oy. le Lévitiqiie, les Nombres, le Duléronnme
épaves du grand naufrage où, depuis 1685, avaient sombré les églises de la Réforme française, encore fallait-il qu'il y eût des protestants riches'pour en fournir les moyens matériels ^ La persécution même en avait multiplié le nombre. Ecartés des fonctions publiques et de la plupart des fonctions libérales, beaucoup de victimes de la Révocation avaient reporté dans la navigation marchande, le négoce et l'industrie, les qualités de travail, d'ordre, de sérieux et de probité qu'ils avaient héritées de leurs ancêtres, et peu à peu plusieurs d'entre eux venus des provinces voisines y avaient trouvé profit et honneur.
Surent-ils vraiment comprendre que, à côté des jouissances matérielles, la fortune procure des jouissances morales non moins réelles ? On peut l'admettre en quelque mesure quand on remarque avec quelle fidélité et quelle libéralité, ils ont obéi aux préceptes du Maître en matière de charité, sous la forme où elle était alors comprise^. Leurs œuvres découlaient de leur foi, sans qu'ils y vissent un moyen de salut, comme dans la conception du moyenâge. Elles allèrent s'amoindrissant^ quand il n'y eut plus, pour les entretenir, que les suggestions occasionnelles de la philanthropie*. Le discours tenu en 1796 par l'un des membres du Consistoire à ses coreligionnaires, qu'il n'appelle plus que ses concitoyens, est instructif à cet égard ^.
A un autre point de vue, ces bourgeois enrichis par le commerce, ces nobles devenus aisés par la mise en valeur de leurs domaines, représentaient une force sociale et financière qui avait trop souvent manqué dans le passé. Fortune et considération sociale^ s'ajoutant maintenant aux énergies spirituelles venues des ancêtres, contribuèrent grandement à la réorganisation de l'église
1. En décembre 176G il place 2.000 1. à intérêt; en mars 1776, 3.000 1. — En juin 1784 une souscription est ouverte poin- l'achat d'une « maison de prières » aux Char trons; elle produit au bout de deux mois 43.000 1.
2. Nous reviendrons sur cette question, d'une manière plus directe, vers le milieu du chap. VIII.
3. Il semble bien que le contenu de la caisse commune provint surtout de dons manuels et de collectes à domicile. Le Registre consistorial ne signale que deux grosses donations en faveur des pauvres: Tune en février 1775 (3.000 1.); l'autre en mars 1779 (1.002 1.).
4. En I7G2 et années suivantes, en un temps où sans doute la caisse de secours était insulTisamment garnie, le Consistoire autorisa des collectes extraordinaires en vue de subvenir à des infortunes déterminées.