Cité par Irdmond Hugues Synodes du déserf, II, p
2. Benoît, ouu. cité. p. 249-251. Cependant il n'en est pas question avant 174'i dans, les Lettres de Paul Babauf à Antoine Court publiées par M. Picheral-Dardier (I, 224)
3. Vues sur le protestantisme en France, II (1829), 266 : «C'étaient en général des gens paisibles et influents, qui dogmatisaient pew et qui plaçaient la religion dans l'amour et surtoul: dans l'amour pour Jésus: qui se réunissaient en petit nombre dans
piété profonde ». — Ces mérites reconnus par nous n'excluent pas notre droit d'admettre que, sans avoir les outrances des Quakers anglais, ils en eurent parfois les étroitesses i; par quoi n'est guère diminué ce qu'avait de simple et d'attachant le caractère de ces « messagers » laïques de la bonne nouvelle, comme ils aimaient à se nommer. Le rôle qu'ils jouèrent alors à Bordeaux mérite donc d'être étudié de près. Pour ce faire, nous commencerons par reproduire les témoignages que leur rend Daniel I Ducos dans ses Souvenirs que nous avons récemment publiés.
« En 1753 on me dit qu'il y avait en ville un jeune homme qui avait une façon de penser toute extraordinaire... Je n'entendais enfm parler que du Frère Kénol... (La rencontre ayant eu lieu), il m'entretient, le long du chemin, de la société des Frères Moraves, comme quoi ils avaient souffert pour J.-C. et comme, étant presque entièrement éteints par le persécution, quelques-uns d'entre ceux qui restaient encore s'étaient réunis pour ne vivre dans ce monde que pour Lui seul, et à sortir de leur pays pour aller annoncer aux autres nations et religions que le Sauveur était mort aussi pour eux, et jusques ici le Seigneur avait béni leur témoignage d'une manière
ce but, sans prétentions, avec un prosélytisme très doux et très modéré ». — C'est à torf, croyons-nous, qu'on a attribué à Paul Rabaut les quatre mots que nous citons dans notre texte. Nous ne les avons pas retrouvés dans sa correspondance imprimée. Voici comment il s'exprime dans une lettre du 20 septembre 1717 adressée à Antoine Court (I, "ZSi) : « J'ai lu quelques-uns de leurs livres et il n'y a qu'un article de leur système que j'adopte : c'est l'amour pour J.-C. et la méditation fréquente de ses souffrances et de sa mort. 11 n'y a rien là de nouveau et c'est un article capital de notre relii^ion. Toute la différence qu'il y a entre eux et nous sur ce sujet, c'est qu'ils insistent plus que nous et qu'ils ramènent plus fréquemment ce grand objet ». — Par contre, Antoine Court était défavorable aux Moraves et c'est lui peut-être qui inspira à Grenier de Barmont, sorti du séminaire de Lausanne, l'animadversion que celui-ci leur témoi'jrne à Bordeaux.
1. Voici en quels termes le célèbre Paul Rabaut donne à l'un de ses correspondants, le irenliliiomme Benjamin Du Plan, alors à Londres, son opinion sur les Frères Moraves f9 mar^ 1753) • <> J'ai vu quelques membres de cette société et J'ai lu quelques-uns de leur- livre= ei il m'a pa- u qu'il y avaU (he/. eux du bon et du mauvai'=. Je pen-e tout ;'omme eux que J.C. crurifié doit être le sujet ordinaire de nos discours et de nos réilexions, puisque «a bienheureuse mort e^^t le fondement de notre salut,Ma base de, nos espérances, la source de nos consolai ions-. ma»s prêcher J.-C. et J.-C. crucifié, c'est annoncer non seulement sa mort mais aussi les autres vérités de la foi et les devoirs de la morale. Je vois dans le Nouveau Testament que J.-C et ses apôtres entrent dans un fort grand détail sur les vices qu'il faut fuir et les vertus qu'on doit pratiquer, ce qui n'est point du tout la méthode de ces Messieurs... » [Lellres de Paul Bahaul à divers, I, (1891) p. 42). — Cf. le jugement porté sur les Moraves^ au commencement du xTxe siècle, par Daniel Fncontre, professeur à la Faculté de Montauban, et reproduit par M. Daniel Bourchenin dans son Daniel Encoiilre, son rôle dans r église... (Paris, 1877, p. 237).