Il venait d'être nommé à l'évêché de Bazas
bon d'adresser à ses collègues l'invitation dont témoigne la délibération suivante : ■
6 mars 1686 : « A dit (le dit sieur abbé) qu'il désiroit indire une procession générale pour remercier Dieu pour la conversion^ des prétendus réformés qui estoient dans le royaume et que, pour rendre cette action plus solennelle, il vouloit prier la Cour d'assister à cette procession et prendre po»jr elle le jour qui seroit le plus commode à la Cour. Sur quoy eue délibération, a esté arresté que la Cour assistera à la dite procession en corps de cœur [sic) et en robe noire, et qu'on marquerait le jour au dit sieur abbé de Gourgues 2 ».
Le registre d'extraits d'où cette délibération est tirée ne donne point la conclusion qu'on attend. Il n'est point démontré cependant que la procession projetée n'ait pas eu lieu^. i Si l'histoire se préoccupe des conséquences économiques qui découlèrent de la Révocation, ce n'est pas pour oublier les souffrances morales et physiques subies pendant la phase dite de « l'église au désert )>*. Quelques exemples suffiront à montrer ce quelles furent pour plusieurs familles de notre contrée.
En juillet 1700 un De Montesquieu, président au parlement de Bordeaux, avait communiqué à Pontchartrain deux arrêts récemment rendus par la cour contre certains religionnaires fugitifs. L'application soulevant sans doute quelques difficultés, le président suggérait au ministre une atténuation de la peine. Pour réponse, il s'entendit rappeler qu'il n'y a de grâce à espérer pour les fugitifs condamnés que lorsqu'aux galères ils donnent des marques d'une conversion sincère ^ En 1705 (et non 1715 comme l'a imprimé M. P. Bert), huit pauvres très vieilles femmes, enfermées dans une prison de Bordeaux depuis dix-huit ans, sollicitèrent leur élargissement par un placet au roi, daté du mois de mai et renouvelé en juillet suivant. L'intendant de la Généralité