Voy. plus loin, chap. VII
On peut croire a priori que l'épiscopat ne resta pas inactif au milieu d'événements qui le comblaient d'une joie secrète, en laissant au pouvoir royal tout l'odieux des mesures d'exécution. Mgr. d'Anglure de Bourlemont, nous dit un de ses biographes, « donna des soins tout particuliers aux « nouvelles converties » à la foi catholique, ainsi que le constatent d'ailleurs le mandement du 11 octobre 1685 et celui du 6 mars 1686, où il veut que des instructions familières leur soient faites pendant le carême afm de leur apprendre « les dispositions nécessaires à la réception de l'eucharistie pour la communion pascale^». Mgr. Bazin de Bezons fut peut-être moins zélé, mais un de ses subordonnés rédigea en 1715 un écrit « pour l'entière conversion des nouveaux convertis de France », écrit dans lequel il accuse ces nouveaux convertis de faire, dans le fond de leur cœur cause commune avec les ennemis de la patrie et conseille d'user contre eux de toutes les sévérités de la loi ^.
Bien qu'il y eut eu quelques tentatives pour ramener par les voies de la douceur et de la persuasion ceux qu'on appelait parfois les « frères séparés «, elles furent trop rares pour être considérées comme la règle commune du Clergé catholique, pas assez rares toutefois pour que nous ayon's le droit de les passer sous silence. Elles se produisirent sous la forme d'ouvrages appropriés aux besoins du moment, et dont les titres sont souvent tout ce qu'il en reste.
Le premier en date fut inspiré par la plantation d'une croix tout au voisinage du temple de Bègles démoli^. Il s'intitula : Les honneurs de la sainte Croix justifiez par l'Ecriture et par tes Pères, avec divers éctaircissemens sur d'autres points de controverse
1. Fisquet, La France pontificale, province de Bordeaux, au nom du prélat.
2. Mémoire adressé par un curé de la province de Bordeaux au Ministre secrétaire d'Etal de Louis XIV..., 1715. Il a été publié pour la première fois en 1859 dans le Bull, hist. du proîcst. franc., t. VII, p. 416.