‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 122 sur 166 · SUIVI · texte numérisé non relu

SUIVI

d'une nouvelle dispersion de l'Eglise

Attitude des protestants de Bordeaux vis-à-vis de la Révolution naissante. — Quelques raisons de cette attitude. — Synodes provinciaux de 178'.) et 1791. — Divers projets éclos en 1789, — entre autres celui de construire un grand temple aux Chartrons. — Déconvenues multiples qui obligent à renoncer à ces projets, contraignant le pasteur Silva Blachon à émigrer (mars 1793) et l'église à se disperser (décembre 1793). — Le temporel de l'église pendant les années 1789-94.

Les pasteurs : la candidature de Jean Bon Saint-André en 1790. — Silva Blachon exerce son ministère jusqu'en mars 1792 ; — Jacques Barre le remplace jusqu'en juillet 1794, au milieu de grandes difficultés personnelles. — ■ Première retraite d'Olivier-Desmont, septembre 1794. — Lettres diverses émanant de ces pasteurs, tous quatre originaires du Languedoc.

Histoire externe de la communauté protestante de Bordeaux pendant la Révolution. — Membres notables : Pierre Sers, Pierre-Paul Nairac, Jarlac de Lisleferme, Laifon de Ladébat, Pierre Thomas, Germain Encontre. — De quelques uns qui furent cités devant le tribunal révolutionnaire de la Gironde en 1794.

Nous entrons maintenant dans une nouvelle période, dite révolutionnaire, qui s'étend de février 1789 à mars 1802, restituant aux Protestants le droit à l'existence légale qu'ils avaient obtenu

dès le règne de Charles IX ^ ForL courte, peu chargée d'événements, assez pauvre de documents, elle nous mène de la période des sévices, inaugurée par la révocation de Téditde Nantes, à la période de l'union avec l'Etat, qu'introduira la loi de germinal an X. D'une durée de treize années seulement, elle a pour fond historique général la troisième section de notre Introduction. Il n'est point exagéré de dire qu'avec elle commence pour un avenir encore lointain un nouvel ordre de choses dans le monde occidental; novus reriun nascitur ordo.

Confiants dans les heureuses prémisses qu'apportait l'année 1789 les Religionnaires de Bordeaux saluèrent avec joie, si même ce ne fut pas avec enthousiasme, après tant d'années de compression et d'humiliation, l'aurore de la Révolution 2. Nombreux et empressés, on peut le croire, ils firent acte de citoyens pour la première fois depuis un siècle, dans les assemblées et les corporations appelées à préparer les cahiers de doléances^. En mars 1789, une dizaine d'entre eux siègent dans la commission des XG électeurs qui, au mois de juillet suivant, prendront enmains le pouvoir municipal*. S'ils y furent influents autant que le croit M. Camille Jullian 5, c'est ce que nous ne saurions décider, à moins que cette

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