Synodes du désert, II, p
%, Dans Ch. Dardier, rec. cité, II, p. 204,
TROIS CONFLITS ENTRE l'ÉGLISE, ETC. 173
en blâmant tant M. Dubosc (Grenier de Barmont) que le synode de sa province dans tout ce où ils parurent le mériter, nous changeâmes la déposition du premier en une suspension qui fmiL au 1er novembre prochain, et ni lui ni M. Sol ne pourront point desservir l'église de Bordeaux. M. Redonnel, pasteur de notre province, ira y fonctionner, pendant un an ou deux. Je ne vous rapporte que l'essentiel du jugement; vous en verrez toute la teneur dans les actes. Ce seul article en renferme huit qui ont été soigneusement discutés )).
Il semble que l'accusation la plus grave qui ait été portée contre Grenier de Barmont par l'exposé de novembre 1756, celle d'avoir voulu séduire la demoiselle X... ait été finalement abandonnée, comme dénuée de fondement solide. Quand, le 20 avril 1757, un synode provincial du Haut-Languedoc déclara le pasteur de Bordeaux indigne d'exercer son ministère, ce fut comme précédemment sur ce seul chef qu'il « n'a point voulu se soumettre à l'obéissance due aux tribunaux ecclésiastiques ))^. Le grief d'inconduite ne fut point davantage retenu par le synode national des Basses-Cévennes (des l^^-9 septembre 1758) qui décida que, conformément à l'art. 53 du premier chapitre de la Discipline, « le dit sieur de Barmont n'exercera point son ministère dans l'église de Bordeaux ni dans aucune autre de la province du Haut-Languedoc ))^. Enfin il n'est que juste de remarquer que, si la faute avait été consommée, la demoiselle X... en eût demandé réparation par un mariage en bonne et due forme, et Barmont n'eût pu prolonger son séjour à Bordeaux jusqu'à la fin de 1758 au milieu de ses coreligionnaires qui, sur ce chapitre, n'entendaient pas raillerie.
Cette afl'aire fut close par la lettre d'exhortation à la paix et à la concorde que Paul Rabaut écrivit à l'église de Bordeaux le 27 octobre 1758, au nom du synode national des Basses-Cévennes^. D'un ton très digne, d'une inspiration très haute, cette lettre apaisa les esprits en émoi et rétablit l'union compromise. Mais l'épilogue ne vint qu'un peu plus tard. Il fut donné par le synode national