D'après La France protestante, 1'' édition
5. Dans le Jh'g. baptistaire G G. 811 (aux .\icli. nmnici}). de Bordeaux), la signature de Grenier de Barmont cesse de paraître après 1750. Un acte de mariage du 17 mai 1757 est signé par Dugas, ministre du saint évangile (numéros 15 et 17), pasteur itinérant.
G. Il y avait été envoyé par la province du Haut-Languedoc et y passa les années 1748 et 1749 (Gh. Coipierel, ouv. cité, I, p. 539 et 601).
7. D'après M. F. de .Schickler, cité par M. Dardicr, II, \). 456.
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à Bordeaux les torts et les défauts (juc l'ou vieut de raj)])el(M-; d'autre part, celle qu'il s'est acquise d'ancienneté au dehors, où on se le représente comme un pasteur recommandable à tous égards.
Toujours est-il qu'André de Barmont entra en conflit plus ou moins patent tour à tour : avec une église de l'Agenais (ju'il vivait désertée sans autorisation. (1754);
avec deux synodes provinciaux du Haut-Languedoc, poui- avoir refusé de se soumettre aux règles de la discipline ecclésiasticpie (janv. 1754, mars 1756);
avec les Frères Moraves qui tentaient de s'implanter à Bordeaux (17,55);
avec le (Consistoire de Bordeaux qui désapprouvait sa nianièi-(^ d'organiser l'église (août 1756);
avec certains membres de la dite église qui blâmaient sa conduite privée peu en harmonie avec la gravité de son ministère et poussaient leur aversion jusqu'à l'accuser de légèreté, de mensonge, d'intrigue et de calomnie (octobre 1756);
avec son collègue et successeur Jacques Sol, chef du parti d'opposition qui s'était formé contre Barmont (1756-57) ;
avec deux synodes nationaux tenus dans les Cévennes, pour nonobéissance aux tribunaux ecclésiastiques (mai 1756 et sept. 1758).
La présence d'André Grenier de Barmont était donc une cause de trouble et de malaise pour l'église de Bordeaux. Le mal se prolongea longtemps par la résistance de ce pasteur qui, malgré le blâme porté contre lui par le synode national des Hautes-Cévennes en mai 1756, épuisa toutes les voies de droit pour se maintenir dans sa charge. Elle lui fut cependant enlevée par décision d'un synode provincial du Haut-Languedoc (10 avril 1757) que confirma le synode national des Basses-Gévennes (sept. 1758).
En quittant Lausanne, G. de Barmont avait pourtant obtenu de l'Académie les meilleurs certificats; auxquels s'ajoutèrent ultérieurement les lettres élogieuses qu'il reçut d'Antoine Court, à sept reprises, de 1751 à 1757. Il conserva même jusqu'à la fin, au sein de l'église de Bordeaux, de fidèles partisans qui, au début, se portèrent garants de son honorabilité, prirent sa défense devant le colloque du Bordelais en avril 1756, et ne craignirent point
d'écrire au synode national de 1756 une lettiT où ils disaient : « Nous devons à la saine doctrine, à la pureté de la morale et à la prudence de M. Grenier de Barmont rétablissement de nos églises. Il a su gagn(M' notre confiance...)) — Nous verrons dans le chapitre suivant ce que l'historien peut retenir de ces sympathies trop faciles.
II. — Jac([ues y. SoL al. Solz dit Elios (traduction grecque du latin soi; mais la véritable orthographe serait Hélios), pasteur de Bordeaux de mai 1757 à septembre 1758). Après avoir étudié au séminaire de Lausanne d'octobre 1745 à fin mars 1750 \ il avait reçu en août 1752, d'un synode provincial du Haut- Languedoc, confirmation « des lettres d'autorité )) à lui délivrées deux ans plus tôt, mais non utilisées, en vertu desquelles il pouvait « aisément et sans opposition porter son ministère dans toute l'étendue du district que nous avons concédé, qui comprend le Périgord, le Bordelais, et leurs dépendances )) {Sijn. du désert, ii, 15 à 17). Le premier acte du registre baptistaire de l'église fait foi du baptême de Daniel Gottlieb fils de Martin Juste, négociant à Bordeaux, le dit baptême célébré « au désert )), le 30 juin 1753, par ce pasteur itinérant (voiries actes 1 et 16 du Registre GG. 811. aux Arch. municipales de Bordeaux). Sol signe ibid. divers actes de baptême ou de mariage, du 31 août 1757 au 13 juin 1758.
Se retira au milieu de 1754, quand Grenier de Barmont, avec lequel il venait de se brouiller 2, eût été installé. Se vit assigner de nouveau « le Bordelais )> en avril 1757 par le synode provincial du Haut-Languedoc, qui venait de déposer Grenier de Barmont [Sijiwdes de désert, 11, 121). Pendant les 15 ou 16 mois qu'il passa à Bordeaux, il prit naturellement la tête du parti opposé à son prédécesseur. Fut remercié par le Consistoire en 1758, autant pour insuffisance, semble-t-il, que pour mettre fin à tous^les motifs d(^ dissension (voy. les deux lettres reproduites ci-après ^). Fut modé-
1. D'après M. IMchcral-Dardicr, réc. cité, !.. 306. L'un do ses répétilours a donné sur Sol cetU' note : " C'est un génie assez vif, apj)li(jué, franc, mais un peu sauvage ».
2. La brouille avait eu lieu en 1753, à l'occasion de la desserte du Montalbanais, si nous en croyons une note de Picheral-Dardier {réc. cité, II, 93), qui donne les premiers torts à Sol.
3. L'article IX <lu Synode national des Bassos-Gévennes (l-'J s«>ptendjre 1758), dit en propres termes : « Pour jorévenir tout sujet d'altercation et éteindre la malheu-
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rateiir adjoint de deux synodes provinciaux tenus en avril 1757 et en juin 1761 (Sijn. du déscrl, ii, 221 et 235) ^ .
Lettre du pasteur Jacques Sol au.r < associés » de Viujlise de Bordeaux, \' I septembre 175S :
Messieurs, Une lettre (jue je viens de recevoir m'annonce (jue je ne dois plus l'aire usa^e de mes peLils Lalens au iriilieu de vous. Un procédé aussi étrange a d'autant i)lus de ({uoy me surprendre qu'on ne m'en indique d'autre cause que celle de vouloir l'aire régner la j)ai\ là où la discorde doit, suivant ces mêmes juges, avoir établi son siège. Est-ce donc. Messieurs, que pendant mon séjour au milieu de vous tant que dans le sein du reste des comptoirsque j'ai eu l'occasion de desservir, j'ay lait quelque démarche en état de la troubler, cette aymable fille du ciel ? N'ai-je pas l'ait au contraire, tous mes efforts pour la rendre des j)lus stal)les au milieu de vous ? Ne me suis-je point étudié, tout autant que mes lumières me l'ont permis, à avoir une conscience pure et sans reproche devant Dieu et devant les hommes? Ouest l'homme, où est l'ennemi le plus acharné qui osât me contester sur cet article ? Sur quel fondement a-t-on donc pu procéder dans ce goût contre moy ? Qu'ay je fait pour mériter un tel traitement ? Par quel principe avez-vous |)u permettre, en la personne de votre député, qu'on ait ainsi diffamé par un acte public un homme à qui qui que ce soit ne peut avoir d'autre reproche à luy faire que celuy d'avoir sacrilié, tant en votre propre faveur qu'en celle de bien d'autres, sa petite fortune, sa tranquilité et sa vie, et d'avoir avec trop de sérénité compté sur vos protestations ? Que vous eussiés-vous'^ permis, de plus, mes chers Messieurs, j'ose le dire, si je vous eusse moins portés dans mon cœur? Etsi je n'avais pas tant fait fons(sic)sur vos instances auprès de moy, je ne me trouverois point ainsi dépourvu de tout employ et n'eusse point quitté mon ancien magasin sans être au préalable assuré d'un
état plus heureux Tel est le prix, MessieuFS, qu'on attache à mes travaux.
Tel est le fruit que j'en (sic) remporte de ma modération et de mon attachement au bon ordre. Peut-êire que, si on m'eût reconnu moins honette homme, qu'on auroit un peu mieux réfléchi sur la démarche qu'on aloit faire. C'est aussi la juste consolation qui nous reste
J'ose me flatter que vous n'ignorez point que, quoy que on m'ait si
honteusement chassé de votre comptoir, je dois cependant y reparoitre afin
reuse division qui règne depuis quelque temps dans cette église (de Bordeaux), on défend aussi à M. Sol, pasteur, d'y exercer son ministère, si possible. » Plus tard, le Consistoire rendit justice à la conduite pleine de modération que Sol avait tenue vis-à- ^■is de Grenier de Barmont et de ses partisans. (Voir le Reg. consistor., 7 Juillet I7()l, (^-f. ci-dessous, cliap. VI).
1. D'après 'M. Daniel Benoit {ouu. cité, p. 119, note 1), les papiers de .Jacques Sol étaient, en 1889, en la possession de M""^ Delma:^, à Montauban. Les recherches que M. le pasteur Daniel Bourclienin (de Montauban) a bien voulu faire à cet égard, n'ont produit aucun résultat.
2. Ce mot désigne les églises, dans les lettres de Sol qui, par mesure de prudence, donne à sa correspondance un caractère commercial. Ailleurs le mot caissier semble synonyme de ancien, et magazin de résidence, et régisseur de pasteur.