‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 39 sur 166 · lieg. consist., 6 mai et 17 juin · texte numérisé non relu

lieg. consist., 6 mai et 17 juin

(5. Voir dans le Reg. consist. une nomination des Anciens faite par le pasteur. 11 déc. 1758. Cl', un document puijlié plu> loin au cliap. \'I, p. 172.

besoins parLiculiers du lieu et des circonstances générales du temps. Il n'y en eut pas une seule en 1759, pour les motifs que nous avons expliqués précédemment^. Par contre, à d'autres moments, elles se succédèrent de 15 en 15 jours ou de mois en mois. Leur fréquence est, comme leur rareté, en relation étroite avec l'histoire interne et externe de l'église. Chaque réunion commençait et finissait par une prière spontanée, c'est-à-dire dont les termes n'étaient pas fixés par la liturgie.

Ce régime presbytérien 2, qui dominait alors et domine encore dans la Grande-Bretagne, était par une tradition deux fois séculaire celui des églises calvinistes de France, avec tous ses avantages, mais aussi avec quelques-uns de ses inconvénients contre lesquels, chose remarquable, Paul Rabaut lui-même s'élevait déjà en août 1768 dans une lettre à Court de Gébelin, où il se déclarait en faveur du régime épiscopal ^. Son fils Rabaut-Saint- Etienne reprenait la même protestation et exprimait la même préférence, sept ans plus tard, dans une lettre au pasteur de Bordeaux, Olivier-Desmont*. Bien loin d'être dommageables au protestantisme, ces libres critiques témoignaient de sa capacité de réforme continue, condition de prospérité et gage de durée. En fait, les inconvénients très réels du régime démocratique s'atténuaient et disparaissaient presque, à mesure que l'église devenait davantage une association de convertis.

Au dessus de l'église, l'organisation réformée admettait alors le Colloque ou groupe d'églises voisines^. Dès 1764, par un privilège assez rare, dont nous ne connaissons pas d'autre exemple,

1. C'est l'année qui suivit les dures vexations de 1757-58, dont nous avons parlé au chap. III. Il y a là rapport de cause à effet.

2. On désigne par ce terme toute organisation ecclésiastique dans laquelle anciens et pasteurs possèdent conjointement une certaine mesure d'autorité. En France (comme bientôt en Fxosse, aux Pays-Bas, en Suisse et dans le Palatinat rhénan)- le régime presbytérien fut associé au régime synodal, à l'exclusion du régime épiscopal qui établit une hiérarchie entre les pasteurs et attribue à ceux qui deviennent évêques un pouvoir directorial.

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