‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 95 sur 166 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. Il y en a un exemplaire à h- Bibl. munie, Théologie, n' S3(»7, sous re titre : Le pèlerinage d'un nommé Chrétien, érrit sous Vidlégorie d'un songe. Trad. de l'anglais par W. Istienne (Paris, 177)).

4. Bien qu'une œuvre d'histoiri; comme ctdle ({ue nous présentons ici. ne soit pas esscntielleme-nt un morceau de littérature, nous avions j)ensé, api'ès avoir exposé tant de «situations » différentes et peint en hvWX tant de « manirs » aujourd'hui dispai'ues, pouvoir retracer, sur témoif^nages explicites et sûrs, un « caractère » protestant de ce temps. 11 nous avait })aru tout d'abord que Laffon de Ladébat (dont il s(M'a assez longuement question dans les chapitres suivants) se prêtait mieux que d'autres à notre dessein. Nous en sommes moins assuré aujourd'hui; car si nous connaissons la carrière publique de cet homme supérieur à tant d'égards, nous ignorons jusqu'à quel point il nourrissait les sentiments religi(Hix et |)ossédait la forte moralité privée sans lt!squels il n'y aurait point lieu de l'envisager comme représentatif d(>s nuMlleurs protestants bordelais de sa génération.

du salut et met son âme en péril. Pour eux comme pour tout vrai chrétien, « la nature que les poètes adorent... c'est l'empire de Satan, c'est l'ennemi irréconciliable qu'on doit combattre, vaincre et détruire pour établir sur ses ruines le règne de Jésus-Christ ))^. Sorti des entrailles de la conscience chrétienne, ce puritanisme s'appuyait en même temps sur une parole de saint Paul aux Galates :« Tous ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises ». — Le xviii^ siècle en faisait gorges chaudes.

Encore sous l'influence des persécutions que leurs ancêtres avaient subies et des tragiques souvenirs qui s'en étaient conservés, ces zélotes, tout en renonçant au fanatisme du «désert», sont volontiers revêches à leurs voisins et nourrissent encore quelque chose du sectarisme propre aux communautés « sous la croix» ^. S'ils ne fouaillent plus le Clergé par les mêmes invectives que lançaient déjà contre lui les moines franciscains du xiv^ siècle, ils protestent encore, à toute occasion, contre ce qu'ils appellent les(( idolâtries », les « superstitions », les « abominations » de l'église dominante. Anticléricaux et antipapistes, ils le sont ordinairement à fond; c'est l'exutoirè dont ils ont besoin, sans le nécessaire contrepoids que pourrait leur donner la connaissance de cq que fut le moyen-âge ecclésiastique. L'idée que les plus instruits d'entre eux se faisaient du catholicisme, c'était celle d'un système religieux supérieurement combiné par le travail, quinze fois séculaire, des théologiens et des philosophes scolastiques, mais condamné par la lettre et par l'esprit des Evangiles; d'une doctrine fortement liée en toutes ses parties au point de vue dialectique, mais d'un dogmatisme outrecuidant qui pèche par sa base; d'une hiérarchie plus digne de crainte que de respect^ depuis qu'elle est manœuvrée par une papauté qui s'attribue de plus en plus le monopole de la vérité; d'un clergé dont les fonctions

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