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V, Nous parlons plus loin de celle de 1700,
NOUVELLE DLSPERSION DE l'ÉGLISE, ETC. 81
pour le besoin de rÉtal, mC'mc ceux quy nous sont personnels. Qu'on dénombre ceux d'entre nous quy servent r^vec honneur et distinction dans vos armées sur mer et sur terre. Qu'on y ajoute les armements maritimes que nous avons faits dans la <j:uerre actuelle et pendant les précédentes pour combattre vos orgueilleux ennemis^ Qu'on y ajoute encore notre empressement à nous armer et notre tranche détermination à exposer nos vies pour repousser ces mêmes ennemis lorsqu'ils ont eu la témérité de s'aprocher de Rochetort-. Avec (pielle ardeur ne nous sommes-nous pas présentés à MM. vos commandants de l>ordeaux et de La Rochelle ! Ils virent nos démarches avec satisfaction et nous espérons qu'ils auront eu la bonté d'en rendre compte à Votre Majesté. Enfin (pi'on n'oublie pas (pie les otages que nous avons offerts dernièrement dans la Saintonge, pour preuves de nos dispositions constantes à nous consacrer à votre service et pour dissiper les bruits injurieux et les soupçons insultans qu'on avait malicieusement formés et répandus sur notre compte^^.
Alors Votre Majesté connaîtra parfaitement quy nous sommes. Mais sy ces faits ne parlent pas encore assez en faveur de notre fidélité, daignés du moins, Sire, vous convaincre entièrement, sur le témoignage que vous en a rendu un de vos parlements, celuy de Navarre*, protecteur delà vérité et sans doute pénétré de la réalité, de la droiture de nos sentiments pour Votre Majesté. Nous osons le dire avec assurance. Sire, et nous espérons que vous n'en douterés : il n'est point de reproche fondé à nous faire. Notre inviolable attachement pour Votre Majesté, notre zèle pour la gloire de son règne et pour l'honneur de notre chère patrie en sont de sûrs garants. Vous êtres. Sire, ainsi que votre auguste famille l'objet le plus intéressant et le plus chéry de nos prières journalières; nous ne cessons jamais de faire des vœux pour le monarque bien-aimé de la France. Ah ! Sire, avec de pareilles dispositions quy ne se démentiront jamais et quy se transmettront d'âge en âge jusqu'à nos derniers neveux, serions-nous le peuple de votre royaume qui ne ressentiroit point les effets de votre tendre bonté ? Et tandis que nous souffrons sans relâche la persécution pour la cause de Jésus-Christ, verrons-nous, sans espoir qu'on radoucisse la rigueur de notre sort, les Juifs tolérés dans vos États^, eux quy ont mis à mort le divin Sauveur ?
Les supplians, Sire, sont convaincus avec toute la terre que rien ne peut résister à votre puissance; mais, ils savent aussy, et c'est leur unique ressource, que Votre Majesté ayme à tempérer son autorité et son pouvoir par la bonté et la justice, à l'exemple de Dieu même quy ne déployé jamais la force de son bras sur ses créatures qu'il ne les regarde en même temps des
J. Cet argument nous semble suffire à prouver que la requête émane bien de Bordeaux, et non d'une autre ville.