‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 98 sur 166 · Jb d., 1^ dossier · texte numérisé non relu

Jb d., 1^ dossier

Laissant de côté les ^(Miniiiioidioiics Iii( lnTiciis (1(; hi colonie locale, les soldais et les matelots él ranj^^Ts, nous ne iclevons ((ne denx noms saillanis jtaiini les ahjuraiils l'ianeais : en 1777 eelni d(; Louis-Jac(jnes Lacroix, lient enani j)rinci]>al des fermes dn roi, Hg(' de ...ans; et en 1778 celni de mcissirc Jos(;pli (irenier de Barmont, gentilhomm(; verrier, âgé de 37 ans, né à Fabas dans le diocèse de ('.onserans (anjourd'hui Ariège), évidemment cousin on neveu du pasteur André Grenier de Barmont ([ue nous connaissons pour avoir relevé l'église de Bordeaux en 1754 ^

En matière d'abjurations religieuses, il n'y a de valables et de respectables que celles qui s'offrent spontanément pour motifs de conscience, dont Dieu seul peut être juge. Que quelques-unes aient eu ce caractère ou tout au moins aient été librement consenties pendant la période que nous scrutons, cela est admissible tant sont débilitants les effets qu'exerce sur certaines âmes la défaite de leur cause. Mais que la plupart aient été factices, intéressées ou obtenues à l'aide d'une « douce violence », on n'en peut douter davantage quand on remarque que les abjurants étaient fort peu en état de se défendre. C'étaient tous, à quelques exceptions près, des gens étrangers à Bordeaux ou même à la France ; comme tels, isolés, sans conseil et sans appui; beaucoup étaient illettrés et incapables de comprendre en quoi et pourquoi ils étaient contraints d'obéir à un clergé qu'ils ne connaissaient point 2; d'autres enfin, des mourants échoués à l'hôpital. Ceux-là étaient une proie facile, autour de laquelle rôdait sans cesse le frère ! Jean-Antoine, carme déchaussé, attaché à l'hôpital Saint-André*. Le titre de « directeur » ou « aumônier des étrangers » ou encore « aumônier des Hollandais, » dont il fait suivre son nom, ne peut laisser aucun doute à cet égard.

Il semble bien que, jusqu'aux approches de la Révocation, les abjurations catholiques pour motifs de conscience aient été

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