‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 61 sur 166 · Les Gévcnnes centrales · texte numérisé non relu

Les Gévcnnes centrales

2. Parle de ses deux fils qu'il entretient à l'étranger, mais qui lui coûtent moins qu'à Bordeaux,

3. Déclare qu'il n'y a point d'autre église à sa convenance que celle de Nîmes, déjà pourvue de sujets très capables.

el* mon attachemeiil...^ Votre offre, et plus encore l'affection qu'elle suppose, me forcent de renoncer à un projet dont j'avais parlé plusieurs fois à certains d'entre vous. Il m'en coûtait inliniment pour prendre le parti de la retraite. Je sens que je suis l'impulsion de mon cœur en vous assurant que j(^ me consacre de nouveau, avec autant de plaisir que de zèle, au service d'une église (jui en agit si noblement et si généreusement envers ses pasteurs... Jusqu'ici j'ai eu le bonheur de vivre avec vous sans mésintelligence, l.a paix et l'amitié réciproque ont régné parmi vous. J'espère que la fin de ma carrière sera pareille à son commencement 2..,

\ II. — Jean-Paul Blachon le jeune, pasteur de Bordeaux d'avril 1781 à 1783, venu de Tonneins. Dans les certificats qu'il présenta, le C.onsistoire vit « des témoignages honorables rendus à ses talents, à son zèle, à la pureté de sa doctrine et de ses mœurs ainsi qu'aux qualités personnelles dont il est doué « (Beg. consisL, 31 mars 1781). Son élection ne fut pas aisément confirmée par le  synode provincial, sans qu'on en sache la raison. (/6/0?., 17 mai 1781) ^. ■

Signe divers actes de baptême et de mariage aux Registres GG. 811 et 814, du 10 mai 1871 au 12 mai 1782. Son activité pastorale fut assez tôt entravée par le mauvais état de sa santé signalé depuis plusieurs années déjà. Suppléé par son frère Sylva, il retourna à Montauban vers le milieu de 1782 (Ibid. 12 juin 1782 [ et 9 janvier 1783)". — Xous croyons pouvoir l'identifier avec un Blachon, non prénommé, qui devint en 1808, professeur de philo- Sophie à la Faculté de théologie de Montauban reconstituée. (Voyez M. Daniel Bourchenin, Daniel Enconlre... p. 60).

VII I. — Jean-Antoine Blachon, dit Sylva, pasteur de Bordeaux de mars 1783 à mars 1793. Frère aîné du précédent, tous deux fils du pasteur Jean-A. Blachon dit Châtaignier né vers 1730 en Vivarais, à ce qu'il semble (voy.A. Monod, Les Sermons de

1. Le Consistoire, par une délibération en date du 31 août 1786, avait porté son Iraitenient à 6.000 livres, en considération de sa nombreuse laniille, de la cherté des loyers et des vivres à Bordeaux.

2. On trouvera au chap. IX deux autres lettres émanées de ce pasteur, rpii aj^partierinent par leurs dates à la période révolutionnaire.

3. Deux lettres émanant Tune du pasteur de l'église de Tonneins, l'autre d'un groupe de fidèles du dit lieu, datées toutes deux du 15 mai 1778 et adressées au Consistoire de Bordeaux, se plaignent des allégations « déshonorantes » que Blachon jeune aurait portées contre eux auprès du maréchal de Mouchy et demandent une enquête {Arcfi. du consisl. de Bordeaux). Le souvenir de ces démêlés fut sans doute pour quelque chose clan.s l'hésitation du Synode provincial à confirmer son élection.

LES PASTEURS DE l'ÉGLISE [4\)

Paul Habaut). Venu de Montaubau à Bordeaux. «Depuis quel- ((ues mois qu'il demeure ici (comme auxiliaire de son frère malade), a édifié les lidèles par ses mœurs, ses talents et ses qualités personnelles. » (f^^g- consisL, 9 janvier 1783). Signe divers actes de baptême et de mariage au Registre GG. 827 jusqu'en octobre 1792. — Fut chargé par le Consistoire en 1788 de rédiger un mémoire dans lequel « il résumera les différents sentiments des églises qui ont correspondu avec la nôtre sur la marche à tenir pour nous conformer à l'édit au sujet des non-catholiques » (Reg. consistorial, mai 1788). Ce mémoire semble perdu. — Dénoncé à deux reprises pour incivisme par un club révlolutionnaire de Bordeaux (avril 1792 et mars 1793), il se retira dès le mois de mai 1792 de la Société «Le Musée» dont il était membre, et au bout d'un an se réfugia à Nantes (Voyez plus loin notre chapitre IX). — Daniel Benoît [ouv. ci7é, p.232, note) lui attribue un Recueil de discours relalifs à diverses circonstances (imp. 1804), que M. Charles Dardier met au compte de Jean-A. Blachon père. {Lettres de Paut Rabaut à divers, II, 91, note) ^. Il fut question de le rappeler à Bordeaux en mai 1803 lorsque l'égiise réclama un second pasteur; mais sa candidature ne fut pas agréée (Deuxième reg. des détibérations du Consist., à la date), et il continua à desservir l'église d'Anduze où il avait été nommé, jusqu'à sa mort en décembre 1821. Il avait épousé demoiselle Louise-Rose Christine Sabathier (Voy. Ruttetin,.. 1898, p. 490).

Un trait commun à ces huit pasteurs que nous venons de passer en revue, c'est qu'ils avaient tous reçu, en dépit des difficultés du temps, une formation théologique et ecclésiastique, soit au séminaire de Lausanne, soit ailleurs, qui se surajoutait opportunément à leur vocation religieuse, pour la diriger et pour l'éclairer. Il ne serait donc point légitime de les confondre avec ces prédi-

1. Par suite de cette confusion M. Gli. Dardier voit en Jean-A. Blaciion père un pasteur de Bordeaux et lui attribue divers actes des années 1789-92 qui sont le fait de son fds. C'est à tort également que M. Ch. Dardier fait de Jean-Antoine Blachon dit Sylva le cadet de Paul (II, 180); les documents dont nous avons disposé disent le Il contraire.

cateurs de rencontre qui, au temps 'des grandes persécutions, avaient secrètement et sans mandat spécial, exhorté et soutenu les Religionnaires dans leur résistance. L'église de Bordeaux fut dès les premières heures de son relèvement, une église régulièrement organisée et disciplinée. Si dans cette organisation générale, qui est celle du presbytérianisme, il y a place quelquefois pour l'orgueil spirituel, l'individualisme anormal, l'esprit de. secte et de contention, les variations doctrinales, les dissidences, il n'y en a point de manière durable pour le despotisme sacerdotal, ni pour la simonie, ni pour le nicolaïsme, ni pour la magie sacramentaire ; il y en a moins encore pour la morale au rabais, les basses superstitions, l'obéissance servile. C'est ce qui résultera plus clairement encore du chapitre qui suit, si l'on remarque que, depuis 1763, l'autorité souveraine qu'étaient les synodes nationaux dans les débats ecclésiastiques avait disparu.

Le traitement annuel de ces conducteurs spirituels de l'église, le plus souvent dénués de ressources personnelles et chargés de nombreux enfants, fut l'un des plus constants embarras du Consistoire et non des moindres comme en témoignent ses délibérations. Ce traitement varia beaucoup suivant les temps, les ressources de l'église, les besoins des intéressés. Une louable tendance s'affirme dans les décisions du Consistoire, à proportionner les subventions accordées aux charges de famille supportées, et en tout cas à l'accroissement des ressources de l'église. La progression suivie est celle-ci : 1500 1. en 1758 au seul pasteur en exercice; 1000 1. en février 1760 à chacun des deux; 1500 1. en mai 1761; 2000 1. en juin 1764; 2600 l.en mars 1771; 3000 1. en juin 1771 ^ avec un supplément provisoire de 1000 1. en 1783 2; En 1786, Olivier reçut exiraordinairemenl 6000 1., eu égard au renchérissement des vivres et des loyers et en considération de sa nombreuse progéniture. Le pasteur Barre, élu en 1793, aura d'entrée 4000 1., plus 500 1. pour indemnité de logement. Quant au ftroisième pasteur Paul Blachon, élu en mai 1781, il ne reçut pour commen-

1. Reg. consisi., aux dates. — Pour apprécier congrument la valeur de ces chiffres, il faut tenir compte de ce qu'était alors le pouvoir de l'argent, et ne point oublier que ces pasteurs étaient chefs de famille.

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