Synodes du désert, II, p. 55, note
4. Voir le Cinquième registre consistorial,i]G 1660 à 1 670. cité dans notre 'T^ppendicei
TROIS CONFLITS ENTRE l'ÉGLISE, ETC. 155
Des efforts que dut faire le Consistoire pour rétablir dans l'église la discipline commune et réformer dans le menu peuple les mœurs privées, après soixante-huit années d'interruption du culte et de la prédication, son registre porte témoignage dès la première page. Le statut constitutif qu'il promulgue en octobre 1756^ condamne avec force, comme une détestable abomination, l'habitude qu'avait prise le vulgaire de jurer et de blasphémer; il interdit les divertissements profanes (le jeu, les danses, les mascarades, est-il spécifié ailleurs) ; il recommande grandement de sanctifier le dimanche et menace d'écarter de la sainte-cène les membres de la communauté notoirement indignes ; enfin il poursuit la coutume qui s'était introduite dans beaucoup de familles protestantes de faire célébrer les baptêmes^ et bénir les mariages par des prêtres catholiques à défaut de pasteurs^. Le niveau moral de quelquesuns de CCS rescapés de la grande persécution demeurera si bas qu'on verra encore, en 1788, le pasteur Olivier-Desmont obligé de s'opposer de toutes ses forces au mariage que l'un de ses paroissiens devenu veuf voulait contracter avec la demi-mère de sa défunte femme*.
Sentant l'absolue nécessité de mettre au plus vite un terme à ces maux, à ces abus, et de relever la morale individuelle en même temps que la discipline ecclésiasti(iue, le pasteur Grenier de Barmont dressera, tout à la fin de 1754, le plan de conduite générale qu'il comptait proposer à l'église, après l'avoir fait agréer par le synode provincial. Quelques-uns des articles de ce plan méritent d'être reproduits ici :
« Art. 1 à 6 {concernenl les précautions à prendre pour assurer la sécurilé du pasleur.)