‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 123 sur 166 · Paix de Saint-Germain · texte numérisé non relu

Paix de Saint-Germain

2. Les archives du Consistoire de Nîmes possèdent (liasse n» 16) une lettre de Gachon à Olivier-Desmont, relative aux élections aux Etats généraux. Nous n'avons pu en avoir communication.

3. Un érudit bordelais, feu Ernest Labadie, s'étonne dans son ouvrage sur La Presse bordelaise pend, la RévoL, (1910, p. 57 et 137) de ce que les riches protestants de Bordeaux aient fait acte d'adhésion aux idées nouvelles et fourni plus tard si peu de victimes à la Terreur. — Il y a dans cette double rémarque une incompréhension si évidente de l'histoire et une méconnaissance si complète des principes de la Réforme que nous ne croyons pas nécessaire de relever autrement les opinions particulières de M. Labadie.

4. On trouvera aux Arch. dép. de la Gir. et aux Arch. munie, de Bordeaux la liste imprimée de ces xc électeurs. Cf. O'Heilly, Hisî. de Bordeaux, v, p. 517. Voici les noms de ceux que nous tenons pour protestants, en nous aidant de l'ouvrage de Meller, Famille protesl. de Bx. au. la RéuoliiL : Louis Alphonse, apotliicaire, rue delà Devise Saint-Pierre; Jacques Duthil, ferblantier aux Ghartrons; Jacques Fabre, raffineur, rue des Bouviers; Thomas Chicard, arrimeur, rue Barreyre; J.B. Laffargue, marchand de toile, rue Royale; Jean Laffargue aîné, commissionnaire de grains, rue des Portanets; Elisée Nairac, négociant, rue Saint-Dominique; J.J. F^abaud, ralïïneur, fossés de Bourgogne; Pierre Sers, négociant, rue Richelieu; Tarteyron, négociant, rue Neuve; Joachim-Martin Dufour, marchand de fer, rue de La Roussclle.

5. C'est aussi' l'avis de M. Michel Lhéritier qui désigne Pierre et Paul Nairac comme les « chefs du parti protestant » dès décembre 1788. {Les débuis de la

influence ne se soit concentrée sur les deux fortes têtes qu'étaient Elisée Nairac et Pierre Sers.

Pour la première fois depuis un siècle, ils exerçaient aussi, sans restrictions ni menaces, le droit de faire baptiser leurs enfants, bénir leurs mariages, inhumer leurs morts, selon les rites de l'Eglise réformée. Bien plus ils savaient que ces mariages reconnus désormais comme valides par la loi civile, avec effets rétroactifs^, emportaient pour leurs enfants et leurs héritiers les mêmes effets juridiques que ceux dont jouissaient les catholiques 2. Réformés, ils se sentaient tels plus que jamais au sens ecclésiastique du mot, mais aussi par surcroît régnicoles au même titre que tous les Français de naissance. Hier protestants de la R.P.R., c'est- ^ à-dire moins que sujets du roi puisqu'ils n'en possédaient pas tous les droits, les voilà maintenant citoyens, c'est-à-dire membres actifs d'un vaste corps électoral qui va gouverner le pays par ses mandataires.il y avait dans ces multiples et soudains changements de quoi répondre aux espérances des plus sceptiques, aux désirs des plus exigeants. Une porte se fermait sur le passé qu'on tentera vainement de rouvrir. L'hostilité irréductible du Clergé à l'égard de ces hérétiques, qui restait de principe autant que d'intérêt, devra revêtir désormais une autre forme.

L'article xviii de la Déclaration des droits de l'homme (3 nov. 1789) ne disait-il pas que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses ^, pourvu que leur manifestation ne trouble point l'ordre public établi par la loi »? L'art, xi ne reconnais-

Révolvlion à Bx, p. 40 et 41). Sous le nom de Protestants on dénonça, quelques mois plus tard, les dissidents de' la Noblesse du Bordelais, lors de la préparation des cahiers [ibid. p. 71). Mais il est possilde que prolcManl soit ici synonyme de' proleslaîaire.

1. En ce sens que le lieutenant de la sénéchaussée reçut et enregistra, à partir de" février 1789, les. déclarations de baptêmes, mariages et inhumations à lui faites par les* intéressés ou leurs ayant-droit pour les années antérieures à l'édit de tolérance. Voy. à notre appendice I, sous le n" 8, les Reg. GG. 816, 819, 821, 824 et 828.

2. « L'édit de tolérance rendu par Louis XVI n'avait pas encore reçu d'application. Le mariage de mon père fut l'occasion de sa mise en pratique et celle d'une fête publique pour toute la ville. Mon père était officier dans la Garde nationale qui venait d'être organisée dans toute la France, et c'est en uniforme qu'il épousa civilement, devant M. de la Rose, conseiller au Palais de l'Ombrière. La noce défda processionnellement depuis les Chartrons (jusqu') au Palais, suivie d'une grande foule de peuple qui criait : Vive la Nalion ! Vive le Roi ! Vive la Liberté ! {Souvenirs de Ch. Ducos, déjà cités).

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