‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 134 sur 166 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p

2. Nous en avons incliqué l'esprit dans la seconde section de notre Introduction.

3. A. Mat liiez, Conlribuiion à r histoire relig. de la Résolution, p. 29.

admis à la maison de charité, et celui des inhumalions faites au cimetière de la rue Laville pendant les premières années de la Révolution, nous n'ayons que les indications partielles qui ont été reproduites précédemment au chapitre VII.

Nous connaissons plus exactement la situation financière de l'église grâce aux comptes rendus par le trésorier. En mai 1789, j'encaisse en fin d'exercice est de 26.289 1. en billets et 5. 327 1. en espèces; en mars 1790, 29.583 1.; en mai 1793, 14.142 1.

Les difficultés commençaient donc à se faire sentir pour l'église (à l'instar de ce qui se passait pour l'Etat), comme en fait foi plus explicitement encore la délibération consistoriale que voici :

26 avril 1792

Les commissaires assemblés pour délibérer sur l'emploi de la manutention des fonds de la fabrique de la partie de l'église située aux Chartrons, ont examiné les comptes produits par M. Dupuy, trésorier, pour lesquels il résulte un solde en sa faveur de 110 liv. Ayant remis endilférents billets détaillés en son compte, montant ensemble à la somme de 19.000 1. appartenant à la dite fabrique; — et ayant considéré que dans ce compte il n'est point porté en notes divers objets qui restent à verser soit pour loyers ou souscriptions, ils n'ont pu arrêter le susdit compte.

Ont décidé en outre qu'à l'avenir, pour faciliter au dit M. Dupuy le travail de cette administration, il lui sera donné un adjoint et, à l'unanimité, le choix esl tombé sur xM. Raecke; lesquels conjointement s'occuperont de faire valoir, au plus grand avantage possible, les fonds appartenant à la dite société, leur laissant toute liberté pour le choix du « papier » qu'ils auront à prendre et le prix de l'escompte. Et-pour la sûreté du dépôt, ils auront un colTre à deux ciels, dont chacun d'eux en aura une, pour y fouiller aux époques de renouvellement des billets

A. Raecke, acceptant; JJ. von Hemert, J. Delorthe, Desclaux l'aîné, P. Mellet, Gressier, G'"'^ d'Egmont, Jacques Olivier, pasteur.

Des subventions, nos Religionnaires en ont beaucoup données. On ne voit point qu'ils en aient reçu une seule, d'où que ce soit. Cent cinquante ans avant la loi de 1905, ils ont réalisé, de leur propre volonté et par leurs seules forces, la séparation de l'Eglis d'avec l'Etat, si toutefois il n'est pas plus exact dédire que, comme aux temps antiques, ils ont fondé l'existence de l'Eglise à laquelle ils appartenaient comme fidèles contre le gré même de l'Etat dont ils se reconnaissaient les sujets.

En ce qui concerne les pasteurs, l'église eut des difficultés et des inquiétudes qu'elle n'avait certes pas prévues. Jean Bon Saint- André, dont nous avons relaté l'échec en 1778,^ avait conservé à Bordeaux des partisans fidèles et sûrs. Quand pour échapper aux violences dont les Protestants étaient l'objet de la part des Catholiques de Montauban, il se réfugia dans notre ville vers le milieu de l'année 1790, quelques-uns prirent prétexte de sa présence et de son inaction forcée pour demander qu'il fût nommé auxiliaire des deux pasteurs en activité, lesquels ne suffisaient plus que péniblement à leur lourde tâche. La lettre qui nous révèle le projet des partisans de M. Saint-André est curieuse à plus d'un titre.

Lettre de 48 fidètes de Véglise adressée nu consistoire^ pour demander que Jean- Bon- Saint- André, réfugié à Bordeaux, soit nommé pasteur auxiliaire.

A Messieurs du Consistoire de Végtise réformée de Bordeaux^.

Messieurs, Les soussignés instruits que les développements qu'a reçus l'église de Bordeaux, rendent insuffisant le ministère d'un seul pasteur^, d'autant plus que, depuis près d'une année, M. Desmont dont la santé est notablement altérée, s'épuise de fatigue et de travail pour survenir {sic) aux soins quotidiens qu'exigent [sic) son ministère, que nonobstant sa ferveur et son zèle, il est au-dessus de ses forces de pouvoir suffire au grand ouvrage dont il est chargé;

Instruits que la Providence, qui dispense les événements à son gré, a conduit dans notre sein un pasteur dont les mérites et les vertus sont généralement reconnues {sic); que ce pasteur, victime de son zèle et de son dévouement à la chose publique, expatrié des lieux qui l'ont possédé plusieurs années*, est à Bordeaux sans occupation tandis qu'il pourroit être très utilement employé;

Nous venons. Messieurs, comme chefs de famille, comme chrétiens et comme citoyens enfin, vous demander de prendre en considération les réclamations que nous avons l'honneur de vous faire, de saisir cette occasion d'attacher à l'église un pasteur duquel elle se promet l'édification.

Page 1