Arch, dép. de la Gironde, L, 2S
des gages à la Révolution et contribué de sa bourse à toutes les souscriptions patriotiques. De j)lus, il était ruiné par une suite inévitable de la révolte des nègres de Saint-Domingue. C'est ce qu'il explique très franchenaent à ses juges dans la lettre que l'on va lire : .
Citoyen président. — Quoique inscrit dans la classe des négociants par ma naissance et par le travail que j'ai fait jadis dans la maison paternelle, du vivant de feu mon père, je ne pense pas que le titre de négociant dans toute son extension puisse m'être appliqué, attendu que je n'ai jamais fait particulièrement d'autre commerce que celui des assurances maritimes. Encore ne l'ai-je fait que par tems, l'ayant discontinué en 1790 par les pertes réitérées que j'éprouvai. Je le recommençai, l'année dernière, pour ne pas perdre de vue totalement les opérations maritimes et me tenir au courant des malheureux événements de Saint-Domingue qui ont considérablement diminué le bien que j'avois à attendre tant de mon chef que de celui de feue mon épouse, ce dernier étant presque anéanti par les créances considérables données à l'hérédité de feu mon beau-père dans les quartiers de Port-au-Prince et de Saint-Marc, dont les débiteurs sont morts ou fugitifs. Toutes ces considérations m'ont empêché d'entreprendre aucun commerce pour la colonie, le seul que je connaisse, comme aussi le seul que j'ay pratiqué dans la maison de mon père.
Immédiatement après son décès, en février 1792, ma mère par ses droits se chargea de liquider les affaires de notre maison de commerce et constitua mon frère pour son porteur de procuration. L'extrême confiance que j'ai eue en eux a fait que je ne me suis mêlé en aucune façon de la liquidation qui n'est point encore terminée, m'étant contenté de ne prendre de l'argent à la caisse qu'au fur et à mesure de mes besoins pour ma nourriture et mon entretien et celui de mes enfants.
A l'égard des secours donnés à la République j'ai spécialement contribué dans touîes les occasions aux demandes qui ont été faitles à la maison — iant pour les subsistances de la ville que pour les besoins de ma section qui s'élèvent pour la communauté à 42.000 livres.
Quant à mes principes ils sont invariables, depuis la naissance de
la Rév^olution. Je les ai gravés dans mon cœur. Ils sonl fondés sur les droits de l'homme : Aime ton prochain comme loi-même et fais aux autres ce que iu voudrais que les autres te- fissent^. Je les ai toujours manifestés dans ma section...
LaFFON AINÉ2.
Ces quelques exemples ne peuvent donner qu'une idée incomplète des maux et des injustices dont fut accompagné pour les Protes-
1. Il est sjgniiicatil' d'cnlcndie ce pioleslaiil conlondiT les droits de l'homme avec ses devoirs et altribuer à la- Révolution un précepte rpii nous vient de l'Kvangile.