En tête du Regislre consistorial
2. Sur celte question d'ordre ecclésiastique, voir la seconde section du présent cliapitre.
3. A la question des mariages entre protestants, bénis par des prêtres, se liait la question des mariages mixtes, pour lesquels le Consistoire s'en remettait à la conscience des parties. Par contre nous savons qu'un siècle plus tôt, dès 1651, le clergé catholique refusait de procéder à la bénédiction d'un mariage mixte, «attendu qu'ils cognoist la dite d^'^" De Lauvergnas faire profession de la R. P. R. et tels mariages sont prohibés par les sainttv décrets » {Jnv. arch. dép. de la Gironde, G. 717).
4. D'après une pièce devS Archives du Consistoire de Nîmes, non cotée,
)) Art. 7. — Le total des protestants admis dans l'église et par conséquent disposés à donner gloire à Dieu, sera distribué pour le présent et pour l'avenir en districts ou quartiers; chacun de ces districts ne comprendra que 18 personnes.
» Art. 8. — A proportion que le Seigneur bénira notre travail et que, selon l'expression d'un apôtre, il ajoutera des gens à l'église pour être sauvés, on formera de nouveaux districts sur le plan de ceux dont il est parlé dans l'article précédent.
» Art. 9. — On élira un Ancien à la tête de chaque district, pour en avoir la conduite et l'inspection.
» Art. 10. ■ — Les Anciens devront être gens sans reproches, remplis de sagesse et ayant bon témoignage; on n'en recevra aucun sans le consentement de ceux qui, étant déjà ^n charge, seront portés à les bien connaître ». ^
Rien dans tout ceci qui soit vraiment excessif, étant données l'étendue et la profondeur des maux à guérir. Mais Grenier de Barmont, 2 aussi plein qu'il fût d'excellentes intentions et homme d'initiative qui ne craignait point les responsabilités, était, par contre, animé d'un zèle exagéré pour la règle extérieure et d'un esprit autoritaire que ne tempérait aucune charité. Dans le plan d'ensemble qu'il avait élaboré de son seul chef,pendant la seconde moitié de l'année 1754, en vue de réorganiser l'église détruite, il introduisait en fait une distinction entre les protestants de nom et les protestants de conviction et, pour commencer, ne^se souciait que des seconds, ce qui n'était pas d'ailleurs d'une si mauvaise politique. Mais, c'est justement sur ce point que le Consistoire, déjà peu disposé à sanctionner un ensemble de prescriptions qu'il jugeait trop rigoureuses ou trop minutieuses, et inspiré, sollicité peut-être par tous ceux qui se sentaient d'avance exclus de l'église, fit opposition. Après vingt-deux mois de négociations et de tergiversations que nous pouvons deviner plutôt qu'exposer, il repoussa le plan de Grenier de Barmont (admis pourtant par un colloque tenu en Bordelais le 17 décembre 1754) et y substitua résolument le sien, beaucoup moins étroit, beaucoup moins détaillé et allégé de la distinction fondamentale que le pasteur avait voulu faire