépensière, un chirurgien y étaient attachés 3; von Hemert fut longtemps chargé de la vérification des comptes.
Comme au xvii^ siècle le Consistoire avait son médecin et son pharmacien qui soignaient et médicamentaient les indigents à domicile; ils recevaient de ce fait des indemnités proportionnelles.
Quant à l'école gratuite pour les abécédaires pauvres, nous ne pouvons que certifier le projet qu'on eut de l'établir en 1782*. Il est possible qu'il n'ait pas été poussé jusqu'au bout, par la crainte de tomber sous le coup des édits royaux qui interdisaient toute fondation de ce genre ^. En ce cas le Consistoire aurait laissé à l'initiative privée le soin de pourvoir à l'instruction élémentaire des jeunes enfants protestants. Quatre ou cinq mentions du Registre consisiorial postérieures à 1764^ le laissent deviner. Mais, l'école