‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 155 sur 166 · Délibération du 21 juin · texte numérisé non relu

Délibération du 21 juin

3. C'est on janvier 1800 que le Consi.stoire résolut de mettre le chantre «à la dis|)()silion des lidèles pour les inhumations et de déposer chez lui le drap mortuaire ». Telle est l'origine d'ime fonction qui existe encore.

4. Nous n'avons pu découvrir à cet égard d'autre témoignage (pie celui qui f\it rendu au défunt, le 26 février 1839, dans le Procès-verbal de la troisième assemblée de la Société chrétienne protestante de France établie à Bordeaux (impr.). Le président, après avoir rappelé le récent décès de 1^'rançois Martin, glorifia « sa lidélité aux doctrines que rmus avons proclamées comme base fondamentale de notre foi. Inébranlable dans ses convictions, il les a professées sans crainte et sans détour au milieu des circonstances diverses où il a été placé, confessant Jésus-Christ devant les hommesi^ et donnant gloire à son évangile de grâce et de salut ».

5. Le seul écrit que nous connaissions de lui est le sermon qu'il prononça, le le"" décembre 1805. pour l'inauguration du temple du lia (plaquette \iu\n'. de 35 p. in-8"). Nous y relevons quelques passages qui suffisent à attester son orthodoxie. P. 5 : «héritiers de la gloire que son Fils nous a méritée par sa mort r>. — P. 24: «Nous croyons qu'il y a un seul Dieu qui s'est fait connaître par les voies de la création, de la providence et de la révélation... Nous croyons que J.-C. a réuni dans sa personne la nature humain et la nature divine... Nous admettons... la résurrection des corps... et généralement tous les dogmes que l'Ecriture enseigne et qui se trouvent en abrégé dans le symbole des Apôtres». — Voir ci-dessus, chap. \I. p. 196, les réserves qui s'ini])Osent quand il s'agit de la théologie des pasteurs <^u xvni'' siècle,

La seconde phase de l'histoire de l'éghse depuis son afïranchissement n'a guère innové sur la première qui, en matière de culle public, avait déjà organisé l'essentiel. Et l'essentiel est toujours assez court dans le protestantisme français parce qu'il place la piété et la vie spirituelle dans l'âme même du fidèle bien plus que dans les rites extérieurs.

Il est fait allusion, dans le discours de décembre 1796, ci-dessus reproduit, à la nécessité de rétablir au plus tôt l'instruction de la jeunesse. Et en effet, c'est par les enfants et les adultes que se perpétue l'existence historique d'une église. Il serait donc pour nous d'un réel intérêt d'entrevoir à chaque époque leurs tendances morales et spirituelles. C'est là un point qui malheureusement échappe presque toujours à nos prises. Le témoignage que nous rencontrons ici montre combien grande était, au lendemain de la Révolution, la tâche des pasteurs et combien nécessaire pour l'église la reprise d'un enseignement régulier.

En mai 1802, le Consistoire s'avisa, sans doute pour le soulagement de son président, de confier la catéchisation des enfants de familles peu fortunées au chantre de l'église, un Cévenol authentique nouvellement nommé. Gavanon accepta à la condition d'être autorisé à prélever sur les parents une gratification proportionnée à leurs faibles ressources et qui devait s'ajouter aux maigres appointements du chantre. Mais les catéchumènes ne se trouvèrent pas. Un appel ultérieur, adressé à ces mêmes familles par le Consistoire, n'eut point plus de succès, bien qu'il promit de faire enseigner aux enfants non seulement les éléments du catéchisme, mais encore la musique vocale^. — Il y a dans ces projets deux traits particuliers qui ne sont pas selon la tradition protestante : celui de faire rétribuer l'enseignement du catéchisme et celui de mettre à part les enfants de parents pauvres. La gêne fmancière où se débattait maintenant l'église inclinait les Anciens à se départir en quelque mesure de la rigueur des principes.

A la date où va se clore notre récit, la vie proprement religieuse qui continuait d'animer la petite communauté réformée de Bordeaux, se ressentait des tragiques événements du temps. Notre impression, au contact des documents, c'est que cette vie

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