Délibération du 25 novembre
égard ^ ou bien réellement des négociants perpétuellement audessous de leurs affaires ? Un seul indice sur ce point dans les délibérations des Anciens : il est recommandé au trésorier, en août 1799, d'observer dans la réclamation qu'il adressera à ces récalcitrants, «la décence et les égards dûs au chef de cette maison »; plus tard on lui enjoint de se retourner du côté du père qui habite Sainte-Foy. Ces ménagements sont significatifs.
Notons encore, à la décharge de ces deux débiteurs insolvables, qu'en mars 1799 ils avaient fait un premier effort pour s'acquitter de leur devoir en offrant quatre tonneaux de vin, à 180 fr. l'un, qui furent sans doute revendus au profit de la communauté^.
Plus intéressants et plus édifiants sont les deux cas suivants : en novembre ou décembre 1800, une pauvre femme d'origine suédoise, donc luthérienne, mariée à un marin qui navigue au loin, décéda à l'hôpital de Bordeaux, laissant une fille de 15 à 16 ans. Celle-ci paraissant sans défense est aussitôt contrainte, comme l'avait été sa mère, par les religieuses de la maison, de changer de religion, « ce qui est contraire à la loi sous la liberté des cultes ». Le président de la Commission administrative des hospices intervient et donne au Consistoire toutes les satisfactions qu'il peut désirer. Non seulement la jeune Hienta est mise à l'abri du prosélytisme des religieuses, mais elle obtient qu^on lui restitue les frusques de sa mère et divers objets que celle-ci avait engagés au Mont-de- Piété pour la somme de 86 fr. Le Consistoire paie les médicaments de la mère, prend l'orpheline sous sa protection, lui fait enseigner la couture, lui donne un tuteur-curateur et la conserve ainsi « dans la religion de ses pères ))^.
Voici le second cas. Vers le milieu de l'année 1801, Olivier-Desmont avait la joie de voir son plus jeune fils Benjamin se destiner de propos délibéré au saint ministère. Chargé de famille comme
1. En septembre 1799, le Consistoire avait envisagé la nécessité d'entreprendn^ des poursuites judiciaires. Il s'en abstint cependant, « à cause des dilTicultésetdes dangers qu'il y auroit de compromettre les propriétés de l'église » {Délibération du 5 septembre 1799). — En juin 1801 il délégua trois de ses membres pour traiter avec eux (les D.). « au mieux dans l'intérêt de l'église ».