‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 133 sur 166 · Délibération consistoriale du 26 août · texte numérisé non relu

Délibération consistoriale du 26 août

Cette église atteignait par surcroît un degré de moralité dont on eut vainement cherché l'équivalent dans les associations adverses. Au total, une démocratie religieuse et un gouvernement républicain qui, ayant fait leurs preuves par plus de deux siècles d'existence et de luttes, eussent mérité de servir de modèles à la Révolution naissante.

La « sympathie » que les représentants de la Commune avaient marquée aux représentants du Consistoire réformé, le 23 novembre 1793, était chose inusitée dans l'histoire que nous racontons^. Sympathie tardive, peut-être hypocrite, et en tous cas platonique, que nos Consistoriaux semblent avoir estimée au-dessus de sa très juste valeur. Ils furent assez vite désabusés. Bien que le décret du 18 sept. 1794 prononçant contre toute justice la séparation de l'Eglise constitutionnelle et de l'Etat républicain, fût inopérant à leur égard, puisqu'ils vivaient de leur propre substance en dehors des cadres officiels, les Protestants furent entraînés par contre-coup dans le grand courant d'hostilité contre toutes les églises, qui avait inspiré le décret précité. Depuis quelque temps déjà les Révolutionnaires entendaient remplacer le Christianisme par une religion civile et laïque à la Jean-Jacques 2, avec l 'arrière-pensée « de rendre l'Etat souverain dans tous les sens du mot, en religion comme en politique^, » ce qui est bien le j comble de la tyrannie gouvernementale.

Dans cette même séance du 26 août 1794, où il avait reçu la démission de son pasteur, le Consistoire avait révisé la liste des pauvres (nous ne savons trop pour quelles fins), prononcé la fermeture de la maison de charité, et congédié les concierges des deux temples. Il nous reste à dire ce qu'était à ce moment la situa- ^ tion temporelle de l'église.

Pour ce qui regarde le nombre des malades et des indigents

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