Cf. lt>, Registre consislorial 2 fôvrior
2. Registre consistorial, 4 juillet 1776; cf. février 177G. — Le registre ne reproduit pas le iioni de ces dames Sont-ce les intMnes que celles que nous avons vues précédeni-
De juin 1782 à février 1785 ces collectes produisirent 30001.;; de février 1785 à janvier 1791, 21.752 1. ^, ce qui donne un total de près de 25.000 1. pour une période d'environ neuf ans.
En rapprochant les chiffres fournis par le trésorier de l'église à cinq reprises différentes, nous apprenons que : en mars 1784l'encaisse en fin d'exercice est de 19.238 1:; en septembre 178 de 26.622 1. en billets, plus 542 1. en espèces.
Ce sont là, ce semble, d'assez beaux chiffres qui devaient suffire' à soulager bien des misères et permettre beaucoup de largesses ^.j
Ces Protestants des règnes de Louis XV et Louis XVI nous ont" donné, en somme, le spectacle de ce que peut la charité lorsqu'elle"^ procède non seulement du cœur de l'homme, mais du précepte de l'Évangile, lorsqu'elle se préoccupe non seulement du soulage- Tp ment des corps, mais aussi de celui des âmes, et lorsque enfin elle y, s'organise pour décupler ses forces et mieux atteindre ses buts. *>'
Aux yeux de l'historien psychologue, qui s'efforce de saisir les ; âmesà travers les textes et d'en interpréter loyalement toutes • les aspirations, l'esprit chrétien a véritablement dominé et inspiré j cette église de Bordeaux, courbée sous la croix que lui imposait une législation hostile et redoutable. Foncièrement dissidente par rapport au romanisme, elle nous apparaît en même temps comme sincèrement fidèle aux inspirations et aux doctrines de l'Evangile. Et par là, ses membres méritent à bon droit le nom de Protestants, en son sens positif aussi bien que négatif. A la fois dociles et obstinés, ils révèlent leur christianisme non par les manifestations charlatanesques quf prévalaient ailleurs, mais par des fruits de foi, d'humilité, de repentir, de moralité, de charité envers leurs frères, d'amour envers Dieu, conditions indispensa- --
ment associées au loncLionnemenl de la Maison de cliarilé ? En tout cas nous avons ^-, là le point de départ de l'activité féminine dans les cadres de l'église réformée de Bor- ^ deaux, activité admise dès le xvii*^ siècle, — plus anciennement encore ailleurs si l'on songe aux Sœurs de St'dan qui, dè< 1573, « préj)arent viandes aux malades » de leur église, et aux Dames de La Rochelle et de Pari-, au siècle suivant.
1. Le produit des collectes et leur emploi sont inscrits au rebours de deux cahiers relatifs au cimetière de la rue Laville.
2. Il serait intéressant pour nous de savoir au ju>tf quelles oi>inions prévalaient encore sur le compte des Protestants dans les sacristies et les couvents de Bordeaux à la veille de la Révolution, et jusqu'à quel point les inepties, les méchancetés, les calonmies qui avaient coiu's autrefois, étaient encore acceptées. Mais aucun document ne répond à cette curiosité.
bics do toute religion vivante. Ils ont ainsi préparé, par une lente incubation (fue la F^évolution n'interrompra qu'un instant, le réveil religieux du xix^ siècle. Si leur histoire n'a point à son actif une seule apparition du Sacré-Cœur ou de l'Immaculée Conception, ell(^ olîre, par contre, le miracles bi(;n autrement évident et fécond de croyants qui, par leur confiance au Christ des Evangiles adoré en esprit et en vérité, ont relevé en moins de dix ans, au milieu de difficultés extrêmes, leur église et leurs œuvres, des ruines matérielles et morales sous lesquelles on croyait les avoir ensevelies à jamais; église d'âmes qui avaient la science d'une autre vie, encore plus qu'église de pierres dont les jours sont comptés.