‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 89 sur 166 · Voy. ci-dessus le chap. II, p · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus le chap. II, p

2. Voy. ci-dessus le chap. VI, p. 187. — C'était l'appel de Pascal à un « Dieu sensible au cœur, non à la raison», et présent à la conscience, comme nous disons aujourd'hui.

trop écouté les objections des esprits forts, trop entendu les sarcasmes de Voltaire et surtout trop peu cultivé en eux le « sens spirituel » ou trop peu médité les enseignements du Christ. Ce tiersparti put même, lorsque le Vicaire^savoyard eut 'clamé sa profes sion de foi, se croire appelé à débarrasser les deux autres de quelques « superstitions ». Toutefois, comme nous n'en trouvons pas les indices probants, force nous est de rejeter provisoirement jusqu'après la Révolution la naissance du parti rationaliste et libéral qui allait, au cours du xix^ siècle, agiter si longtemps le protestantisme bordelaise

A tout prendre le syncrétisme que nous constatons est inhérent aux régimes de liberté et comme la rançon de toute autonomie conquise. Démonstratives de vitalité et révélatrices d'activité, les divergences de vues, de méthodes et de convictions peuvent se régler, comme ce- fut le cas à Bordeaux, sur un but commun. Elles ne sont fâcheuses que lorsqu'elles aboutissent à une antinomie dans les croyances (ce que nous n'avons pas encore rencontré) — ou lorsqu'elles engendrent les zizanies, les brigues, les dissidences et autres mauvaises herbes du parterre ecclésiastique.

Peu s'en fallut que la communauté de céans n'en fit l'expérience à ses débuts. Appelé à remplacer Grenier de Barmont, le pasteur Jacques Sol ne semble pas avoir su ménager, autant qu'il convenait, un collègue irritable qui s'obstinait à ne rien céder de ce qu'il considérait comme son droit. La lutte de leurs partisans troubla une partie des années 1757 et 1758 et, à ce que rapporte une lettre émanée du Synode national de 1758, on eut le regret de voir s'élever, dans l'Eglise de. Bordeaux, autel contre autel, et les fidèles se réclamer, à l'exemple des Corinthiens du premier siècle, les uns de Paul, les autres d'Apollos et de Céphas. Ce n'était encore, comme à Corinthe, ({ue question dedisciplineetdepersonnes ^. Ilyeutdavantage en 1769-70 et il n'est point excessif de dire qu'à ce moment là se joua le sort même de l'église par le triomphe de l'une des deux tendances en présence ^. Le congé donné au pasteur Etienne Gibert, ce fut la défaite de ce que nous avons appelé l'orthodoxie mys-

1. Antérieuroment, en tout cas, au rationalisme thcologiquo qui ne s'airirnieia (jue sous la monarchie de Juillet.

Page 1