‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 15 sur 166 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

3. Un ouvrage en 6 volumes in- 12°, imprimé à Lyon en 1770, mais bien oublié aujourd'hui, eut vraisemblablement quelque influence sur le mouvement religieux de ce temps, au moins parmi les Protestants auxquels il déclarait s'adresser spécialement. 11 s'intitulait : Les Américaines ou la preuve de la Beliffion chréliennc par les lumières naturelles, et avait pour auteur une femme de lettres alors célèbre, M'"e Le Prince de Beaumont (Bibl. munie, de Bordeaux, Théologie, n° 7212). D'un goût assez fade, mais d'une lecture facile et souvent agréable, la discussion y est menée en forme de dialogue entre dames américaines, dont quelques unes personnifient par leurs noms certains travers et certaines qualités : le préjugé, l'inconséquence, la bonté, la violence, la spiritualité, le bel esprit (au t. I), tandis que à partir du tome 111 le dialogue se poursuit entre « ministres » : l'un calviniste, l'autre arien, ou luthérien, ou anghcan, ou tolérant; il y a aussi un rabbin et un arménien. Cet ouvrage est mentionné mais non analysé, dans les articles des grands recueils de bioii'raphie que nous avons pu consulter. Revêtu à deux reprises (t. 11 et VI) de l'approbation de l'autorité cathoh'que, il compte parmi ses souscripteurs trois archevêques, sept évêques et une trentaine d'ecclésiastiques^

qiier encore que les Protestants bordelais de !a seconde moitié du xviTi^ siècle avaient manife tement :

Un bal bien défini, d'ordre moral et religieux, en vue duquel ils rompaient avec les ambitions politiques qu'avait si imprudemment nourries la Noblesse des deux siècles écoulés; repoussaient l'appui compromettant de gens de guerre, récu-a en le fanatisme des Gamisards et condamnaient sans pitié toutes les (ormes de la licence des mœurs;

Un senlimenî assez net de leur rôle, qui les obligeait à renoncer aux grands espoir du prosélytisme, à sa replier sur eux-mêmes et à reconnaître qu'ils n'étaient plus dans le pays qu'une poignée de fidèles ;

Une expérience qui leur enseignait quel degré de tolérance, quelle mesure d'opposition ils pouvaient attendre du régime inauguré en 1685;

Une volonté qui les entraînait dans le sens positif d une adhésion sereine au christianisme évangélique autant que dans le sens négatif d'une résistance éperdue aux contraintes des pouvoirs d'oppression

Cependant la masse protestante était trop disparate et trop amorphe, du moins à Bordeaux, pour qu'on puisse supposer* qu'elle fut tout entière marquée d s quatre caractères que nous venons de no'er; mais sûrement ses conducteurs l'étaient, et aussi les hommes instruits et éclairés qu'elle comptait en si grand nombre. Ici, comme partout, se vérifie la continuité historique, » en sorte que nous aurons à raconter moins l'histoire d'une église naissante que la remise en marche d une organisation ecclésiastique disloquée par tous les heurts et tous les coups qui se sont abattus sur elle. Ajoutons que la Discipline, si souvent invoquée pour sauvegarder la pure' é de la foi, la sévérité des mœurs et l'autorité des pouvoirs constitués, ne réussit pas à empêcher, sur quelques points, une transformation des idées et des sentiments qui, pleinement accomplie vers les années 1760-70, justifie l'appellation de néo-protestantisme dont nous nous sommes servi précédemment.

L'historien doit se demander toutefois s'il n'y avait pas, en ce milieu du xviii^ siècle, une solution meilleure pour les Religionnaires (|ue celle dans laquelle ils s'obstinaient, de ramer7[contre vents et marée au lieu de chercher un port de refuge dans une union avec l'Église catholique, telle que l'avait désirée Leibniz, cinquante ans plus tôt, d'accord avec Bossuet. Examinons donc cette question.

Un premier obstacle au rapprochement entre les deux communions venait de ce que, durant « la dernière désolation », nos Religionnaires avaient éprouvé, à leurs propres dépens, ce que pèse l'hostilité du Clergé catholique quand elle s'exerce librement. Ils ne pouvaient en distraire leur pensée ni en excuser les excès. Ils le pouvaient d'autant moins que cette hostilité continuait de se manifester en toute occasion, ous des formes d'ailleurs atténuées, par le moyen des « instances publiques », comme on disait alors. Ni la prévention n'avait encore désarmé chez beaucoup de magistrats ni cessé dans le clergé l'espoir de réduire l'hérésie à néant.

Quand elle ne procédait point de haines proprement confessionnelles, la prévention se fondait sur la connaissance plus ou moins exacte qu'on avait conservée des troubles suscités dans le royaume pendant la première moitié du xvii*^ siècle par la turbulence de la Noblesse protestante. Nos magistrats, s'ils ignoraient trop volontiers les secours que le parti catholique avait cherchés en Italie et en Espagne aux xvi® et xvii^ siècles ^, n'avaient garde d'oublier que cette Noblesse avait parfois, pour défendre sa liberté religieuse menacée, recouru aux armes et pris appui sur le, puissances étrangères, tantôt sur l'Angleterre, tantôt sur la Hollande ou sur les principautés d'Allemagne. En exposant ce qu'il advint en Guienne, au début de la guerre de Sept ans, notre chapitre III fournira une nouvelle preuve de la survivance de ces

1. A cet égard beaucoup d'historiens modernes et des mieux intentionnés, ne sont pas moins ignorants. Les écrits de Calvin, de Coligny, de Condé prouvent la répugnance qu'ils éprouvaient et le danger qu'ils flairaient d'appeler l'étranger à leur secours. Ils ne s'y décidèrent qu'après que le parti catholique leur eût donné l'exemple. Des érudits comme Forneron et Dargaud ont projeté sur ces faits une lumière décisive.

préventions, dont l'origine historique nous est maintenant connue.

Le second obstacle était d'ordre purement théologique.

L^Exposition de la doclrine de Véqlise catholique sur les malières de conlroverse est bien, certes, le plus éloquent efîort qui ait été fait au xvii^ siècle pour rapprocher les deux communions. Parue en 1671 ^ elle était le fruit mûr et savoureux de tout ce que le génie de Bossuet, aussi fortement nourri de la lecture et de la méditation des Ecritures qu'aucun de ses contemporains, avait pu concéder à ses adversaires sans manquer à la fidélité qu'il devait à son église et qu'il était incapable de lui soustraire. La tâche qu'il entreprenait était d'ailleurs plus aisée qu'il ne semble de prime abord. Ce qu'il allait combattre, défendre et proposer, ce n'était point le catholicisme du moyen-âge tout chargé de superstitions populaires, c'était celui du concile de Trente qui, sous les coups de la Réforme, s'était corrigé dans le sens des Écritures et de la spiritualité évangélique. Ce n'était pas le catholicisme des foules ignorantes et des curés de campagne, qui faisait le scandale des Protestants, l'objet de leurs attaques et de leurs sarcasmes : c'était celui des croyants éclairés et des théologiens de Sorbonne, qui méritait considération. Ainsi Bossuet put-il sans manquer à l'orthodoxie régnante reconnaître que la sainte cène (p-80) et la messe (p. 114) sont une «commémoration», non une répétition du sacrifice du calvaire, — et reconnaître aussi que « les chrétiens doivent rapportera Dieu par Jésus-Christ toute la gloire de leur sa ut », sans ég;ard pour leurs propres œuvres (p. 47)2.

Sur d'autres points controversés (la valeur de la tradition^,

1. Nous la citons d'après la nouvelle édition de 177)0, donnée à Paris chez Desprez.

"l. Quelques auteurs modernes, entre autres, M. Masson dan son ouvrage sur Rousseau, affirment que Bossuet accorde la primauté de la Bible sur toute autre autorité et la communion sous les deux espèces. Ces assertions sont trop tranchées pour être rigoureusement exactes. Cf. Paul Stapfer^ professeur à la Faculté des lettres de l'Université de Bordeaux, La grande prédication chrétienne en France : Bossuet.^ Adolphe Monod. (Paris, 1898, p. 113 et ss.).

3. Les théologiens catholiques distinguent la tradition divine dont le contenu importe au salut^ et la tradition apostolique qui ne concerne que TF^glise. L'une et l'autre constituent la tradition primitive, laquelle se continue par la tradition ecclésiasti<iue ou du moyen-àge. Nous n'avons pas à nous préoccuper de ces distinctions modernes, qu'ignoraient encore les controversistes du xviii"-' siècle. Bornons-nous à noter que, si la P^arole écrite (celle du Nouveau testament) est postérieure à la constitution de la primitive Eglise, la Parole parlée lui est nécessairement antérieure. De là l'entêtement que mettaient nos Protestants à soutenir leur point de vue.

l'autorilo de l'église c'est-à-dire du clergé, du pape, des évêques à l'exc usion des laiques„ le cidte des saints etc.), Bossuet concédait encore bien des choses, en union avec le conci e de Trente; mais il maintenait l'essentiel, grâce à une dialecticjue suffisante.

Aussi V Exposilion exerça-t-elle son influence sur nombre de Protestants peu éclairés et les ramena au romanisme. Gomment se fait-il qu'elle n'ait point eu plus de succès auprès des théologiens, des pasteurs et des laïques instruits ? C'est que ceux-ci comprenaient que le rapprochement poursuivi par le Clergé signifiait pour eux non pas «réunion», mais soumission, absorption, en suite de laquelle il ne serait plus resté grand chose des gains de la Réforme française ^. Ils savaient d'ailleurs que le Clergé avait (comme il a encore) deux doctrines : l'une pour la polémique avec les Protestants s'inspire des Ecritures et concède une foule de points disputés; l'autre, pour l'enseignement courant des ouailles, se fonde avant tout sur la Tradition scolastique et reprend tout ce que la première a concédé '^ En se refusant, sur les points essentiels, à toute composition, à toute conciliation, où ils eussent joué un rôle de dupes, on peut dire que les Protestants ont sauvé, en France du moins, la religion du danger où elle était de retomber tout entière au niveau du catholicisme des foules, celui que Bossuet voulait ignorer, mais celui que ses adversaires savaient devoir toujours prévaloir sur l'autre.

Dix-sept ans plus tard, peu satisfait des fruits obtenus sur la R.P.R. par rExposition de la doclrine calholiqiie, l'évêquede Meaux publia sa grande Histoire des variations des égtises prolestantes (1688), œuvre de forte érudition, d'exacte et consciencieuse controverse ^.

1. Cette vue devint particulièrement claire pour eux, lors du premier projet de «réunion », concerté entre Bossuet et Paul Ferry, 16C6-G7. Voy. sur ce point M. Alfred Rebelliau, dans la Revue des Deux-Mondes, 15 mars 1920.

2. Adol[)lie Monod a bien mis cette dualité en lumière dans sa Liicile un la ledure de la Bible (1841). Il en était déjà ainsi au xvii° siècle.

3. Cependant, « après avoir marqué d'une manière frappante les variations des églises protestantes, Bossuet refusait devoir celles que Leibniz lui signalait dans l'église catholique » (Louis Davillé, docteur ès-lettres, Leibniz historien. Paris, 1909, p. 357). Cf. ce passage de V Exposilion où l'auteur révèle une si étrange ignorance de l'iiisloire des premiers siècles de l'Eglise: «S'ils (les protestants) nous montrent la moindre inconstance ou la moindre variation dans les dogmes de l'église catholique, depuis ses origines jusqu'à nous, c'est-à-dire depuis la tondation du christianisme, je veux biep leur avouer qu'ils ont raison et moi-même j'effacerai toute mon histoire » (Préf, de VHisl. des var,),

C'est la théologie du xvii^ siècle si ce n'est plus tout à fait celle du xiii^. — Bossuet « crut confondre le protestantisme (de son temps) en faisant toucher du doigt l'incessante mobilité de ses églises et de ses doctrines. Un instant étonné, le protestantisme accepta bientôt ce fait d'une trop certaine évidence, et changeant son arrêt de mort en principe de vie, il fit d'une variabilité active et sans terme l'essence même de la vérité religieuse. La notion de la loi qui régit l'évolution de cette forme seconde du christianisme, la seule à laquelle appartienne l'avenir, date donc de r Histoire des variations ))^. Cet ouvrage a eu, comme VExposiiion de la doctrine catholique, cette conséquence inattendue de mieux montrer en quoi et par quoi et pour quoi le protestantisme avait sa raison d'être profonde et durable au regard du catholicisme.

Ainsi de la part de Bossuet, erreur de jugement et de conduite. Erreur de jugement puisqu'il tient pour chose" acquise et certaine l'immobilité passée et future de la doctrine catholique, ce qui est bien de toutes les prétentions du clergé la moins défendable. Erreur de conduite aussi, car le grand évêque eût mieux servi la cause de l'Eglise gallicane et de la Monarchie française si, déposant la rahies théologica dont il était possédé, il eût laissé en paix ces malheureux protestants, dont tous les torts proclamés étaient surtout d'ordre théologique, et s'il avait appliqué son zèle pastoral et les éclats de son éloquence à réformer la discipline du clergé et les mœurs de la cour de Versailles, à commencer par celles de Louis XIV.

Voici exactement quatre siècles que la Réforme est née, avec la volonté de ramener le catholicisme du moyen-âge au christianisme des premiers siècles; quatre siècles qu'elle vit en France sous les plus fâcheux auspices, au milieu des ignorances, des contradictions et des persécutions; affaiblie souvent par ses propres divisions, enterrée chaque jour sous les prédictions et les anathèmes de ses adversaires. Et cependant, elle dure et aux

1. p. Stapter, ouv. rAié, p. 433. L'auteur ajoute : « Bossuet a été prophète. Dans ses Averlissemenls aux Protestants, il a prévu toute leur histoire de demain et d'aprèsdemain... ». Cette assertion n'est pas tout à fait exacte. Si Bossuet a en effet prévu que la logique du libre examen entraînerait un certain nombre de Réformés vers le rationalisme, il n'a pas su voir que la méditation des Ecritures, l'expérience de la preuve intime et les besoins profonds de l'âme humaine retiendraient toujours une partie des Réformés ayx doctrines spécifiquement évan^éliques,

yeux des siens elle n'est point à la veille de mourir. Si elle voit diminuer le nombre de ses adhérents de nom, elle multiplie ses adhéreuts de fait, et par eux se concentre, se fortifie et s'assure en l'avenir.

Comment expliquer ces faits ? Il y a là un problème d'ordre humain, par quelques côtés, que nous nous croyons en droit d'examiner et d'expliquer à propos de l'église de Bordeaux, dont l'histoire représente en petit l'histoire de la Réforme française^.

«La foi est un acte de volonté... un choix non de l'intelligence mais du cœur ». Aussi longtemps qu'il se trouvera des âmes pour sentir le grand mystère d'iniquité qui pèse sur le genre humain et aspirer au pardon et à la paix, pour déplorer leur impuissance et chercher le triomphe, pour constater leur ignorance et vouloir la lumière, il y aura des disciples fervents du Christ rédempteur et médiateur, parce que ses promesses répondront toujours aux appels pressants de ceux qui ont faim et soif du Dieu vivant. A ces âmes d'angoisse, que rien autre chose ne peut satisfaire, les enseignements de la révélation évangélique s'illuminent d'un sens surnaturel qui dépasse le sens littéral et rationnel. Cette parole de saint Jean « Dieu est amour » prend une signification extraordinaire qui s'impose à elles quoique puisse dire la raison humaine et l'exégèse philologique. Et plus encore celle-ci : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'i'l ait la vie éternelle ». Irrationnel au premier chef, déconcertant pour l'esprit de l'homme, enseigné mais non expliqué, ce mystère est pourtant le fondement sur lequel se sont édifiées les diverses églises chrétiennes. Récusé par la philosophie, il s'impose néanmoins à l'histoire.

C'est qu'en effet, « l'œil qui perçoit la vérité du christianisme est un organe difïérent de la connaissance ordinaire ». Dès lors « le cœur a ses raisons que la raison ne connait point » et la reli-

1. Nous nous sommes inspiré, pour écrire ce qui suit, non seulement du témoignage historique, mais encore de l'un des plus pénétrants chapitres du hvre de feu Paul Stapfcr, professeur à l'Université de Bordeaux, sur Bossuel et Monod, p. 274 à 300. Né dans le protestantisme, l'auteur déclare qu'il s'en est détaché pour des raisons d'ordre intellectuel. Son exposé n'en aura que plus de valeur aux yeux de quelques-uns de nos lecteurs.

gion a ses preuves que la philosophie ne comprend point. L'argument mystique dont s'arment les Protestants est, à leur jugement, aussi invincible, aussi péremptoire qu'il est incommunicable à l'incrédule par voie de raisonnement.

Telle est la « méthode de la foi » dans le protestantisme, présupposant quelques conditions préalables, quelques dispositions particulières qui reviennent à ceci : c'est avec l'âme tout entièrequ'il faut chercher le christianisme intégral, s'approprier l'enseignement des évangiles et des épîtres. Les croyances résultent 'des mœurs privées presque autant que de la volonté et du cœur. En d'autres termes, « la corrélation est intime entre la conversion morale et la croyance comme entre le péché et l'incrédulité ». « La seule manière de devenir chrétien est de vouloir l'être. La prière et le désir de sanctification ont plus de vertu pour obtenir ce résultat que toutes les recherches, toutes les lectures, toutes les études historiques et théologiques ». La foi résulte d' « une préférence instinctive de la volonté » plutôt qu'elle n'est une conclusion forcée de l'intelligence convaincue malgré elle.

L'observation critique ne peut affirmer davantage quant à la « méthode de la foi » et à ses effets spirituels. Une grande part de mystère subsiste et un grand fonds d'irrationnel, si bien que nous ne saurons dire pourquoi, dans cette communauté de Bordeaux dont nous allons scruter le passé, la plupart des âmes étaient orientées vers les étroits sentiers de la foi tandis que d'autres demeuraient sur les grands chemins de l'incrédulité^. Mais notre lecteur est préparé à comprendre à quelles impulsions diverses et multiples vont obéir les premières. Les développements qui suivent perdront ainsi quelque chose de leur obscurité propre.

1. Les Protestants ne pouvant contester que la Bible est une autorité purement, extérieure, comment comprendre qu'ils la mettaient au-dessus de l'autorité du pape qui elle aussi est extérieure V — C'est que la Bible a pour interprète cette autorité intérieure qu'est la conscience et l'esprit du chrétien converti, dans la mesure où il est converti. Le sentiment religieux, le témoignage de la conscience, l'expérience psychologique, les lumières de la raison et de la connaissance historique s'ajoutaient ainsi à l'autorité propre de la parole évangélique pour engendrer la certitude. C'est être raisonnable que de dire « Je crois », quand on possède de solides raisons de croire, Le protestantisme se trouve dès lors, par sa méthode, comme l'a déjà remarqué M. A. FouiWée {La France au point de vue moral, 2'^ édit., 1900, p. 53), en accord fondamental avec l'esprit moderne. Et même il le dépasse non pour doter l'homme de l'inerrance absolue, qui n'est point de ce monde, mais pour lui donner cette portion de vérité religieuse que lui refuse la philosophie rationnelle. — Si ces remarques sont fondées, l'existence du protestantisme et sa persistance deyieiinent irttelligibjes èi l'Iiistorien,

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